Attentat à Dacca: un homme politique «abasourdi» par l'implication de son fils

Un homme allume une bougie à un mémorial... (PHOTO Adnan Abidi, ARCHIVES REUTERS)

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Un homme allume une bougie à un mémorial improvisé à quelques lieux de l'hôtel où a eu lieu le drame, à Dacca, le 3 juillet.

PHOTO Adnan Abidi, ARCHIVES REUTERS

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Agence France-Presse
DACCA

Un homme politique bangladais a témoigné mardi de son désarroi après avoir appris que son fils, disparu depuis plusieurs mois, était l'un des djihadistes preneurs d'otage de Dacca, ajoutant que de nombreux jeunes issus de familles aisées s'étaient dernièrement volatilisés.

Sur les 20 otages tués dans l'attaque lancée vendredi soir contre un restaurant du quartier diplomatique de Dacca, neuf étaient italiens, sept japonais, deux bangladais, un américain et un indien.

Imtiaz Khan Babul, membre de l'Awami League, le parti au pouvoir, a expliqué à l'AFP que son fils Rohan Imtiaz, âgé de 22 ans, tué samedi matin dans l'assaut des forces de sécurité, était un étudiant brillant.

Son comportement ne laissait en rien penser qu'il avait pu être radicalisé avant sa disparition fin décembre. « Je suis resté abasourdi et sans voix en apprenant que mon fils avait fait une chose si odieuse », a déclaré M. Babul, en larmes, à l'AFP.

« Je ne sais pas ce qui l'a changé. Il n'y a eu aucun indice suggérant qu'il était en train d'être radicalisé. Il ne lisait quasiment jamais de livres religieux ».

D'après le ministre de l'Intérieur Asaduzzaman Khan, les djihadistes étaient de jeunes gens instruits, issus de familles aisées, loin du stéréotype du volontaire venu d'un milieu pauvre et radicalisé dans une madrasa (école coranique).

Dans les mois qui ont suivi la disparition de son fils, Imtiaz Khan Babul a multiplié les démarches auprès des responsables du parti pour qu'ils l'aident à le retrouver, se rendant même dans les morgues.

Pendant ses recherches, il a rencontré des parents dans des situations similaires.

« J'ai rencontré tant de parents dont les fils avaient disparu », a-t-il dit. « Hier encore, l'un d'eux disait que j'avais eu de la chance de récupérer le corps de mon fils. Certains d'entre eux n'ont pas tant de chance ».

Il a ajouté qu'il pensait que son fils avait pu subir un « lavage de cerveau » et être radicalisé via internet.

Diplomates inquiets

Six jeunes hommes ont été tués dans l'assaut des forces de l'ordre à l'issue du siège d'une nuit revendiqué par l'organisation État islamique (EI).

La police a confirmé mardi avoir peut-être accidentellement abattu, parmi eux, un employé de cuisine. Parmi les autres figurent un diplômé d'une université privée cotée du pays, un étudiant de 18 ans d'une école réputée, un enseignant de maternelle de 26 ans, le fils de M. Babul et un fils d'ouvrier ayant étudié dans une madrasa.

Un septième suspect a été arrêté et est en train d'être interrogé.

La volonté des groupes djihadistes tels que l'EI de recruter des jeunes issus de la classe moyenne va compliquer les efforts du gouvernement pour éradiquer l'extrémisme.

Le Bangladesh nie la présence de l'EI dans le pays, en dépit de la revendication et de la diffusion de photos de cinq hommes armés par Amaq, l'agence proche de l'organisation.

Le gouvernement a déclaré que tous les assaillants appartenaient au Jamaeytul Mujahdeen Bangladesh (JMB), un groupe islamiste local interdit.

Le ministre des Affaires étrangères A.H. Mahmood Ali a rencontré des diplomates étrangers mardi après cette attaque, la pire jamais commise contre des étrangers à Dacca, pour discuter des mesures de sécurité à prendre.

Des centaines d'entreprises étrangères sont installées au Bangladesh. Son industrie textile représente le poumon de l'économie bangladaise et approvisionne en vêtements bon marché les grandes marques mondiales d'habillement.

« Nous avons discuté des moyens de faire face à la situation et d'assurer la sécurité de la communauté diplomatique et étrangère », a déclaré un diplomate à l'AFP, ajoutant que l'aide étrangère pour faire face à l'extrémisme islamiste avait également été débattue.

Parallèlement, les dépouilles des sept victimes japonaises - qui travaillaient toutes pour l'Agence de coopération internationale du Japon - sont arrivées à Tokyo à bord d'un avion gouvernemental nippon, selon des journalistes de l'AFP.

D'après les autorités, les corps des victimes italiennes ont quitté Dacca dans la matinée tandis que celui de la victime indienne a été rapatrié lundi.

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