Un Gaspésien au chevet des Syriens

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Le médecin Thierry Petry a vu de près la guerre civile en Syrie.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Thierry Petry a vu neiger. Au sens propre comme au figuré. Fidèle collaborateur de Médecins sans frontières (MSF), l'anesthésiste de Gaspé a soigné les mutilés de la guerre des diamants en Sierra Leone, veillé les rescapés du séisme haïtien, vu les ravages de la guerre civile au Sri Lanka. Néanmoins, ce qu'il a vu en Syrie le mois dernier l'a laissé pantois.

«C'est une guerre ultramoderne. Avec des armes ultramodernes. Par rapport à ce que j'avais vu avant en Afrique ou ailleurs, ça ressemble à un film de science-fiction d'avant-garde», raconte le médecin, joint hier à la clinique de douleur du centre hospitalier de Gaspé, où il travaille quand il ne part pas en mission humanitaire.

Les résultats de cette guerre «ultramoderne» ont quotidiennement sauté aux yeux du médecin spécialiste lorsqu'il a travaillé, en octobre, dans la salle d'opération d'un hôpital de Médecins sans frontières mis sur pied dans le nord de la Syrie, entre la frontière turque et Alep. Cette ville est une des plus durement touchées par le conflit entre l'armée, qui soutient le président Bachar al-Assad, et maints groupes de rebelles, réunis pour la plupart sous la bannière de l'Armée syrienne libre.

Ici, pas de mutilations à la machette ou de balles perdues de kalachnikov. «La plupart des blessures sont le résultat de fragments métalliques de bombes. Ça laisse d'immenses plaies et des blessures très graves», explique au téléphone le médecin d'origine française.

Des conditions difficiles

La plupart de ses patients étaient des hommes qui avaient participé au combat. Les femmes et les enfants étaient l'exception. La triste exception. Il a vu des enfants orphelins, handicapés, sans le sou, dont il pouvait à peine imaginer l'avenir. «Chaque lit était une tragédie», laisse-t-il tomber.

Pour travailler, les médecins sont exposés aux mêmes risques que les journalistes qui se rendent dans la zone de guerre. Thierry Petry a dû ramper sous des barbelés pour entrer dans le pays et dormir sur le toit de l'hôpital, malgré la menace des bombes. «Mais la vue est splendide. Le jour, ce sont des collines couvertes d'oliviers à perte de vue et le soir, les étoiles», relate-t-il.

L'hôpital dans lequel il a travaillé est en fait une résidence privée reconvertie. «La salle d'opération est dans la salle à manger. La salle de réveil, dans le salon. Et il n'y avait pas d'ascenseur, donc, nous devions monter les brancards à l'étage en empruntant les escaliers de marbre. Pas tout à fait fonctionnel pour faire de la chirurgie de guerre, décrit l'anesthésiste. Malgré tout, on s'en sortait assez bien.»

MSF exploite quatre hôpitaux dans le nord de la Syrie, dans des zones contrôlées par les rebelles. Ils viennent aussi en aide aux quelque 400 000 réfugiés qui ont trouvé asile dans les pays voisins, selon le plus récent rapport de l'Organisation internationale des migrations.

Thierry Petry, qui en était à sa 15e mission pour MSF, est un habitué des «mandats» difficiles. Grand adepte de ski de fond, il s'est notamment rendu au pôle Sud avec l'aventurier québécois Bernard Voyer. Un parcours de 1500 km. «Ce genre d'aventure et le travail avec MSF sont assez semblables, note-t-il. C'est un pas devant l'autre. On finit un kilomètre avant de commencer le kilomètre suivant. C'est la même chose avec les patients.» Un défi à la fois.

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