L'EI a décapité l'ancien directeur des Antiquités à Palmyre

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Khaled al-Assaad, âgé de 82 ans, chef des Antiquités de Palmyre de 1963 à 2003, a été exécuté par des djihadistes mardi après-midi dans la fameuse ville antique de la province centrale de Homs.

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Agence France-Presse
Beyrouth

Le groupe État islamique (EI) a décapité celui qui dirigea pendant cinquante ans le service des Antiquités de la célèbre cité syrienne de Palmyre, ont rapporté mercredi le directeur général des Antiquités de Syrie et une ONG.

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Selon les données récoltées par ce rapport, environ 26% des sites ont été pillés dans les régions tenues par les Kurdes ou d'autres groupes d'opposition.

Photo SANA, archives AP

Khaled al-Assaad, âgé de 82 ans, chef des Antiquités de Palmyre de 1963 à 2003, a été exécuté par des djihadistes mardi après-midi dans cette célèbre ville antique de la province centrale de Homs, a indiqué à l'AFP le directeur général du département des Antiquités et des musées de Syrie Maamoun Abdelkarim.

«Daech (acronyme du groupe État islamique) a exécuté l'un des plus éminents experts du monde antique. Il parlait et lisait le palmyrénien et nous nous adressions à lui, quand nous recevions de la police des statues volées, pour qu'il détermine si elles étaient vraies ou fausses», a déploré M. Abdelkarim.

Des images montrant le corps de M. Assaad accroché à un poteau, la tête coupée sur le sol, ont circulé sur des sites djihadistes.

Une pancarte attachée au corps identifie la victime comme étant M. Assaad, accusé par les djihadistes d'être un partisan du régime pour avoir représenté la Syrie à des conférences à l'étranger «avec des infidèles» et avoir été le directeur des «idoles» à Palmyre.

La version rigoriste de l'islam sunnite prônée par l'EI considère les statues humaines ou animales comme de l'idolâtrie.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a indiqué que M. Assaad avait été décapité sur «une place de Palmyre devant des dizaines de personnes».

«Assassinat barbare»

Selon M. Abdelkarim, le supplicié a été interrogé pendant un mois avec son fils Walid, l'actuel directeur des Antiquités de la ville, car les djihadistes voulaient connaître la cachette où se trouverait prétendument l'or. «Mais il n'y a pas d'or à Palmyre», a-t-il dit. Walid al-Assaad a été libéré car il souffre d'une maladie chronique du dos.

«Cette famille est remarquable car l'autre fils Mohammad et le gendre Khalil ont participé activement au sauvetage de 400 pièces antiques au moment de la conquête de la ville par les djihadistes», a ajouté M. Abdelkarim.

«Nous avions supplié Khaled de quitter la ville mais il a toujours refusé. "Je suis de Palmyre et j'y resterai même s'ils doivent me tuer", nous disait-il», a ajouté le directeur des Antiquités de Syrie.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a condamné l'«assassinat barbare» de l'archéologue, «un homme de savoir» qui a «travaillé avec de nombreuses missions archéologiques françaises».

De son côté, la directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, s'est dite «triste» et «indignée» par «le meurtre brutal» de M. Assaad.

«Ils l'ont tué parce qu'il n'a pas trahi son engagement profond envers Palmyre», a-t-elle dit dans un communiqué.

«Son oeuvre se poursuivra et restera hors d'atteinte des extrémistes. Ils ont assassiné un grand homme, mais ils ne feront jamais taire l'Histoire», a encore souligné Mme Bokova.

Elle a également déploré la mort de Qassem Abdallah Yehya, directeur adjoint des laboratoires à la Direction générale des Antiquités et des musées de Syrie, tué selon ce département par une attaque à la roquette contre la citadelle de Damas et le musée national la semaine dernière.

Les djihadistes ont pris fin mai aux forces du régime syrien Palmyre qui abrite des ruines antiques classées par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'Humanité.

Depuis, la communauté internationale craint que l'EI ne détruise ses nombreux trésors archéologiques, à l'instar de ce que le groupe extrémiste sunnite a fait en Irak.

Oasis dans le désert de Syrie au nord-est de Damas, Palmyre abrite les ruines monumentales d'une grande ville qui fut l'un des plus importants foyers culturels du monde antique.

Plus de 300 sites historiques syriens ont été endommagés, détruits ou pillés au cours du conflit débuté il y a quatre ans, selon l'ONU.

L'art et l'architecture de Palmyre ont uni aux Ier et IIe siècles les techniques gréco-romaines aux traditions locales et aux influences de la Perse.

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