La France commémore la prise d'otages sanglante de l'Hyper Cacher

La prise d'otages sanglante par le djihadiste Amédy Coulibalydans... (Photo Charles Platiau, Reuters)

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La prise d'otages sanglante par le djihadiste Amédy Coulibalydans dans l'Hyper Cacher avait fait quatre morts il y a un an.

Photo Charles Platiau, Reuters

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Attentats à Paris

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Attentats à Paris

Le siège parisien du journal satirique français «Charlie Hebdo» a été la cible d'un attentat terroriste sanglant ayant coûté la vie à au moins 12 personnes dont son directeur de rédaction et dessinateur emblématique Charb et ses trois autres caricaturistes vedettes: Cabu, Wolinski et Tignous. Le pire attentat en sol français depuis 50 ans. Cet attentat a été suivi par deux attaques qui seraient vraisemblablement liées au carnage chez «Charlie Hebdo». »

Thibauld MALTERRE, Paul AUBRIAT
Agence France-Presse
PARIS

La France a commémoré samedi la prise d'otages dans un supermarché casher, où quatre juifs ont été tués le 9 janvier 2015 par le djihadiste Amédy Coulibaly, qui avait abattu la veille une jeune policière municipale.

Un « rassemblement unitaire d'hommage » aux victimes des attentats de janvier 2015 a commencé dans la soirée, à l'issue du shabbat - le jour de repos juif - devant l'Hyper Cacher dans l'est de Paris, à l'appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

Sur une estrade ont été alignées 19 bougies : 17 pour les morts des attentats de janvier 2015 dont les victimes de la fusillade dans les locaux du journal Charlie Hebdo, une pour celles du 13 novembre et une dernière pour toutes les victimes du terrorisme.

Les attentats de janvier ont fait basculer la France dans une nouvelle ère de menace djihadiste, et ont été suivi par d'autres attaques ou projets, souvent avortés. Le 13 novembre, des attaques multiples ont fait 130 morts à Paris.

Les bougies ont été allumées une à une par plusieurs responsables dont le grand rabbin de France, Haïm Korsia, l'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, et le dirigeant du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech.

Plusieurs centaines de personnes, agitant parfois des drapeaux tricolores, se pressaient derrière des barrières de sécurité, applaudissant plusieurs officiels à leur arrivée, dont le premier ministre Manuel Valls et le président du parti Les Républicains (droite), l'ancien président de la république Nicolas Sarkozy, qui ont également allumé des bougies.

Des ex-otages de Coulibaly et des proches des victimes étaient présents, sous bonne garde d'un important dispositif de sécurité. Ainsi que Lassana Bathily, l'ex-manutentionnaire de l'épicerie casher, salué comme un « héros » après avoir réussi à s'enfuir puis fourni des informations précieuses à la police pour son intervention.

Coulibaly avait pris en otages les clients et employés de l'Hyper Cacher, et tué quatre d'entre eux, tous juifs, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François-Michel Saada, avant d'être tué par la police. Au même moment, les frères Kouachi, auteurs du massacre à Charlie Hebdo, étaient abattus lors d'un assaut contre une imprimerie de la région parisienne où ils s'étaient retranchés au troisième jour de leur fuite.

Dans une vidéo, Coulibaly s'était réclamé de l'EI, tandis que les Kouachi avaient évoqué Al-Qaïda.

« Arbre du souvenir » 

Si la communauté juive s'est habituée à la présence impressionnante de soldats devant plus de 700 synagogues, écoles juives, centres communautaires, l'inquiétude persiste et se traduit notamment par une émigration vers Israël : la France a vécu en 2015 une deuxième année consécutive record, avec près de 7900 départs.

« Cette angoisse, cette angoisse immense, cette angoisse légitime ne doit plus jamais être sous-estimée », a martelé le premier ministre français Manuel Valls devant l'Hyper Cacher. « Je l'ai dit avec mes mots, avec mon coeur, avec mes tripes, et je ne cesserai de le répéter parce que c'est une conviction profonde : sans les Juifs de France, la France ne serait pas la France! », a-t-il lancé sous des applaudissements nourris.

Coulibaly avait fait une première victime la veille de sa prise d'otages, le 8 janvier à Montrouge en banlieue parisienne, lorsqu'il avait tué une policière municipale, Clarissa Jean-Philippe, 26 ans.

Samedi matin, le président François Hollande a dévoilé une plaque à la mémoire de la jeune femme, « victime du terrorisme », tuée « dans l'accomplissement de son devoir ».

La policière municipale, originaire de l'île de la Martinique (Antilles françaises), avait été tuée en pleine rue lorsqu'elle avait été appelée pour un banal accident de la circulation. Les enquêteurs se demandent si Coulibaly ne visait pas initialement une école juive située à proximité.

Parallèlement à ces cérémonies, le CFCM organisait ce week-end une opération portes ouvertes d'une ampleur inédite dans de nombreuses mosquées, pour un « thé de la fraternité » visant à défendre un islam de « concorde » et « tordre le cou à ces clichés de liens avec la violence et le terrorisme ».

La semaine de commémoration des attentats de janvier prendra fin dimanche, avec un hommage populaire place de la République, dédié aux 149 personnes tuées en France par des djihadistes en 2015.

Une plaque sera dévoilée au pied d'un « arbre du souvenir », un chêne de dix mètres planté pour l'occasion, puis le chanteur Johnny Hallyday interprétera « Un dimanche de janvier » pour saluer la mobilisation du 11 janvier, quand près de quatre millions de personnes ainsi avaient défilé contre le terrorisme à Paris et partout en France.

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