L'UE en appelle à la Turquie et l'Afrique

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«Pourquoi toute cette énergie sur les migrants africains», s'est interrogé le président sénégalais Macky Sall.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Cédric SIMON, Olivier BAUBE
Agence France-Presse
LA VALETTE

L'UE a décidé jeudi à Malte d'aider financièrement l'Afrique et de proposer un sommet à la Turquie, dans l'espoir que ces partenaires l'aideront à endiguer des flux de migrants qui mettent l'Europe de plus en plus sous pression.

Réunis mercredi et jeudi à La Valette, les dirigeants européens ont annoncé la tenue «le plus vite possible» d'un sommet avec la Turquie pour la convaincre de freiner le flux de réfugiés qui a complètement débordé ces derniers jours plusieurs pays européens.

La Slovénie a ainsi installé mercredi des barbelés le long de sa frontière avec la Croatie, avant que la Suède n'annonce le rétablissement de contrôles à ses frontières.

«Sauver Schengen», les accords qui régissent la libre circulation dans l'UE, «est une course contre la montre et nous sommes déterminés à la gagner», a souligné Donald Tusk, président du Conseil européen (qui réunit les chefs d'État ou de gouvernement des États de l'UE), face aux craintes d'une «Europe forteresse».

Le sommet entre l'UE et la Turquie, qui devrait avoir lieu fin novembre ou début décembre, aura pour but de «conclure nos discussions avec la Turquie», a dit jeudi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Mais le bon vouloir d'Ankara pose aussi «des problèmes de financement», a reconnu M. Juncker. La Commission veut consacrer quelque trois milliards d'euros (4,3 milliards de dollars) à aider la Turquie sur deux ans. Elle a promis de contribuer à hauteur de 500 millions d'euros (716 millions de dollars), et a demandé aux 28 États membres d'apporter les 2,5 milliards (près de 3,6 milliards de dollars) restants.

«Les financements n'ont pas été arrêtés» jeudi par les dirigeants européens, a reconnu le président français François Hollande.

Optimisme douché

La Commission avait annoncé il y a quelques semaines avoir jeté les bases d'un plan d'action commun, mais Ankara avait douché son optimisme en disant qu'il n'était pas encore acquis.

Le contenu du plan est connu. L'UE demande à la Turquie, qui accueille déjà 2,2 millions de réfugiés principalement syriens, de freiner leur départ, en lui donnant les moyens financiers d'en accueillir davantage.

Le sujet devrait également être abordé lundi par Donald Tusk et le président turc Recep Tayyip Erdogan, en marge du sommet du G20 prévu dans la station balnéaire turque d'Antalya.

Les dirigeants européens se sont également mis d'accord pour offrir une aide financière de 1,8 milliard d'euros (près de 2,6 milliards de dollars) au continent africain en contrepartie d'efforts destinés à freiner les arrivées de migrants irréguliers en Europe.

La Commission européenne, qui débloquera cette somme prise sur le budget de l'UE, a appelé, là encore, les 28 États membres à doubler la mise. Les promesses des pays européens n'ont toutefois atteint pour l'heure qu'un total de 78 millions d'euros (près de 112 milliards de dollars).

Au-delà de l'«insuffisance» de ce fonds déploré par le président nigérien Mahamadou Issoufou, c'est surtout l'insistance des Européens à vouloir renvoyer chez eux les Africains en situation irrégulière qui a provoqué l'agacement chez certains dirigeants africains, parmi la trentaine qui avaient fait le voyage vers Malte.

«Traitement différencié»

«Pourquoi toute cette énergie sur les migrants africains», s'est interrogé le président sénégalais Macky Sall.

«On ne peut pas insister à réadmettre les Africains chez eux pendant qu'on parle d'accueillir les Syriens et d'autres. C'est un traitement différencié que nous condamnons, parce que c'est discriminatoire», s'est-il ému.

Les dirigeants africains ont malgré tout adopté avec leurs partenaires européens un plan d'action commun, listant des initiatives à mettre en oeuvre rapidement.

Ce plan prévoit de favoriser la venue en Europe d'officiers d'immigration africains, pour aider leurs collègues européens à mieux déterminer la nationalité des migrants en situation irrégulière. Des expérimentations pourraient être menées dès l'an prochain avec au moins dix pays africains volontaires.

Les Africains ont surtout insisté sur la nécessité de renforcer l'immigration légale vers l'Europe, dont ils ont souvent besoin économiquement, compte tenu de l'importance des sommes expédiées par les Africains vivant en Europe à leurs familles.

Les Européens ont timidement répondu en acceptant le doublement du nombre de bourses d'études en faveur des étudiants et chercheurs africains. Ils vont aussi lancer des «projets pilotes» regroupant des possibilités de migrations légales (de travail et d'étude), réservées à des pays africains sélectionnés.

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