Genève-2: premières négociations entre le régime et l'opposition

Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU.... (Photo Keystone, Martial Trezzini, AP)

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Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Karim TALBI, Rana MOUSSAOUI
Agence France-Presse
GENÈVE

Après presque trois ans de conflit en Syrie, émissaires du président Bachar al-Assad et membres de l'opposition en exil vont s'assoir à la table des négociations à Genève pour les premiers pourparlers de paix aux chances minimes de succès.

Arrivées jeudi à Genève après une conférence sous tension à Montreux qui réunissait une quarantaine de pays et d'organisations, les deux délégations vont enfin entrer dans le vif du sujet pour tenter de mettre fin au chaos meurtrier qui a déjà fait plus de 130 000 morts en Syrie et a forcé des millions de civils à abandonner leurs maisons ou à s'exiler.

Diplomates et observateurs se font peu d'illusions sur l'issue de ces négociations, mais rappellent que le simple fait que les deux camps acceptent de se trouver ensemble dans une même pièce est en soi un événement.

Le maître d'oeuvre de ce délicat exercice de diplomatie, l'émissaire de l'ONU pour le conflit syrien, Lakhdar Brahimi va entrer en scène à 11 h locales (5 h à Montréal). Et le ton des Syriens ces deux derniers jours, notamment celui de Damas accusant les opposants d'être des «traîtres» et des «agents» à la solde de l'étranger, laisse augurer des débuts difficiles.

Selon plusieurs sources diplomatiques, M. Brahimi réunira les deux délégations dans une même pièce au siège de l'ONU en Europe. «Il s'exprimera pendant une trentaine de minutes en introduction», selon une source diplomatique occidentale. Les Syriens, eux, ne parleront pas.

Dans un second temps, chaque délégation sera conduite dans sa propre salle où Lakhdar Brahimi viendra discuter du cadre des négociations.

Selon cette source diplomatique occidentale, M. Brahimi pourrait tenter dès vendredi ou samedi de réunir une nouvelle fois les deux délégations dans la même salle où les négociateurs se parleront «par Brahimi» interposé.

Le premier cycle de négociations est censé durer «jusqu'à la fin de la semaine prochaine», soit le 31 janvier. «Mais tout peut très bien s'arrêter dès vendredi», rappelle, prudent, une source diplomatique occidentale.

«Nous savons que cela prendra du temps, et si cela doit prendre un jour de plus, cela prendra un jour de plus. Nous savions que ce ne serait pas un processus facile», a également indiqué un haut responsable du Département d'État américain.

La délégation de Damas est conduite par le très chevronné ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem. Si Ahmad Jarba est le chef de la délégation de l'opposition, il ne devrait pas en être le négociateur en chef. Le nom du négociateur de l'opposition doit être annoncé vendredi, a indiqué à l'AFP Monzer Aqbiq, porte-parole de la délégation.

La question du sort de Bachar al-Assad reste le principal motif de désaccord, l'opposition posant comme principe son départ et la constitution d'un gouvernement transitoire où il ne jouerait pas de rôle, le régime rejetant cette idée.

Faute de consensus sur cette question centrale, Lakhdar Brahimi pourrait se concentrer, ainsi que les Occidentaux et les Russes, sur la recherche de premières mesures visant à soulager la population.

M. Brahimi a évoqué des «indications» sur une disponibilité des délégations à discuter de l'acheminement de l'aide humanitaire, de cessez-le-feu localisés, notamment à Alep, et d'échanges de prisonniers.

Selon une source diplomatique, l'opposition pourrait mettre sur la table l'idée d'«aide humanitaire couplée à des cessez-le-feu localisés» dès le début de la négociation.

Une partie de l'équation tient également à la capacité des «parrains» des deux camps, les États-Unis pour l'opposition et la Russie pour le président Bachar al-Assad, à peser et à manoeuvrer en coulisses.

Mercredi à Montreux, le chef de la diplomatie américaine John Kerry n'a pas mâché ses mots contre Damas et réitéré son exigence qu'Assad quitte le pouvoir. La Russie pour sa part a montré un soutien ferme, mais sobre au régime. Et nul ne sait comment dans ce «grand jeu» de luttes d'influence et de bluff diplomatique. Occidentaux, Russes, monarchies du Golfe et Syriens vont avancer leurs pions.




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