L'ONU face à ses divisions sur la Corée du Nord

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Le leader nord-coréen Kim Jong-Un.

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Carole LANDRY
Agence France-Presse
NATIONS UNIES

L'ONU se retrouve à nouveau jeudi face à ses divisions sur la Corée du Nord, avec des rencontres entre Donald Trump et ses alliés japonais et sud-coréen et une réunion du Conseil de sécurité pour faire appliquer pleinement les sanctions imposées à Pyongyang.

Le président américain, qui a menacé mardi dans son premier grand discours à l'ONU de «détruire complètement» la Corée du Nord et «son régime vicieux», a prévu des entretiens avec ses homologues directement visés par les menaces nord-coréennes, le premier ministre japonais Shinzo Abe et le dirigeant sud-coréen Moon Jae-in, pour examiner les options dont ils disposent.

Depuis la tribune de l'Assemblée générale, M. Moon devrait appeler à l'aide la communauté internationale face à son très reclus voisin du nord qui, malgré un régime de sanctions économiques de plus en plus dur, enchaîne essais nucléaires et balistiques de plus en plus inquiétants.

Jamais la menace nord-coréenne n'avait autant pesé sur le rendez-vous annuel des dirigeants mondiaux, divisés sur la meilleure façon d'amadouer Pyongyang même s'ils ont réussi en août et septembre à adopter à l'unanimité de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord.

La Chine et la Russie, plus proches soutiens du régime nord-coréen dont les chefs de la diplomatie doivent s'exprimer jeudi à la tribune de l'ONU, continuent à plaider pour des pourparlers diplomatiques, estimant qu'une action militaire - dont Donald Trump a évoqué à plusieurs reprises la possibilité - serait catastrophique.

Mercredi, Shinzo Abe a apporté à la tribune de l'ONU son soutien à la position de Washington, qui répète que «toutes les options sont sur la table» pour ramener le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un à la raison.

«La gravité de la menace est sans précédent» et c'est devenu «un sujet urgent» à traiter, a affirmé le dirigeant japonais, dont le pays a été récemment survolé deux fois par des missiles de la Corée du Nord, qui a procédé aussi à un essai nucléaire d'une puissance inégalée dans le pays.

«Ce qu'il nous faut, ce n'est pas du dialogue mais de la pression», a-t-il ajouté.

«En plein rêve»

Lors de la réunion du Conseil de sécurité prévue à 16h00, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson devrait insister pour une pleine application des sanctions internationales adoptées contre Pyongyang.

Une huitième volée de sanctions a été adoptée le 12 septembre, interdisant notamment ses exportations de textile et réduisant ses approvisionnements en pétrole. Des sanctions dont l'impact doit se faire sentir avant tout en Chine, principal partenaire économique de Pyongyang.

Washington et ses alliés espèrent que ces sanctions renforcées mettront la pression sur Pyongyang et l'obligeront à négocier la fin de ses programmes militaires.

Les États-Unis ont refusé toute concession pour obtenir l'ouverture de telles négociations, alors que Moscou et Pékin ont proposé un double moratoire, sur les expérimentations nord-coréennes et les exercices militaires américano-sud-coréens.

Commentant la menace militaire brandie par Donald Trump, le président français Emmanuel Macron a estimé mercredi qu'elle pouvait «avoir un intérêt sur le plan tactique car ce peut être de nature à faire bouger la Corée du Nord: c'est quand de telles menaces ont pu apparaître que des mouvements vers la négociation ont pu se faire, quand on regarde (Kim Jong-Un) et son père».

«Si la Russie et la Chine accroissent la pression par des sanctions additionnelles, c'est de nature à faire bouger la Corée du Nord de manière significative,» a-t-il ajouté.

Mais le ministre nord-coréen des Affaires étrangères a traité les dernières menaces du président américain par le mépris: «Il y a un proverbe qui dit que les chiens aboient, la caravane passe», a déclaré Ri Yong-ho à son arrivée à New York.

«S'ils essaient de nous faire peur avec des aboiements, ils sont clairement en plein rêve».




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