Enfant syrien mort sur la plage: le père montré du doigt par une migrante

Zainab Abbas affirme qu'elle a perdu ses deux...

Agrandir

Zainab Abbas affirme qu'elle a perdu ses deux enfants dans le naufrage de l'embarcation où elle prenait place avec le père d'Aylan Kurdi et qui, selon ses dires, la conduisait.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Crise migratoire

International

Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année plus de 350 000 personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» du groupe armé État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie. Mais cette crise n'est pas exclusive à l'Europe, l'Asie du Sud-Est aux prises avec un trafic de migrants aussi tentaculaire que meurtrier connaît également cette triste réalité. »

Le père d'Aylan Kurdi, ce jeune Syrien de 3 ans dont la mort en mer Égée a suscité un élan international de solidarité, est accusé par une migrante irakienne d'être directement responsable du dénouement tragique de leur traversée en bateau. Ce que nie le principal intéressé.

Le Wall Street Journal a recueilli mercredi à Bagdad le témoignage de Zainab Abbas. Elle affirme avoir perdu deux enfants après que l'embarcation dans laquelle prenait place sa famille et celle d'Abdullah Kurdi eut chaviré, la semaine dernière, près des côtes turques.

Mme Abbas soutient que M. Kurdi était chargé dès le départ de conduire l'embarcation jusqu'à l'île grecque de Kos.

L'Irakienne affirme que le passeur syrien avec qui elle a traité avant le départ lui a dit, pour la rassurer, que le «capitaine» du bateau emmenait ses deux enfants. Et que M. Kurdi lui a été présenté avec ce titre.

Abdullah Kurdi, qui a perdu ses deux fils et sa femme dans le naufrage, a expliqué aux médias la semaine dernière qu'il avait dû prendre les commandes de l'embarcation après que le passeur qui devait la diriger eut décidé de sauter par-dessus bord pour se sauver.

Il affirme qu'une vague a retourné peu de temps après le bateau, dont le moteur s'était étouffé, précipitant les passagers à la mer.

M. Kurdi, qui a été joint à Kobané, en Syrie, par le Wall Street Journal, a confirmé que Zainab Abbas et sa famille étaient à bord. Il nie cependant avoir été responsable du bateau dès le départ.

«J'ai perdu ma famille, j'ai perdu ma vie, j'ai tout perdu, alors qu'ils disent ce qu'ils veulent», a-t-il déclaré.

Janet Dench, qui dirige le Conseil canadien pour les réfugiés, note qu'il n'est pas rare - comme l'affirme M. Kurdi - que des migrants soient obligés de prendre en catastrophe les commandes d'une embarcation parce que les passeurs les abandonnent en mer. «On entend souvent des histoires de ce type», note-t-elle.

Il arrive aussi, selon Mme Dench, que des migrants qui manquent d'argent pour payer les passeurs acceptent de s'acquitter de certaines tâches pour obtenir une place à bord.

Accusés d'être des passeurs

Parfois, le fait que des migrants aient été contraints de jouer un rôle actif lors de leur passage en mer leur a valu d'être accusés d'agir comme passeurs.

Des Sri Lankais arrivés en 2010 sur les côtes de la Colombie-Britannique à bord du Sun Sea se sont vu refuser le statut formel de réfugié parce qu'ils avaient préparé des repas ou agi comme navigateurs après le départ de l'équipage thaïlandais. La Cour suprême se penche sur ces dossiers.

Cinq passeurs présumés ont été arrêtés par les autorités turques après le naufrage de l'embarcation où prenait place la famille Kurdi.

La version de Zainab Abbas a suscité peu d'échos médiatiques hier. Sur les réseaux sociaux, elle a surtout été citée par des groupes proches de l'extrême droite européenne, opposés à l'immigration, pour dénoncer, sans autre démonstration, une présumée «manipulation».

La diffusion, la semaine dernière, de la photo du corps d'Aylan Kurdi échoué sur une plage turque avait suscité une vague d'indignation qui a poussé nombre d'États européens à modifier leur position relativement à la crise des migrants.

Elle a eu une résonance particulière au Canada puisque la soeur d'Abdullah Kurdi, qui vit en Colombie-Britannique, avait demandé, en vain, de pouvoir parrainer la venue de la famille du frère du ressortissant syrien.

Abdullah Kurdi a affirmé plus tôt cette semaine, dans une entrevue à un quotidien allemand, que ce refus était injustifié et avait contribué à sa décision de migrer illégalement vers le continent européen.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer