Un million de migrants arrivés en Europe en 2015

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Au 21 décembre, quelque 972 000 avaient traversé la mer Méditerranée, d'après le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis 2015 des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agnès PEDRERO
Agence France-Presse
GENÈVE

Un million de migrants sont entrés en Europe cette année, un record depuis la Seconde guerre mondiale, ont annoncé l'ONU et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), indiquant aussi que les arrivées se sont nettement taries depuis le pic d'octobre.

«Au 21 décembre, quelque 972.000 personnes avaient traversé la mer Méditerranée, d'après les chiffres du HCR. En plus, l'OIM estime que plus de 34.000 s'étaient rendus en Bulgarie et en Grèce après avoir traversé la Turquie», ont indiqué mardi l'OIM et le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) dans un communiqué conjoint.

Les arrivées par mer cette année ont été ainsi presque cinq fois plus nombreuses qu'en 2014.

Il s'agit du «flux migratoire le plus élevé depuis la Seconde guerre mondiale» en Europe, a souligné l'OIM dans une autre note envoyée aux médias.

En 2015, relèvent le HCR et l'OIM, «le nombre de personnes traversant la Méditerranée a augmenté régulièrement, depuis environ 5000 en janvier pour atteindre un pic mensuel de plus de 221 000 en octobre».

Depuis, le flux s'est ralenti, avec 67 700 arrivées en Grèce par la mer en décembre, selon l'OIM. Cette baisse s'explique par le mauvais temps et par une répression des passeurs par les autorités turques, selon les deux organisations humanitaires basées à Genève.

La très grande majorité des réfugiés et migrants - plus de 821 000 - est passée par la Grèce. 816 000 d'entre eux sont arrivés par la mer.

Par ailleurs, au total environ 150 000 sont arrivés depuis janvier en Italie, près de 30.000 en Bulgarie, plus de 3800 en Espagne, 269 à Chypre et 106 à Malte, selon l'organisation basée à Genève.

Le périple des migrants n'est pas sans danger, soulignent les humanitaires: près de 3700 sont morts ou portés disparus cette année en mer.

Le père du petit Aylan Kurdi, l'enfant noyé dont la photo est devenue le symbole du drame des migrants, appelle le monde à ouvrir ses portes aux réfugiés syriens dans un message qui sera diffusé le jour de Noël.

«Mon message est que je voudrais que le monde entier ouvre ses portes aux Syriens», déclare Abdullah Kurdi dans ce message vidéo dont une transcription a été publiée par la chaîne de télévision britannique Channel 4.

Aylan, 3 ans, avait été trouvé mort noyé sur une plage de l'île grecque de Kos en septembre dernier. Son frère et sa mère avaient eux aussi péri dans la traversée.

Dans la nuit de mardi à mercredi encore, au moins dix migrants, dont cinq enfants, sont morts noyés lors du naufrage de leur embarcation près de l'île grecque de Farmakonissi, en mer Egée. Treize personnes ont été secourues et deux étaient portées disparues.

Mardi ce sont 11 migrants, dont trois enfants, qui sont morts noyés au large des côtes turques.

Par ailleurs, 651 migrants ont été secourus mardi au cours de plusieurs opérations de sauvetage en Méditerranée, selon les garde-côtes et la Marine militaire italiens.

Un sur deux est Syrien

Parmi les migrants qui ont traversé la Méditerranée, «une personne sur deux cette année - un demi-million de personnes - étaient des Syriens fuyant la guerre dans leur pays», selon le HCR et l'OIM.

Les Afghans ont représenté 20% des arrivées et les Irakiens 7%.

«Alors que les sentiments anti-étrangers augmentent dans certains endroits, il est important de reconnaître les contributions positives des réfugiés et migrants aux sociétés dans lesquelles ils vivent», a affirmé le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Antonio Guterres, cité dans le communiqué.

Il a appelé à défendre les «valeurs européennes fondamentales» comme la promotion des droits de l'Homme, de la tolérance et de la diversité.

«Nous savons que les migrations sont inévitables, nécessaires et souhaitables», a relevé pour sa part le directeur général de l'OIM, William Lacy Swing.

Les deux hauts dirigeants n'ont eu de cesse de déplorer ces derniers mois la construction de barrières aux frontières de certains pays européens pour empêcher l'arrivée des migrants, comme en Hongrie. Plusieurs pays, comme la Suède récemment, ont par ailleurs adopté des législations permettant de renforcer les contrôles d'identité aux frontières.

Les organisations considèrent toutefois qu'«après une réaction initiale chaotique qui a entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes de la Grèce à travers les Balkans occidentaux et plus au nord, (...), une réponse européenne plus coordonnée commence à prendre forme». «Mais bien plus reste à faire», notamment en matière de réception et d'enregistrement des migrants.

Alors que la guerre en Syrie se poursuit, M. Guterres s'est prononcé lundi en faveur d'un «New Deal» en faveur des pays limitrophes de la Syrie qui accueillent des millions de réfugiés de ce pays.

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