Pyongyang veut tirer quatre missiles dans les prochains jours

Selon l'agence officielle nord-coréenne, l'armée nord-coréenne aura achevé... (Photo Lee Jin-man, AP)

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Selon l'agence officielle nord-coréenne, l'armée nord-coréenne aura achevé à la mi-août ses plans pour une attaque contre Guam.

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Jerome CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington

Le régime nord-coréen a confirmé jeudi vouloir tirer quatre missiles vers l'île américaine de Guam, dans le Pacifique, affirmant que seule la force fonctionne avec le président américain Donald Trump, «un gars qui a perdu la raison».

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Selon l'agence nord-coréenne, les quatre missiles «voleront 17 minutes et 45 secondes sur une distance de 3356,7 km, et s'écraseront en mer à 30 ou 40 km de Guam».

AFP

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Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, l'armée nord-coréenne aura achevé à la mi-août ses plans pour une attaque contre Guam. Ces plans, prévoyant le tir de quatre missiles qui survoleront le Japon, sera présenté pour approbation à Kim Jong-Un et constituera un «avertissement crucial aux États-Unis», a précisé l'agence.

Et l'agence d'indiquer que ces quatre missiles «voleront 17 minutes et 45 secondes sur une distance de 3356,7 km, et s'écraseront en mer à 30 ou 40 km de Guam».

Cette île reculée de quelque 550 km2 est un avant-poste clé pour les forces américaines sur la route de l'Asie, où vivent 162 000 personnes. Environ 6000 soldats y sont déployés et elle dispose surtout d'une base aérienne capable d'accueillir les bombardiers lourds américains du B-52 au B-2 en passant par le B-1.

Le calme régnait à Guam où les autorités, rassurantes, invitaient habitants et touristes à «se relaxer et à profiter du paradis».

La menace Trump

Après avoir promis mardi le «feu et la colère» au régime de Kim Jong-Un, Donald Trump s'est montré mercredi, d'un simple tweet, plus menaçant encore, affirmant que l'arsenal nucléaire américain était «plus fort et plus puissant» que jamais.

S'il a dit espérer ne pas avoir à utiliser l'arme dévastatrice, ses propos marquent un nouveau palier, au moment où la communauté internationale cherche les moyens de freiner le développement des programmes balistique et nucléaire nord-coréens.

Le ton contrastait singulièrement avec celui de son secrétaire d'État, Rex Tillerson. Depuis le territoire américain de Guam, au cours d'une escale prévue de longue date, il a insisté mercredi sur le fait qu'il n'existait à ses yeux «aucune menace imminente».

Quelques heures auparavant Pyongyang avait menacé de tirer des missiles sur cette petite île du pacifique, d'une importance stratégique pour les États-Unis.

«Je pense que les Américains peuvent dormir tranquillement et ne pas s'inquiéter de la rhétorique de ces derniers jours», a ajouté M. Tillerson, insistant sur les intenses tractations diplomatiques en cours.

De son côté, le chef du Pentagone Jim Mattis a appelé Pyongyang à arrêter sa course aux armes nucléaires, mettant en garde contre des décisions qui mèneraient «à la fin de son régime et à la destruction de son peuple».

«Les actions du régime de la RPDC (la Corée du Nord, ndlr) seront à chaque fois largement surpassées par les nôtres et il perdrait toute course aux armements ou conflit qu'il déclencherait», a insisté l'ancien général des Marines, soulignant l'isolement grandissant de Pyongyang.

«Profiter du paradis»

Réagissant à l'escalade verbale du président Trump, l'agence officielle nord-coréenne KCNA a affirmé qu'«un dialogue sensé n'est pas possible avec un tel gars qui a perdu la raison et seule la force absolue fonctionne avec lui».

Sur la scène internationale, plusieurs pays ont exprimé leurs inquiétudes face au ton belliqueux adopté par le locataire de la Maison-Blanche. L'Allemagne a appelé toutes les parties «à la retenue». La Chine, le seul véritable allié du régime nord-coréen, a exhorté à éviter «les paroles et actions» susceptibles d'accroître la tension dans la péninsule.

«Comparable à la crise de Cuba»

Interrogée sur la succession de notes discordantes depuis 24 heures, Heather Nauert, porte-parole du département d'État, a assuré que les États-Unis parlaient «d'une seule voix». «Et d'ailleurs, le monde parle d'une seule voix», a-t-elle ajouté, évoquant le vote par le Conseil de sécurité de l'ONU de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord.

Le pays reclus est désormais doté d'armes nucléaires susceptibles d'être embarquées sur des missiles balistiques, y compris des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), selon les conclusions d'un rapport confidentiel achevé en juillet par l'agence américaine de renseignement militaire, la DIA.

Mais les spécialistes divergent de longue date sur les véritables capacités du Nord, en particulier à miniaturiser une tête nucléaire de façon à pouvoir la monter sur un missile.

Le Japon ne pourra «jamais tolérer les provocations» de la Corée du Nord 

Le gouvernement japonais a averti jeudi qu'il ne pourrait «jamais tolérer les provocations» de la Corée du Nord, après que le régime de Pyongyang a menacé de tirer des missiles vers l'île américaine de Guam.

«Nous appelons fermement la Corée du Nord à prendre au sérieux les avertissements répétés de la communauté internationale, à se plier aux résolutions de l'ONU et à s'abstenir d'autres provocations», a déclaré le porte-parole du gouvernement Yoshihide Suga.

Le Japon, très proche allié des États-Unis, a par ailleurs soutenu le ton belliqueux adopté ces derniers jours par le président américain Donald Trump, qui a promis le «feu et la colère» à la Corée du Nord, alors que plusieurs pays ont exprimé leurs inquiétudes.

«Il est très important de maintenir le pouvoir de dissuasion nucléaire des États-Unis face à une situation sécuritaire très préoccupante dans la région», a estimé M. Suga. «Le président Trump a dit que toutes les options étaient sur la table», y compris militaire, «et le gouvernement salue cette politique».

«Les actions de la Corée du Nord sont une provocation manifeste», a-t-il insisté, et «nous ne pourrons jamais tolérer cela».

Interrogé sur l'éventuel déploiement de systèmes de défense anti-missiles, le représentant de l'exécutif a répondu: «Les forces d'autodéfense (nom de l'armée japonaise) prendront les mesures nécessaires, mais je ne donnerai pas de détails».

Minimisant le risque d'une action unilatérale des États-Unis sans demander l'avis du gouvernement nippon, M. Suga a insisté sur le fait que le Japon et les États-Unis étaient «en consultation étroite». Une réunion ministérielle est prévue le 17 août à Washington sur les questions de sécurité, a-t-il rappelé.

Rex Tillerson et James Mattis, secrétaire d'État et ministre de la Défense américains, recevront à cette occasion leurs homologues japonais Taro Kono et Itsunori Onodera, récemment nommés au sein du gouvernement remanié de Shinzo Abe.




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