Syrie: la coalition frappe l'EI au bénéfice des rebelles et d'Al-Qaïda

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Le conflit en Syrie opposait au départ le régime aux rebelles avant de devenir de plus en plus complexe avec la montée en puissance des jihadistes, notamment l'EI, qui contrôle de larges territoires dans le pays et en Irak voisin.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Layal ABOU RAHAL
Agence France-Presse
BEYROUTH

La coalition dirigée par les États-Unis a mené des frappes contre le groupe État islamique (EI) dans le nord de la Syrie, intervenant pour la première fois dans une bataille entre les jihadistes et leurs rivaux rebelles, dont Al-Qaïda.

Selon des experts, ces frappes prouvent la détermination de Washington d'empêcher à tout prix l'expansion de l'EI dans la province septentrionale d'Alep face aux rebelles, ennemis à la fois du régime de Bachar al-Assad et de cette organisation extrémiste.

Depuis le début des frappes le 23 septembre, les raids aériens ciblaient les bastions de l'EI ou aidaient les forces kurdes face aux jihadistes.

Dimanche, «un avion de la coalition a lancé quatre frappes contre des positions de l'EI à Sourane», dans une région où EI et rebelles s'affrontent depuis une dizaine de jours.

«C'est la première fois que la coalition apporte une aide aérienne à des groupes non kurdes dans leur combat contre l'EI en Syrie», a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le régime a annoncé dimanche également des raids de son aviation dans le nord d'Alep contre des «terroristes», sans préciser s'il s'agissait de l'EI ou des rebelles.

«Soutien indirect à Al-Qaïda»

L'EI veut capturer la petite ville d'Aazaz, près d'un important passage de provisions des rebelles à partir de la Turquie.

«Les frappes, qui ont fait huit morts, dont un chef dans  les rangs de l'EI, peuvent être considérées comme un soutien aux rebelles même si ces derniers incluent le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda», relève M. Abdel Rahmane.

D'après lui, «cela peut être vu comme un soutien indirect à Al-Qaïda», alors qu'Al-Nosra est classé comme une «organisation terroriste» par Washington et a été visé à plusieurs reprises par la coalition. Malgré cela, «les États-Unis auraient pris une décision d'empêcher l'EI de parvenir à Aazaz».

«Washington semble réellement déterminé à empêcher l'avancée de l'EI à Alep au détriment des rebelles», observe Thomas Pierret, spécialiste de l'islam contemporain à l'Université d'Édimbourg.

Dans la province d'Alep, «Al-Nosra ne constitue qu'une petite partie des forces rebelles qui combattent l'EI» et qui comprennent entre autres l'Armée syrienne libre (ASL), soit la rébellion dite modérée et appuyée par Ryad et Washington, selon lui.

«Ce sont ces interlocuteurs que les États-Unis souhaitent aider, pas Al-Nosra», ajoute l'analyste, en estimant que les Américains font preuve de «pragmatisme».

Sur Twitter, les sympathisants de l'EI ont exprimé leur fureur après les raids, accusant les rebelles d'être les «espions de l'Amérique» et de collaborer avec «la coalition croisée».

Le conflit en Syrie opposait au départ le régime aux rebelles avant de devenir de plus en plus complexe avec la montée en puissance des jihadistes, notamment l'EI, qui contrôle de larges territoires dans le pays et en Irak voisin.

EI repoussé à Hassaké

Sur un autre front du conflit, dans le nord-est, l'armée syrienne a repoussé les jihadistes de l'EI des abords de Hassaké, chef-lieu de la province éponyme que le groupe tente de capturer depuis le 30 mai, selon le régime et l'OSDH.

L'agence officielle syrienne Sana a annoncé la reprise par l'armée de plusieurs positions capturées par l'EI ces derniers jours, notamment une station d'électricité et une prison qui est en réalité une position militaire.

«L'EI, qui se trouvait depuis jeudi à l'entrée sud de la ville, a été obligé de se retirer de deux kilomètres après de violents combats avec les forces du régime», a rapporté l'OSDH.

Parallèlement, et après s'être tenues à l'écart de la bataille, les forces kurdes sont engagées depuis samedi soir dans des combats contre le groupe extrémiste, mais à la périphérie de leurs quartiers, du côté ouest.

«L'implication des Kurdes intervient après des critiques de dignitaires de la ville», précise M. Abdel Rahmane. L'inaction des Kurdes leur avait également attiré des critiques d'un journal proche du régime, al-Watan.

Les combats ont fait au moins 119 morts: 71 soldats et miliciens loyalistes et 48 combattants de l'EI dont 11 kamikazes.

Une éventuelle chute de Hassaké donnerait à l'EI le contrôle d'une deuxième capitale provinciale après Raqa (nord), son bastion.

En Irak, l'EI a revendiqué un attentat à la voiture piégée qui a fait au moins quinze morts et 37 blessés en visant des restaurants d'une ville au nord de Bagdad, selon des sources locales et policières.

Et dans le nord du pays, les forces gouvernementales regagnaient du terrain face au groupe extrémiste dans la ville de Baïji (nord), qu'elles tentent de reconquérir pour la deuxième fois.

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