Salah Abdeslam, bientôt remis à la France, promet de «collaborer»

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Attaques à Paris
Attaques à Paris

Notre dossier spécial sur les attentats du 13 novembre à Paris. »

Marine LAOUCHEZ, Philippe SIUBERSKI
Agence France-Presse
BRUXELLES

La justice belge a donné jeudi son feu vert à l'extradition en France de Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats du 13 novembre, attendus par les autorités françaises pour faire la lumière sur le réseau djihadiste derrière les tueries de Paris et Bruxelles.

«Il souhaite collaborer avec les autorités françaises», a assuré un de ses avocats, Cédric Moisse, alors que le seul survivant des commandos qui ont tué 130 personnes dans la capitale française s'était muré dans le silence dès le lendemain de son arrestation, le 18 mars à Bruxelles, après s'être initialement exprimé.

Le procureur fédéral est allé l'entendre en prison à Bruges (nord-ouest), où Salah Abdeslam «a donné son consentement» quant à l'exécution du mandat d'arrêt européen émis par la France, a dit Me Moisse.

Dès lors, «le transfèrement est autorisé» et «les autorités belges et françaises décideront après concertation des modalités de cette remise», a expliqué le parquet fédéral belge. «Sauf circonstance exceptionnelle», il sera transféré en France «dans un délai de dix jours», a assuré le Garde des Sceaux français, Jean-Jacques Urvoas.

Français de Belgique âgé de 26 ans, Salah Abdeslam, petit caïd radicalisé qui a grandi dans la commune bruxelloise de Molenbeek, semble au coeur du réseau du groupe djihadiste État islamique (EI) qui a semé la mort à Paris en novembre dernier puis Bruxelles où 32 personnes sont mortes le 22 mars.

Selon le procureur de Paris, François Molins, il a «eu un rôle central dans la constitution des commandos du 13 novembre» en participant «à l'arrivée d'un certain nombre de terroristes en Europe», et «dans la préparation logistique de ces attentats».

Et il a au moins convoyé ce soir-là les kamikazes du Stade de France, en banlieue parisienne. Lui-même, dans ses premières déclarations, a minimisé son rôle. Il a aussi raconté qu'il «voulait se faire exploser au Stade de France» avant de faire «machine arrière», selon M. Molins.

L'aéroport «prêt» à rouvrir

Les enquêteurs se demandent s'il n'était pas plutôt chargé de l'attentat dans le nord de Paris mentionné dans la revendication de l'EI mais qui n'a pas eu lieu.

Son arrestation après plus de quatre mois de cavale semble en outre, selon les enquêteurs, avoir précipité le triple attentat-suicide à l'aéroport et dans le métro de Bruxelles.

Dans l'appartement bruxellois d'où sont partis les assaillants de l'aéroport, la police a trouvé des explosifs et se demande si Abdeslam était censé participer aux attaques, peut-être avec d'autres cibles.

Un ordinateur a aussi été abandonné dans une poubelle près de cette planque : son analyse, toujours en cours, fait apparaître que son propriétaire avait fait des recherches notamment au sujet des bureaux et de la résidence du premier ministre belge Charles Michel, et du parlement, sans que les enquêteurs puissent dire «à ce stade qu'il s'agissait de cibles, et qu'il y a une menace sur ces lieux», a-t-on assuré à l'AFP.

Un ou plusieurs suspects sont recherchés après les attentats bruxellois, notamment «l'homme au chapeau», le troisième poseur de bombe de l'aéroport qui est parti avant que les deux kamikazes se fassent exploser.

La réouverture de l'aéroport de Zaventem au trafic voyageurs continue d'être repoussée de jour en jour. Il est désormais «techniquement prêt» pour une reprise partielle, mais aucun vol commercial n'aura lieu avant samedi.

Des syndicats de police ont agité jeudi soir la menace d'une grève, réclamant que toutes les personnes arrivant dans le hall des départs temporaire soient contrôlées au préalable. M. Michel les a appelés à des négociations d'urgence avec la hiérarchie policière, alors qu'un Conseil national de sécurité devait trancher vendredi sur une réouverture partielle.

Signe que la menace terroriste continue de planer sur l'Europe, une nouvelle opération policière franco-belge a été menée jeudi à Courtrai, dans le nord-ouest de la Belgique, dans l'enquête distincte sur un projet d'attaque déjoué en France.

Dans un quartier bouclé par la police et l'armée, les forces de l'ordre, munies de détecteurs de métaux et accompagnées de chiens, ont notamment fouillé les abords d'une maison et un petit bois. Aucune interpellation n'a eu lieu et les enquêteurs n'ont trouvé ni armes ni explosifs.

La justice française avait inculpé mercredi soir le principal suspect de cette «action terroriste imminente», le Français Reda Kriket, et des hommes en lien avec ce dossier sont écroués aux Pays-Bas et en Belgique.

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