L'opposition syrienne suspend sa participation «formelle» aux négociations de paix

Le coordinateur de l'opposition, Riad Hijab (2e en... (PHOTO FABRICE COFFRINI, AFP)

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Le coordinateur de l'opposition, Riad Hijab (2e en partant de la droite), a jugé lundi «inacceptable» de poursuivre les négociations, alors que le régime de Damas continue de «bombarder et d'affamer les civils» en menant une offensive militaire contre la région d'Alep, en dépit de la trêve.

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Agence France-Presse
GENÈVE

L'opposition syrienne a suspendu sa participation «formelle» aux négociations de paix de Genève pour protester contre la «détérioration» de la situation en Syrie, mais continuera à prendre part à des discussions «techniques», a annoncé lundi le médiateur de l'ONU.

«J'ai pris connaissance de l'intention du HCN (Haut comité des négociations) de suspendre sa participation formelle aux négociations au Palais (des Nations) afin d'exprimer son mécontentement et son inquiétude à propos de la détérioration de la situation humanitaire et de la cessation des hostilités» en Syrie, a dit devant la presse l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

Les responsables du HCN «ont toutefois exprimé leur intention de rester à Genève et de participer à ma demande à des discussions techniques» à leur hôtel, a-t-il ajouté.

Le HCN, qui regroupe les principaux représentants de l'opposition et de la rébellion syriennes, est apparemment divisé entre ceux qui veulent quitter Genève - principalement les groupes armés - et ceux qui ne veulent pas rompre avec le délicat processus de paix engagé depuis janvier sous l'égide de l'ONU.

Le coordinateur de l'opposition, Riad Hijab, a jugé lundi «inacceptable» de poursuivre les négociations, alors que le régime de Damas continue de «bombarder et d'affamer les civils» en menant une offensive militaire contre la région d'Alep, en dépit de la trêve.

Soucieux de dédramatiser la suspension du HCN, M. De Mistura a rappelé que les discussions indirectes - l'opposition et le régime négociant à tour de rôle - «sont très flexibles». «Nous avons l'intention de poursuivre les consultations et les discussions avec chacune des parties, au Palais ou ailleurs», a-t-il dit.

Il s'est félicité d'avoir pu obtenir l'accord de l'opposition et du régime de Damas sur la nécessité de mettre en place une transition politique.

«Jusqu'à présent, nos discussions avec les deux parties ont porté sur l'interprétation de ce qu'est la transition politique. Un côté, l'opposition, insiste sur la mise en place d'un organe gouvernemental de transition, et l'autre, le gouvernement, a lancé une initiative en faveur d'un gouvernement élargi», a souligné M. De Mistura.

«Le fossé est clairement large», a-t-il reconnu. «Mais personne ne peut s'attendre à ce qu'après cinq ans de conflit, une transition politique soit trouvée en une semaine».

Le HCN exige le départ préalable du président syrien Bachar al-Assad, au pouvoir depuis 16 ans, mais le régime considère que le sort du président Assad n'est pas négociable.

Dans sa résolution 2254, l'ONU prévoit la formation d'ici l'automne de cet organe de transition et la rédaction d'une nouvelle constitution, avant l'organisation d'élections présidentielle et législatives courant 2017.

Évoquant la situation militaire et humanitaire en Syrie, M. De Mistura a estimé que la trêve imposée le 27 février «tient toujours dans beaucoup de régions». «Mais l'intensification des combats est inquiétante (...) et l'accès humanitaire est également trop lent», a-t-il déploré.

Deux rounds de discussions ont déjà eu lieu au Palais des Nations, siège de l'ONU, sans résultat. Cette troisième série a débuté le 13 avril et devrait se terminer à la fin de la semaine.

Damas accuse Riyad et Ankara de faire échouer les pourparlers

Le régime syrien a accusé l'Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar, parrains de l'opposition, de vouloir faire échouer les pourparlers de paix à Genève après la décision de celle-ci de suspendre sa participation aux négociations.

«Il y a une décision [...] en Arabie saoudite, en Turquie et au Qatar de faire échouer la prise de décision inter-syrienne, ils ne veulent pas d'un dialogue entre Syriens, ils veulent faire échouer les négociations de Genève», a affirme Bachar al-Jaafari, chef de la délégation du régime, dans une interview lundi soir à la télévision al-Mayadeen, basée à Beyrouth.

«Les parrains saoudien, turc et qatari ne veulent pas arrêter le bain de sang en Syrie et ne veulent pas d'une solution politique en Syrie», a encore ajouté M. Jaafari qui est le représentant de la Syrie à l'ONU.

Selon lui, l'opposition et les pays qui la soutiennent sont «énervés en raison du progrès réalisé par l'armée syrienne sur le terrain».

L'opposition syrienne a suspendu lundi sa participation «formelle» aux négociations Genève pour protester contre la «détérioration» de la situation en Syrie, où la trêve en vigueur depuis le 27 février est menacée.

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