Attaque sur une base aérienne en Inde : les assaillants ont été tués

L'attaque sur la base aériennne de Pathankot survient une... (PHOTO NARINDER NANU, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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L'attaque sur la base aériennne de Pathankot survient une semaine après une visite surprise du premier ministre indien Narendra Modi au Pakistan, la première d'un chef de gouvernement indien en 11 ans.

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Agence France-Presse
PATHANKOT

Quatre islamistes présumés ont attaqué samedi avant l'aube une importante base aérienne de l'armée indienne proche de la frontière pakistanaise, et il a fallu 14 heures aux forces spéciales pour parvenir à les neutraliser et reprendre le contrôle de la base.

Ce n'est qu'en fin de journée que l'armée a pu annoncer avoir repris le contrôle et tué les quatre hommes armés, vêtus d'uniformes de l'armée indienne, qui avaient infiltré la base aérienne de Pathankot, dans l'État du Pendjab, au nord de l'Inde.

L'armée avait très vite indiqué que ces hommes étaient soupçonnés d'appartenir au groupe islamiste Jaish-e-Mohammed basé au Pakistan. Un général indien a déclaré à la télévision que Jaish avait revendiqué l'assaut.

Cette base revêt une importance stratégique: elle abrite des dizaines d'avions de combat et est située à quelque 50 km seulement de la frontière pakistanaise.

Les unités spéciales de la police ont passé des heures après l'assaut audacieux -une attaque rare contre une base indienne en dehors du Cachemire- à quadriller les lieux à la recherche des assaillants retranchés.

«Nous voulons la paix, mais si les terroristes mènent des attaques sur le sol indien nous répondrons de manière appropriée», avait averti le ministre de l'Intérieur, Rajnat Singh, à la télévision.

Cette attaque survient une semaine après une visite surprise du premier ministre indien, Narendra Modi, au Pakistan - la première d'un chef de gouvernement indien en 11 ans - et menace de faire dérailler l'amorce de détente entre les deux puissances nucléaires.

Mais le Pakistan a condamné dans l'après-midi cet «acte terroriste».

«Dans l'esprit de bonne volonté créé par les récentes discussions de haut niveau entre les deux pays, le Pakistan reste engagé à être un partenaire de l'Inde (...) afin d'éliminer la menace terroriste sur notre région», a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Une manifestation sur la route conduisant à la base a eu lieu en début d'après-midi: des habitants ont brûlé des effigies censées représenter des militants pakistanais, a rapporté l'AFP.

Un responsable sécuritaire de haut rang avait indiqué sur place, sous le couvert de l'anonymat et avant la fin de l'attaque, que les militaires avaient jusque-là réussi à empêcher les assaillants de faire des dégâts importants.

«Ils sont lourdement armés et l'attaque vise à provoquer un maximum de dégâts au matériel de la base, mais nous avons réussi pour le moment» à les en empêcher. «Nous pensons que ce sont des terroristes du Jaish-e-Mohammed», a précisé ce responsable.

Le Jaish-e-Mohammed, interdit au Pakistan, combat l'État indien dans la région himalayenne du Cachemire, disputée par l'Inde et le Pakistan, où un conflit séparatiste a fait quelque 100 000 morts.

Trois guerres pour le Cachemire

L'Inde avait accusé le groupe islamiste d'avoir attaqué en décembre 2001 le parlement indien, faisant 11 morts et entraînant une escalade militaire à la frontière indo-pakistanaise au point d'amener les deux pays au bord de la guerre.

En juillet, trois hommes vêtus d'uniformes de l'armée avaient tiré sur un bus puis attaqué un poste de police dans le district voisin de Gurdaspur (État du Pendjab), tuant sept personnes, dont quatre policiers. L'Inde avait attribué cette attaque aux insurgés du Lashkar-e-Taiba, basés au Pakistan.

Depuis leur indépendance du Royaume-Uni en 1947, l'Inde et le Pakistan ont déclenché trois guerres pour le Cachemire, dont chaque pays occupe une partie et dont les deux veulent le contrôle total.

L'Inde accuse régulièrement l'armée pakistanaise d'effectuer des tirs de couverture pour les rebelles qui infiltrent la frontière et organisent ensuite des attaques dans le Cachemire indien, où ils visent souvent la police locale.

Mais l'État du Pendjab, en majorité sikhe, avait jusque-là été quasiment épargné par les violences.

Pour Sameer Patil, analyste du centre de recherches Gateway House, l'assaut de samedi est venu de l'autre côté de la frontière et probablement en représailles à la visite de M. Modi au Pakistan. «On a déjà assez de preuves que les militants du Jaish-e-Mohammed et du Lashkar-e-Taiba veulent saboter le processus de paix», a-t-il dit à l'AFP.

New Delhi avait suspendu toute discussion avec le Pakistan après l'attaque de Bombay par des islamistes en 2008, qui avaient tué 166 personnes. L'enquête avait établi que l'opération avait été planifiée au Pakistan.

Les deux pays avaient relancé un processus de paix en 2011, mais les tensions ont atteint des sommets ces deux dernières années. Des bombardements transfrontaliers dans le Cachemire ont fait des dizaines de morts depuis l'an dernier.

Depuis la visite de M. Modi au Pakistan la semaine dernière, les deux pays ont décidé de lancer un dialogue. Des rencontres bilatérales à haut niveau sont prévues en janvier à Islamabad.

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