Le nouveau missile peut porter une charge nucléaire, selon Pyongyang

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Le Conseil de sécurité de l'ONU a déjà adopté six résolutions imposant des sanctions contre la Corée du Nord.

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Jung Ha-Won
Agence France-Presse
Séoul

Pyongyang s'est félicité lundi du tir d'un nouveau type de missile qui semble avoir une portée sans précédent, affirmant qu'il pouvait transporter une «puissante tête nucléaire».

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a, selon la presse officielle, personnellement supervisé cet essai dimanche, des photos le montrant dans un hangar à côté du missile.

Sur d'autres clichés, on peut le voir en train d'applaudir avec des officiers après le tir, au petit matin, de ce projectile noir baptisé Hwasong-12.

M. Kim a «étreint les responsables de la recherche balistique en leur disant qu'ils avaient travaillé dur pour réaliser de grandes choses», rapporte l'agence de presse officielle KCNA.

La Corée du Nord, dont l'objectif affiché est d'être en mesure de porter le feu nucléaire sur le sol américain, est déjà sous le coup de multiples sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le Japon et les États-Unis ont demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU qui pourrait se tenir mardi, à la suite du tir de ce missile.

Ce tir était le deuxième en 15 jours et le premier depuis la prestation de serment mercredi du nouveau président sud-coréen Moon Jae-In.

Il avait pour but d'examiner «les caractéristiques» d'un nouveau type de missile, «capable de transporter une grande et puissante tête nucléaire», affirme KCNA.

L'agence assure que l'engin a suivi une trajectoire très élevée, atteignant une altitude de 2111,5 km, avant de retomber en mer du Japon à 787 km, «précisément à l'endroit prévu».

«Progrès important»

Cela laisse penser que ce missile pourrait avoir une portée de 4500 kilomètres, observent des experts.

Pour Jeffrey Lewis, chercheur à l'Institut Middlebury des études internationales, dont le siège est en Californie, si on met de côté les tirs de fusées, l'engin tiré dimanche a été «le missile à la portée la plus longue jamais testé par la Corée du Nord».

John Schilling, expert en armement de l'organisation «38 North», qui dépend de l'université Johns Hopkins à Washington, estime quant à lui que Pyongyang vient apparemment de tester un missile de portée intermédiaire qui pourrait «sûrement atteindre la base américaine de Guam», dans le Pacifique.

«Ce qui est plus important», a-t-il ajouté, c'est qu'il «pourrait constituer un progrès important sur la voie de la mise au point d'un missile balistique intercontinental (ICBM)».

L'accélération des programmes nucléaire et balistique nord-coréens et la surenchère verbale avec Donald Trump, qui a menacé de régler par la force le dossier nord-coréen, ont contribué à tendre la situation sur la péninsule.

Le milliardaire a toutefois récemment semblé modérer son discours, déclarant même qu'il serait «honoré» de rencontrer Kim Jong-Un.

Pyongyang a d'ailleurs évoqué samedi une possible ouverture par la voix d'une diplomate de passage à Pékin qui a dit que son pays pourrait «avoir un dialogue, si les conditions s'y prêtent», avec Washington.

Une étape

Ce tir est intervenu quatre jours après l'investiture à Séoul de Moon Jae-In qui, contrairement à son prédécesseur, défend l'idée d'un dialogue. Mais celui qui avait été la cheville ouvrière du dernier sommet intercoréen en 2007 n'en a pas moins condamné une «provocation irresponsable».

Le président russe Vladimir Poutine a qualifié lundi ce tir de «contre-productif et dangereux» mais il a également appelé à arrêter d'«intimider la Corée du Nord» et a prôné une solution pacifique.

En avril, Pyongyang avait organisé un gigantesque défilé, exhibant alors des missiles, dont l'un semblait du même type que celui tiré dimanche.

Certains experts doutent de la capacité du Nord à miniaturiser ses armes nucléaires pour les monter sur un missile et rien ne prouve encore que Pyongyang maîtrise la technologie en vue de la rentrée dans l'atmosphère.

Pour M. Schilling, que Pyongyang parvienne à mettre Guam, à 3400 km, à portée de ses missiles ne change pas fondamentalement la donne géopolitique. Mais c'est une étape.

«Ce qui modifierait l'équilibre stratégique serait un ICBM capable de toucher le continent américain», a-t-il dit.

«Ce ne sera pas ce missile, mais il pourrait s'agir d'un banc d'essai, d'un essai de technologies et de systèmes qui seront utilisés pour des ICBM», poursuit-il, avançant l'hypothèse selon laquelle Pyongyang cherche aussi à tester des «sous-systèmes d'ICBM» pour jouir d'une «couverture» en cas d'attaque américaine.

L'agence KCNA cite de son côté Kim Jong-Un affirmant que la stratégie américaine consistant à «intimider militairement les États faibles qui n'ont pas la bombe atomique» ne marchera pas avec le Nord.

«Si les États-Unis osent une provocation militaire contre la RPDC (la Corée du Nord, NDLR), nous sommes prêts à la contrer», a-t-il dit.

Le Japon et les États-Unis ont demandé dimanche une réunion d'urgence du Conseil de sécurité et celle-ci pourrait avoir lieu mardi après-midi à New York.

Dimanche, la Maison-Blanche avait demandé «des sanctions bien plus fortes». La Chine, alliée de Pyongyang, a exhorté «toutes les parties» à la «retenue».




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