Syrie : deux nouveaux fronts contre les djihadistes

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Un combattant du Front al-Nosra parade près de Damas.

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Agence France-Presse
DAMAS

Deux nouveaux fronts se sont ouverts dans la guerre qui fait rage en Syrie avec des affrontements opposant les djihadistes ultra-radicaux de l'État islamique (EI) à des combattants kurdes et des tribus.

Dans le nord du pays, les combattants kurdes, qui défendent leur autonomie depuis le début du conflit syrien, ont repris mercredi aux djihadistes plusieurs collines autour d'Aïn al-Arab (Kobane en kurde), à la frontière turque, a rapporté jeudi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'EI cherche à étendre dans cette direction son «califat» proclamé il y a un mois dans les zones qu'il contrôle en Irak et en Syrie. Au moins 14 combattants kurdes et 35 djihadistes ont été tués, selon l'OSDH, qui a également fait état de dizaines de blessés.

À la mi-juillet, quelque 800 combattants kurdes étaient arrivés de Turquie pour défendre Kobane, selon l'OSDH. La population kurde - 3,5 millions d'habitants soit 15 % de la population syrienne - est présente sur 10 % du territoire.

Toujours dans le nord, l'EI a bombardé jeudi des positions de l'armée à la lisière de Hassaka, pour tenter ensuite une percée dans cette ville de 200 000 habitants majoritairement kurdes.

Selon une source de sécurité à Damas, «l'EI tente depuis plus d'une semaine d'entrer dans Hassaka, mais ses tentatives ont été repoussées par l'armée et les Forces de défense nationale».

Dans l'est du pays, des affrontements ont opposé l'EI à des combattants d'une tribu sunnite, selon l'OSDH.

Ainsi, dans la riche province pétrolière de Deir Ezzor, en grande partie contrôlée par les djihadistes, des combats ont eu lieu dans les trois villages de la tribu des Chaitat.

«Chaitat se soulève contre l'État islamique», ont écrit sur Twitter plusieurs membres de la tribu, en diffusant des photos de djihadistes prisonniers.

Code vestimentaire strict

Dans cette province, l'EI a imposé un code vestimentaire aux femmes, les obligeant à porter des abayas (cape noire longue couvrant tout le corps) sans aucune perle ou décoration, et leur interdisant de porter de hauts talons et de montrer leurs yeux, selon l'OSDH.

Dans le nord-ouest du pays, les djihadistes du Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, ont pris le contrôle de Sarmada et du poste-frontière de Bab al-Hawa, dans la province d'Idleb, après de brefs affrontements avec des rebelles, selon l'OSDH. L'armée a ensuite mené deux raids aériens qui ont fait au moins deux morts.

Jusqu'alors alliés contre le régime et plus récemment contre l'EI, le Front al-Nosra et les rebelles ont commencé à se battre à la mi-juillet, quand les djihadistes ont annoncé leur intention de créer un «émirat» rival de celui établi par l'EI.

Sur un autre front, au moins 17 personnes, dont deux femmes et trois enfants, ont été tuées par les bombardements de l'armée mercredi à Douma, une ville rebelle comptant des dizaines de milliers d'habitants et de réfugiés près de Damas, selon l'OSDH.

«Des dizaines d'autres personnes, dont des enfants, ont été blessées», a ajouté l'OSDH, qui est basée en Grande-Bretagne et s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales.

Selon un photographe de l'AFP à Douma, un marché animé a été touché : «Le bombardement a eu lieu brusquement. Des enfants étaient en train de jouer sur le marché, et une minute après des morceaux de corps et des personnes blessées étaient dispersés dans tous les coins».

À l'hôpital, «les blessés étaient soignés à même le sol», a-t-il ajouté.

Sur une vidéo amateur diffusée par des rebelles, on voit des bébés et des jeunes enfants les vêtements en sang.

Une source de sécurité a démenti que l'armée ait mené ce bombardement, rejetant la responsabilité sur les combats opposant l'EI aux rebelles.

Dans un message publié dans le magazine de l'armée, le président Bachar al-Assad a réaffirmé sa détermination.

«Notre combat contre le terrorisme est un combat pour l'avenir et pour la survie, pour lequel on ne peut faire des compromis. Nous sommes plus que jamais déterminés à résister face au projet terroriste et colonialiste de sédition et de division», a-t-il insisté.

Sans issue en vue, la guerre en Syrie a fait plus de 170 000 morts, selon l'OSDH, et a forcé près de la moitié des habitants à fuir leur foyer, selon l'ONU.




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