Pékin exige l'arrêt du bouclier antimissiles américain en Corée du Sud

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«Nous sommes opposés au déploiement du sytème Thaad en Corée du Sud. Nous appelons les parties en présence à arrêter ce déploiement immédiatement et nous prendrons fermement les mesures nécessaires pour défendre nos intérêts», a déclaré devant la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.

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Patrick BAERT
Agence France-Presse
Pékin

La Chine a exigé mardi l'arrêt du bouclier antimissiles américain en Corée du Sud, dont Washington a annoncé la veille la mise en service, tout en saluant les ouvertures de Donald Trump en direction de la Corée du Nord.

Pékin dénonce depuis des mois la mise en place du bouclier THAAD (pour «Terminal High Altitude Area Defense») annoncé par Washington l'an dernier en réponse au programme nucléaire et balistique de la Corée du Nord.

La Chine souligne que ce dispositif couvre une partie de son territoire et entrave sa propre force de dissuasion.

«Nous sommes opposés au déploiement du sytème THAAD en Corée du Sud. Nous appelons les parties en présence à arrêter ce déploiement immédiatement et nous prendrons fermement les mesures nécessaires pour défendre nos intérêts», a déclaré devant la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.

Quelques heures plus tôt, le colonel Rob Manning, porte-parole des forces américaines en Corée du Sud, avait annoncé que le THAAD était désormais «opérationnel», avec «la capacité d'intercepter les missiles nord-coréens».

Un  autre responsable américain avait toutefois indiqué à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que le système n'avait atteint que «sa capacité initiale d'interception».

Le porte-parole chinois s'est en revanche montré encouragé par les propos du président américain Donald Trump, qui s'est dit prêt lundi à rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

«Si les conditions étaient réunies pour que je le rencontre, je le ferais, absolument. Je serais honoré de le faire», a affirmé Donald Trump dans un entretien accordé lundi à l'agence Bloomberg.

Et ce alors que son administration avait affirmé ces dernières semaines que l'option militaire était «sur la table» face à Pyongyang.

Interrogé sur les propos de Donald Trump, M. Geng a indiqué que Pékin avait «pris note des déclarations de la partie américaine et des signaux positifs qu'elles transmettent».

«Protection cruciale»

«La priorité urgente est de prendre des mesures pour faire tomber la tension. Et l'une des mesures efficaces pour ce faire est de reprendre les négociations de paix» avec la Corée du Nord, a-t-il dit.

La Chine dénonce comme les États-Unis le programme nucléaire et balistique de Pyongyang mais Washington demande à Pékin de faire davantage pression sur le régime nord-coréen pour le convaincre d'abandonner ses projets.

Pékin suggère depuis plusieurs semaines que la Corée du Nord suspende son programme nucléaire et balistique et que les États-Unis stoppent en retour leurs manoeuvres militaires organisées chaque année en Corée du Sud.

Cette proposition a reçu une fin de non-recevoir à Washington, qui réclame à Pékin d'appliquer plus strictement les sanctions adoptées à l'ONU contre la dynastie des Kim.

Selon les experts, la première batterie de missiles défensifs du THAAD installée en Corée du Sud ne suffit pas à protéger tout le territoire sud-coréen, car il en faudrait deux ou trois pour y parvenir.

Mais elle change tout de même l'équilibre stratégique entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, limitant le pouvoir de destruction de la première.

«Ce n'est pas l'arme absolue, ça n'existe pas, mais cela apporte une protection cruciale pour les troupes» américaines et sud-coréennes dans la péninsule, «renforçant la dissuasion et la posture défensive» de ces troupes, a expliqué à l'AFP Thomas Karako, un expert en défense antimissile du cercle de réflexion CSIS à Washington.

Le financement du bouclier a été l'objet d'une polémique la semaine dernière entre l'administration américaine et la Corée du Sud, Donald Trump estimant qu'il serait «approprié» que la Corée du Sud paye pour ce système dont le coût est estimé à un milliard de dollars - ce que refuse Séoul.

La Chine a adopté de son côté une série de mesures contre la Corée du Sud, apparemment en représailles au déploiement du THAAD, interdisant aux groupes de touristes chinois de se rendre dans ce pays.




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