Le principal groupe rebelle syrien boude les négociations d'Astana

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Hachem al-Cheikh, connu sous le nom d'Abou Jaber, chef d'Ahrar al-Cham.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Rouba EL HUSSEINI
Agence France-Presse
Beyrouth

Le plus important groupe rebelle syrien Ahrar al-Cham a annoncé mercredi son refus de participer aux négociations prévues le 23 janvier à Astana au Kazakhstan, en mettant en avant les «violations» du cessez-le-feu par le régime de Bachar al-Assad.

Organisatrices de ces pourparlers destinés à trouver un règlement au conflit en Syrie, la Russie et la Turquie ont renforcé leur coopération en frappant pour la première fois ensemble avec leurs avions le groupe djihadiste État islamique (EI) dans son fief à Al-Bab dans la province septentrionale d'Alep.

Fort de milliers de combattants dans le centre et le nord du pays, Ahrar al-Cham a signé avec six autres groupes rebelles le cessez-le-feu entré en vigueur le 30 décembre, mais fragilisé par de nombreuses violations. C'est cette trêve, négociée sous l'égide de Moscou, alliée du régime, et Ankara, soutien des rebelles, qui a ouvert la voie au dialogue d'Astana.

Mais le groupe islamiste, considéré comme proche de la Turquie, a décidé finalement de ne pas aller à Astana.

«Après de longues discussions, le groupe a décidé de ne pas participer à la conférence (d'Astana)», a-t-il dit dans un communiqué en citant comme principales «raisons», l'offensive du régime à Wadi Barada, près de Damas, et «la poursuite des raids de l'aviation de la Russie», qui aide militairement M. Assad.

Wadi Barada abrite la principale structure d'alimentation en eau de Damas, qui a été endommagée par les combats entraînant d'importantes pénuries depuis le 22 décembre dans la capitale syrienne. Les prorégime y mènent une offensive pour en déloger les rebelles et reprendre le contrôle des sources d'approvisionnement.

Ahrar al-Cham a néanmoins affirmé qu'il apporterait son «soutien» aux décisions prises à Astana par les autres groupes rebelles si elles «servent les intérêts de la nation».

Opération inédite turco-russe

La délégation rebelle à Astana sera dirigée par Mohammed Allouche, un dirigeant de Jaich al-islam, un important groupe rebelle présent dans la banlieue de Damas. Elle sera assistée par des conseillers de l'opposition politique.

Régime et rebelles vont à Astana avec des approches diamétralement opposées. Pour Damas, l'objectif est d'aboutir à une solution politique «globale» après près de six ans de guerre tandis que ses adversaires veulent pérenniser un fragile cessez-le-feu.

Autre couac dans la préparation des pourparlers, l'Iran, qui aide aussi militairement M. Assad, s'est dit «hostile» à la présence des États-Unis à Astana. «Nous ne les avons pas invités», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, dont le pays parraine aussi ces négociations.

La Russie et la Turquie ont néanmoins une autre approche. La première a souligné qu'il serait «juste» que la nouvelle administration de Donald Trump y soit invitée et la seconde a dit maintes fois que les États-Unis y étaient conviés.

Mettant en pratique leur nouvelle coopération, les aviations russe et turque «ont mené la première opération aérienne conjointe pour frapper l'EI dans la zone d'Al-Bab», a indiqué le général Sergueï Roudskoï de l'état-major russe.

Pneus et brut en feu

Cette opération, jugée «efficace» par Moscou et menée avec l'accord de Damas, a impliqué neuf avions russes et huit appareils turcs et visé 36 cibles de l'EI, déterminées conjointement par les états-majors des deux pays.

Malgré les offensives les visant, les combattants de l'EI ont accentué la pression sur le réduit gouvernemental de la ville de Deir Ezzor, dans l'est syrien, où les habitants terrifiés affirment craindre un massacre semblable à ceux ayant rendu tristement célèbre le groupe djihadiste en Syrie et en Irak voisin.

Pour gêner les raids russes et du régime, les jihadistes «ont créé un écran de fumée au-dessus de leurs positions, en mettant le feu à des pneus et à des barils de brut» dans la partie qu'ils occupent dans la ville, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Depuis samedi, 160 personnes ont été tuées, dont 39 civils, 46 combattants prorégime, 75 djihadistes dans l'offensive djihadiste pour s'emparer des quartiers prorégime à Deir Ezzor, a précisé l'ONG.

Un militant local a indiqué à l'AFP que l'EI avait exécuté au moins 10 combattants gouvernementaux capturés en les écrasant sous leurs chars.

Le conflit très complexe en Syrie, impliquant acteurs syriens, régionaux et internationaux, ainsi que des groupes djihadistes, a fait plus de 310 000 morts depuis près de six ans et déplacé plus de 10 millions de personnes.




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