Assad remis en selle par ses alliés malgré ses revers militaires

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Au pouvoir depuis 15 ans et survivant de la révolte qui a éliminé plusieurs chefs d'État arabes, Bachar al-Assad (au centre), qui vient de fêter ses 50 ans, se sent conforté dans sa stratégie consistant à se présenter comme le seul rempart face aux djihadistes du groupe armé État islamique (EI).

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Agence France-Presse
BEYROUTH, Liban

Affaibli par une série de revers militaires, le président syrien Bachar al-Assad est en passe de remonter la pente grâce à l'appui indéfectible de la Russie et de l'Iran et surtout à l'indécision des Occidentaux.

Au pouvoir depuis 15 ans et survivant de la révolte qui a éliminé plusieurs chefs d'État arabes, le dirigeant syrien, qui vient de fêter ses 50 ans, se sent conforté dans sa stratégie consistant à se présenter comme le seul rempart face aux djihadistes du groupe armé État islamique (EI).

Washington, Londres, Berlin et même Paris ne posent plus désormais son départ immédiat comme préalable à toute négociation.

«Je pense que la victoire temporaire et à la Pyrrhus (victoire obtenue au prix de lourdes pertes, NDLR) du régime d'Assad découle de la bonne et vieille realpolitik cynique», estime Karim Bitar, directeur de recherche à l'Institut des relations internationales et stratégique à Paris.

«Les Russes et les Iraniens sont bien plus impliqués que l'Occident : ils sont mobilisés, inflexibles et intransigeants tandis que les opposants au régime d'Assad n'ont pas de stratégie claire et paient le prix fort pour leurs méthodes erronées», ajoute-t-il.

Pris de court en mars 2011 par une révolte pacifique dans la foulée du «printemps arabe», M. Assad a choisi de la réprimer férocement. Après la militarisation du soulèvement, il s'est présenté comme un bouclier contre les «terroristes islamistes». La guerre a fait plus de 240 000 morts, des millions de réfugiés et laissé le pays en ruines.

Et lorsque les djihadistes de l'EI font leur apparition, s'emparant de près de la moitié de la Syrie et commettant d'innombrables atrocités, il martèle qu'il est l'ultime recours contre la «barbarie». Avec d'autant plus de force que les frappes de la coalition conduite par les États-Unis n'ont pas réussi à neutraliser le groupe malgré quelques succès.

Comme son père Hafez qui a dirigé la Syrie d'une main de fer de 1970 à 2000, M. Assad a su jouer le temps.

«Le régime d'Assad profite du triomphe de la "contre-révolution" au niveau régional et du fait que la plupart des pays occidentaux se résolvent à l'idée fausse que le nationalisme autoritaire dans le monde arabe est le seul rempart contre l'islamisme radical», estime M. Bitar.

«Opposants trop divisés»

Sur le terrain, Assad a perdu en quatre ans et demi les deux tiers du pays au profit de l'EI ou des rebelles islamistes et du Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda.

Le territoire qu'il contrôle est toutefois stratégique, car il comprend la capitale Damas, Homs et Hama dans le centre, le littoral et une partie d'Alep, soit des régions où vit 50% de la population encore présente en Syrie.

Mais l'atout maître d'Assad est qu'il peut compter sur les alliés indéfectibles que sont la Russie et l'Iran face aux tergiversations et la pusillanimité de ses adversaires, qui réclamaient son départ immédiat et inconditionnel.

Pour Muriel Asseburg, chercheuse à l'Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité, le chef de l'État est encore au pouvoir aujourd'hui parce que «ses opposants sont trop divisés et réticents à s'impliquer directement ou à soutenir les rebelles syriens».

En revanche, «ses soutiens lui ont toujours donné un fort appui militairement, politiquement, diplomatiquement et financièrement».

Le chercheur Yezid Sayigh, du Centre Carnegie pour le Moyen-Orient, pense aussi que sa longévité ne vient pas de sa force, mais plutôt de la faiblesse de ses adversaires.

«Le problème principal est que les puissances occidentales n'ont jamais voulu et ne veulent toujours pas s'impliquer en Syrie et elles ne savent pas quoi faire avec l'EI», estime-t-il.

«Les Russes ont bougé intelligemment, ils ont modifié l'équilibre des forces pour donner du temps à Assad et ont mis les Américains sur la défensive sans toutefois qu'il y ait un réel changement sur le terrain».

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