Syrie: pas de résultat concret à Genève

La délégation gouvernementale syrienne dirigée par Walid Muallem (au... (PHOTO PHILIPPE DESMAZES, AFP)

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La délégation gouvernementale syrienne dirigée par Walid Muallem (au centre).

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Sara HUSSEIN, Karim ABOU MERHI
Agence France-Presse
BEYROUTH

Les négociations entre opposition et régime syriens, qui se sont tenues durant dix jours en Suisse, n'ont abouti à aucun résultat concret, mais pour la première fois en trois ans, les ennemis se sont parlé.

La perspective d'une solution semble néanmoins lointaine, le régime de Bachar al-Assad n'ayant pas confirmé sa participation à la prochaine session de négociations à Genève annoncée pour le 10 février.

Entre-temps sur le terrain, les violences qui ont fait plus de 136 000 morts depuis mars 2011 selon une ONG syrienne ne connaissent aucun répit, avec la poursuite des attentats et des combats entre rebelles et troupes du régime ainsi qu'entre insurgés et jihadistes.

À première vue donc, la rencontre, inédite, en Suisse a été un échec, comme l'a affirmé sans ambages le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem.

«J'ai le regret de vous dire que nous n'avons abouti à aucun résultat cette semaine», a-t-il lancé vendredi, à la clôture des pourparlers tenus à Montreux puis à Genève.

Malgré une pression permanente tant de l'émissaire international Lakhdar Brahimi, que des «parrains» des négociations -États-Unis et Russie-, les protagonistes n'ont trouvé aucun terrain d'entente.

Aucun cessez-le-feu n'a été proclamé, la mise sur pied d'un gouvernement transitoire n'a pas été abordée et même l'acheminement d'une aide alimentaire aux assiégés de la vieille ville de Homs a fait long feu.

Le chef de la Coalition de l'opposition Ahmad Jarba a accusé le régime de ne pas avoir fait montre d'un «engagement sérieux» dans les négociations.

«Les discussions n'ont manifestement pas été un succès et c'est décevant de constater que même sur une question humanitaire, cela n'a pas abouti», note Salman Shaikh, directeur du Brookings Center de Doha.

«Un début sur lequel on peut construire»

L'incapacité à offrir un accès humanitaire fut l'une des principales déceptions, beaucoup espérant que le pouvoir allégerait le siège à Homs. Ce dernier a seulement autorisé femmes et enfants à quitter la cité, mais pour le moment le convoi humanitaire n'a pu s'approcher des assiégés.

Et dans ce qui semble être un pied de nez aux négociations, le régime a autorisé l'acheminement de nourriture aux Palestiniens du camp Yarmouk à Damas, alors que le sujet n'avait même pas été évoqué à Genève.

Une seconde session a été proposée pour le 10 février, mais M. Mouallem a déclaré qu'il ne pouvait confirmer la participation du régime sans consultation préalable avec M. Assad.

Et le ton de la presse gouvernementale syrienne était loin d'être conciliant. «A Genève, la délégation (gouvernementale) syrienne a fait valoir les droits des Syriens», assurait le quotidien As-Saoura en accusant l'opposition de s'être exprimée «selon les ordres donnés sur un morceau de papier par son maître», les États-Unis.

A son retour à Damas, M. Mouallem a affirmé que sa délégation en Suisse avait rejeté une demande américaine de discussions directes, exigeant auparavant des excuses de son homologue John Kerry pour des propos tenus à Montreux. Ce dernier avait dit qu'il était «inimaginable» que M. Assad puisse continuer à gouverner.

Malgré tout, M. Brahimi a estimé que ces premiers pourparlers constituaient «un début sur lequel on peut construire», ajoutant qu'il avait noté «quelques points de convergence». Il s'est rendu samedi à Munich pour des consultations avec le patron de l'ONU et les chefs de la diplomatie américaine et russe.

M. Jarba a annoncé de son côté que l'opposition assisterait aux prochaines négociations.

«Un premier pas»

Pour Volker Perthes, directeur de l'Institut allemand de politique étrangère et des questions de sécurité basé à Berlin, «c'est un premier pas vers un possible succès».

«Au moins, chaque partie reconnaît l'autre comme étant la partie avec laquelle elle devra négocier. Ce n'est pas grand-chose, mais on ne pouvait pas espérer mieux», dit-il.

En effet, malgré les déclarations à l'emporte-pièce, les menaces et les conditions posées, les protagonistes sont non seulement venus aux négociations, mais sont restés jusqu'à la fin.

Et les rapports faisant état d'un accord secret du Congrès américain pour reprendre les livraisons d'armes aux factions rebelles «modérées» montrent que l'opposition a eu à gagner en venant à Genève.

Pour Massoud Akko, membre de la délégation de l'opposition, celle-ci a remporté des victoires symboliques.

«Nous avons poussé le régime à négocier avec le peuple syrien. C'est la première fois qu'il a accepté de discuter de l'avenir de la Syrie avec les Syriens, c'est ce que nous avons au moins gagné», a-t-il dit à l'AFP.




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