Condamnations internationales après un tir de missile nord-coréen

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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un (en blanc) a supervisé samedi le test d'un nouveau système de lutte antiaérienne destiné à «détecter et frapper différentes cibles volant dans toutes les directions».

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Jung Ha-Won
Agence France-Presse
Séoul

Pyongyang a procédé lundi à un nouveau tir de missile qui s'est abattu en mer dans la zone économique exclusive du Japon, suscitant des condamnations des capitales étrangères dans un contexte de tensions sur la péninsule.

Il s'agit du troisième tir nord-coréen en trois semaines et du 12e depuis le début de l'année, alors que de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU interdisent à Pyongyang de poursuivre ses programmes balistique et nucléaire, et que Washington menace le pays d'une intervention militaire.

Le président américain Donald Trump a estimé lundi sur Twitter que la Corée du Nord faisait preuve d'un «grand manque de respect» vis-à-vis de la Chine, alors que Pékin «fait beaucoup d'efforts!»

M. Trump compte sur la Chine, seul allié du régime nord-coréen, pour user de son influence sur le dirigeant Kim Jong-Un afin de le convaincre de suspendre ses programmes balistique et nucléaire.

Ce nouveau test est intervenu deux jours après que les dirigeants du G7 ont qualifié de «menace grave» les tests nucléaires et de missiles nord-coréens.

L'armée américaine a affirmé que le missile de courte portée avait volé six minutes et Tokyo a précisé que le missile était tombé dans sa zone économique exclusive, qui s'étend jusqu'à 200 milles marins (370 km).

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a condamné ce tir et souhaité une «réaction concrète» avec les États-Unis.

«Nous ne tolèrerons jamais que la Corée du Nord continue ses provocations et ignore les avertissements répétés de la communauté internationale», a déclaré M. Abe à des journalistes. «Comme convenu lors du sommet du G7, le problème nord-coréen est la première priorité de la communauté internationale».

La France a estimé de son côté que ce nouveau tir confirmait «la nécessité d'une réponse ferme de la communauté internationale», dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Paris a souhaité «l'adoption rapide d'une résolution» du Conseil de sécurité de l'ONU.

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Des images fournies par KCNA montrent le lancement du mssile, lundi matin.

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Une guerre «catastrophique»

La Corée du Nord a nettement accéléré ses efforts pour se doter de missiles intercontinentaux susceptibles de porter le feu nucléaire sur le territoire américain. Des programmes destinés selon elle à développer sa dissuasion face à la menace américaine.

C'est la deuxième fois cette année qu'un missile nord-coréen s'abat près du Japon. Séoul a affirmé que ce missile de type Scud avait parcouru 450 km.

Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis s'est prononcé dimanche en faveur d'une solution diplomatique, estimant dans une interview diffusée avant le dernier tir, qu'une guerre avec Pyongyang serait «catastrophique».

«Le régime nord-coréen a des centaines de pièces d'artillerie et de lanceurs de roquettes à portée de l'une des villes les plus densément peuplées de la Terre, qui est la capitale de la Corée du Sud», a-t-il dit sur CBS News.

«Ce régime est une menace pour la région, pour le Japon, pour la Corée du Sud. Et en cas de guerre, il serait un danger pour la Chine et la Russie également. Ce serait une guerre catastrophique si cela dégénérait en combats, si nous ne résolvions pas cette situation par des moyens diplomatiques.»

«Ligne rouge»

Ce tir laisse penser que Pyongyang tente de renforcer sa position dans l'éventualité de futures négociations avec Washington, a estimé Cho Han-Bum, de l'Institut coréen pour l'unification nationale.

«Le Nord, en dépit de ses provocations en série, n'a pas franchi la ligne rouge ultime, qui serait un essai nucléaire ou un test réussi de missile intercontinental», a-t-il dit.

«Ce tir est une façon de dire au monde: «il ne sera pas facile de nous obliger à suspendre nos programmes militaires même si vous nous ramenez à la table des négociations».»

À Séoul, le nouveau président Moon Jae-In, perçu comme moins dur que son prédécesseur vis-à-vis de Pyongyang, a convoqué une réunion du conseil de sécurité nationale.

«Que le Nord répète une telle provocation après l'investiture de notre nouvelle direction (...) constitue un défi direct à nos demandes de paix et de dénucléarisation de la péninsule coréenne», a déclaré le ministère sud-coréen des Affaires étrangères.

En condamnant la semaine dernière le précédent tir, le Conseil de sécurité des Nations unies a menacé Pyongyang de sanctions renforcées. La Chine et les États-Unis négocient depuis des semaines une nouvelle résolution qui resserrerait l'étau autour de la Corée du Nord.

Tout en condamnant le nouveau lancement, Pékin s'est contenté lundi d'appeler une nouvelle fois les différentes parties au dialogue.




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