Début des évacuations de migrants à Idomeni, en Grèce

Huit autocars ont transporté vendredi quelque 400 migrants... (PHOTO MARKO DJURICA, REUTERS)

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Huit autocars ont transporté vendredi quelque 400 migrants depuis le camp d'Idomeni vers des centres d'accueil de la région.

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Crise migratoire

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Joe Sinclair
Agence France-Presse
IDOMENI

Les autorités grecques évacuaient samedi un petit nombre de migrants bloqués dans le camp d'Idomeni (nord) à la frontière avec la Macédoine, au moment où les arrivées dans les îles de la mer Égée en provenance de la Turquie ont baissé de façon spectaculaire.

Huit cars ont transporté vendredi quelque 400 migrants depuis le camp d'Idomeni vers des centres d'accueil de la région, a précisé la police locale. Une dizaine d'autres cars attendaient samedi d'embarquer les migrants qui acceptent de quitter le camp, pour la plupart des familles avec des enfants qui ne supportent plus les conditions difficiles à Idomeni.

Parmi eux, Janger Hassan, 29 ans, venu du Kurdistan d'Irak et qui végète dans le camp depuis un mois avec sa femme et leurs enfants en bas âge, pense qu'il va partir.

«Il n'y a rien à faire ici. Les enfants tombent malades. La situation est mauvaise, depuis deux jours il y a du vent, parfois il pleut», dit-il à l'AFP. «Nous n'avons pas le choix. Nous devons partir».

Mais d'autres, comme Fatima Ahmed, une Irakienne de 40 ans, ne veulent pas perdre l'espoir de voir la route des Balkans ouverte à nouveau.

«Les gens qui n'ont pas d'espoir ou pas d'argent vont peut-être partir. Mais j'ai de l'espoir, peut-être que quelque chose de mieux va arriver demain ou même aujourd'hui», affirme cette femme accompagnée de ses trois filles, et dont le fils de 13 ans se trouve déjà en Allemagne.

Elle affirme qu'elle ne se laissera convaincre de quitter Idomeni que si le gouvernement grec offre à chaque migrant «un simple abri».

Samedi, une femme de 24 ans venue de Kobani avec ses deux fillettes a donné naissance, dans l'une des tentes du camp, à une autre petite fille, avec l'assistance de l'ONG Médecins du Monde. La mère et le nouveau-né ont été transportés dans un hôpital, selon l'agence Athens News Agency.

Selon les chiffres officiels, 11 603 personnes demeuraient samedi matin à Idomeni, où les migrants s'entassent dans des conditions difficiles depuis la fermeture début mars de la frontière par la Macédoine.

«À partir de lundi, les efforts (d'évacuation) vont s'intensifier», avait déclaré jeudi Giorgos Kyritsis, porte-parole du service de coordination de la politique migratoire. Il avait indiqué que 30 000 nouvelles places seraient créées dans les centres d'accueil d'ici à 20 jours.

Nette diminution de l'afflux depuis la Turquie

Dans le même temps, le flux de migrants en provenance de Turquie a continué à diminuer, depuis l'entrée en vigueur il y a une semaine de l'accord UE-Turquie censé barrer la route migratoire européenne.

Alors qu'avant cet accord, le nombre d'entrées quotidiennes se comptait en milliers, les autorités ont indiqué samedi que 78 personnes seulement étaient arrivées vendredi sur les îles grecques et 161 jeudi. Le nombre de migrants présents sur le sol grec s'élève à 50 236.

Aucune arrivée de migrants sur les îles de la mer Égée n'a été enregistrée mercredi, pour la première fois depuis l'entrée en vigueur de l'accord.

Cet accord, vivement contesté par les humanitaires, prévoit le renvoi en Turquie de tous ceux qui arrivent irrégulièrement à partir du 20 mars en Grèce, y compris les demandeurs d'asile syriens, sauf pour les personnes jugées éligibles à une protection spécifique, Kurdes par exemple.

L'UE s'est engagée à respecter les règles du droit d'asile pour cette opération, mais sans convaincre les humanitaires.

Profitant de ce répit, les autorités grecques s'emploient à mettre en place l'accord, qui va nécessiter une logistique complexe avec le déploiement prévu de 4000 agents, en majorité des forces de sécurité et des experts de l'asile, dont 2300 doivent être dépêchés par les partenaires européens du pays.

Des réfugiés tentaient pour leur part leur chance via la frontière greco-albanaise. Sept Syriens ont été arrêtés par la police albanaise, et renvoyés en Grèce, selon Athens News Agency, agence de presse grecque.

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