Assad refuse une trêve à Wadi Barada et exclut de négocier son départ

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«Nous avons la légitimité pour libérer n'importe quelle zone contrôlée par les terroristes, quel que soit le nom qu'ils se donnent. Qu'ils s'appellent État islamique, qu'ils s'appellent Al-Nosra, qu'ils se disent modérés ou bien Casques blancs, nous n'avons rien à faire des noms», a asséné le président syrien Bachar al-Assad.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Agence France-Presse
DAMAS et PARIS

Le président syrien Bachar al-Assad a rejeté toute trêve dans la région de Wadi Barada qui alimente Damas en eau, et réaffirmé son refus que son départ soit discuté lors des négociations prévues fin janvier au Kazakhstan.

Après avoir repris la totalité d'Alep, les troupes du régime et le Hezbollah chiite libanais mènent une offensive pour déloger les rebelles de la ville de Wadi Barada, à 15 km de Damas, et reprendre ainsi les principales sources d'approvisionnement en eau de la capitale.

La poursuite de ces combats menace le cessez-le-feu parrainé par la Russie et la Turquie qui est entré en vigueur le 30 décembre et qui devrait être un prélude aux négociations de paix prévues fin janvier à Astana.

« Le rôle de l'armée syrienne est de libérer ce secteur afin d'empêcher les terroristes d'user de (l'arme de) l'eau pour faire suffoquer la capitale », a déclaré M. Assad dans un entretien à des médias français.

Selon lui, le cessez-le-feu « est violé, car les terroristes occupent la principale source d'eau de Damas, privant plus de 5 millions de civils d'eau depuis trois semaines ».

« Le cessez-le-feu n'inclut ni le groupe État islamique (EI) ni le Front al-Nosra, et le secteur (de Wadi Barada) où les combats se déroulent pour le libérer, est occupé par Al-Nosra », a répété M. Assad. « Donc il ne fait pas partie du cessez-le-feu », selon lui.

Le Front al-Nosra a été rebaptisé Fatah al-Cham après avoir pris ses distances avec le réseau Al-Qaïda.

De violents combats opposaient lundi sur plusieurs axes à Wadi Barada les forces du régime et des combattants du Hezbollah aux rebelles, dont une minorité de combattants de Fateh al-Cham, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH)).

Le régime avait mené dimanche une dizaine de raids et des bombardements d'artillerie après l'échec des négociations pour la réparation de la station de pompage d'Ain al-Fijé, selon la même source.

Le régime accuse les rebelles d'avoir « contaminé au diesel » les réserves d'eau, ce que nient les insurgés, qui assurent que les infrastructures ont été détruites par les bombardements du régime.

Référendum

Fort de sa victoire à Alep obtenue avec l'aide des Russes et des Iraniens le 22 décembre, M. Assad a exclu que soit négocié à Astana son départ, réclamé par l'opposition depuis le début de la révolte en 2011.

« Nous sommes prêts à négocier sur tout », a-t-il. Mais « mon statut dépend de la Constitution et cette dernière est très claire sur la manière dont vous pouvez élire ou vous débarrasser d'un président », a-t-il précisé.

« Donc s'ils (l'opposition) veulent négocier de ce point, ils doivent discuter de la Constitution et celle-ci n'appartient pas ni au président, ni au gouvernement ni à l'opposition, mais au peuple syrien et il faut donc un référendum », a-t-il souligné.

Les négociations d'Astana doivent tenter de mettre fin à la guerre civile qui a fait plus de 400 000 morts et des millions de réfugiés depuis 2011.

Pour la négociatrice de l'opposition Basma Kodmani, « les Russes sont, cette fois-ci, sérieux et déterminés. Ils veulent sortir du conflit, ils sont allés dans l'option militaire aussi loin qu'il était dans leur intérêt d'aller ».

« Ils ne peuvent pas remporter une victoire totale, cela va durer des années (...) Donc maintenant, ils veulent une solution politique et que cette réunion d'Astana soit crédible », a-t-elle dit à l'AFP.

Dans ce conflit extrêmement complexe, où sont impliqués une multitude d'acteurs internationaux ou régionaux, de groupes rebelles et djihadistes, la coalition dirigée par les États-Unis a tué dimanche 25 djihadistes du groupe État islamique (EI) lors d'une rare opération commando au sol dans l'est de la Syrie.

D'après l'OSDH, 14 de ces djihadistes ont été tués à bord d'un véhicule visé par les forces spéciales et 11 autres dans une attaque contre une station d'eau contrôlée par l'EI dans le village d'al-Koubar où de violents combats se sont déroulés.

La coalition conduit depuis l'été 2014 des frappes aériennes contre l'EI en Irak et en Syrie, mais mène rarement des opérations au sol.

«Libérer chaque centimètre carré» de la Syrie

«Nous avons la légitimité pour libérer n'importe quelle zone contrôlée par les terroristes, quel que soit le nom qu'ils se donnent. Qu'ils s'appellent État islamique, qu'ils s'appellent Al-Nosra, qu'ils se disent modérés ou bien Casques blancs, nous n'avons rien à faire des noms», a asséné le président syrien sur la radio privée RTL.

Dans son entretien à RTL, à la radio et chaîne de télévision publiques France Info et LCP, le président syrien affirme que son régime est «sur le chemin de la victoire», après la reconquête d'Alep, la deuxième ville syrienne, reprise par le régime fin décembre, après des mois de siège et de bombardements aériens.

«Nous avons pour mission constitutionnelle de libérer chaque centimètre carré du territoire syrien, ça n'est même pas discutable», ajoute M. Assad.

Interrogé sur les crimes de guerre dont est accusé le régime de Damas (tortures de prisonniers, largages de barils explosifs sur les populations civiles, bombardements d'hôpitaux...), le président syrien répond: «Si on avait fait des choses pareilles, nous n'aurions pas eu de soutien, je ne serais plus président, le gouvernement ne serait plus là».

«Nous avons pu résister durant toute la guerre parce que nous avons le soutien populaire. Et vous ne pouvez pas avoir le soutien populaire, si vous tuez vos propres citoyens. Donc toute cette histoire ne tient pas debout», soutient-il.




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