Les États-Unis et l'Inde renforcent leur partenariat

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Le secrétaire d'État John Kerry et son homologue indienne Sushma Swaraj, mardi, à Washington.

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Nicolas REVISE
Agence France-Presse
Washington

Les États-Unis et l'Inde, qui s'affichent comme «les plus grandes démocraties du monde», ont renforcé mardi leur partenariat diplomatique et économique tout en niant vouloir contrebalancer la puissance de la Chine en Asie.

L'ombre de Pékin a toutefois plané sur le «dialogue stratégique et commercial États-Unis/Inde» qui s'est tenu à Washington et qui a coïncidé avec l'arrivée simultanée aux États-Unis du président chinois Xi Jinping qui sera reçu vendredi par le président Barack Obama.

Ce forum ministériel américano-indien a essentiellement été économique. Les deux ministres du Commerce, Penny Pritzker et Nirmala Sitharaman, ont réaffirmé viser «500 milliards de dollars» d'échanges commerciaux par an entre Washington et New Delhi: ce serait cinq fois le volume actuel de 100 milliards et égalerait le niveau des échanges entre les États-Unis et la Chine.

«Le président (Obama) et le premier ministre (indien Narendra Modi) nous ont donné un objectif», a expliqué à l'AFP Mme Pritzker, refusant de dire quand les deux géants économiques atteindraient ces 500 milliards et admettant que le pari était «audacieux».

Les ministres du Commerce étaient flanquées du chef de la diplomatie américaine John Kerry et de son homologue indienne Sushma Swara: ils ont parlé «d'antiterrorisme, de sécurité maritime dans l'océan Indien et en mer de Chine méridionale, des défis en Asie du Sud, de non prolifération nucléaire et de changement climatique», selon M. Kerry.

Il a vanté un «niveau de coopération impressionnant et en expansion» et a qualifié «la relation États-Unis/Inde» de «point lumineux sur la scène internationale et l'une des plus importantes relations bilatérales dans le monde».

John Kerry n'a pas manqué non plus de proclamer que l'Inde était «la plus grande démocratie du monde» et qu'elle formait avec l'Amérique le couple «des plus vieilles démocraties» de la planète. Mme Swaraj, dont le pays se rêve depuis plus d'une décennie en super puissance, s'est félicitée des «piliers fondamentaux de notre partenariat stratégique: valeurs communes de démocratie, liberté d'expression et État de droit».

Hélicoptères militaires

En matière de sécurité, Mme Pritzker a confirmé l'achat par l'Inde à l'avionneur Boeing de 37 hélicoptères militaires pour 2,5 milliards de dollars. Washington et New Delhi vont aussi «accélérer» leur «coopération contre la menace terroriste», qui a changé de dimension depuis les attentats de Bombay en 2008, selon Mme Swaraj.

La ministre indienne a également reconnu que «le changement climatique était l'une des questions les plus urgentes de notre temps» et elle a promis une «étroite collaboration» avec les États-Unis en vue de la conférence de Paris en décembre.

Surtout, les deux partenaires se sont défendus de manoeuvrer contre le rival chinois.

«Ces réunions n'ont rien à voir avec la Chine. Nous n'avons pas mentionné la Chine», a rétorqué John Kerry, interrogé sur un dessein américano-indien de contrecarrer l'influence de Pékin en Asie.

Pourtant, bien qu'il n'ait effectivement jamais parlé explicitement de la Chine, le secrétaire d'État a cité la mer de Chine méridionale, théâtre maritime de fortes tensions entre Pékin et ses voisins asiatiques: les États-Unis et l'Inde, a-t-il mis en garde, ont «renouvelé (leur) engagement commun pour la sécurité maritime, le droit international et la résolution pacifique des contentieux en Asie-Pacifique et dans l'océan indien».

Une experte du centre de recherche Brookings, Tanvi Madan, pense d'ailleurs que ce sont les ambitions de Pékin en Asie qui façonnent l'axe Washington-New Delhi: «Sans la Chine (qu'elle soit citée) implicitement ou explicitement, la relation États-Unis/Inde ne serait pas là où elle en est aujourd'hui», analyse-t-elle sur Twitter.

Les relations n'ont pas toujours été au beau fixe.

Washington et New Delhi se méfiaient l'un de l'autre durant la Guerre froide, lorsque l'Inde, non alignée, penchait vers l'URSS, et que les États-Unis étaient alliés du Pakistan. Les Américains avaient aussi été en première ligne pour sanctionner les Indiens pour leurs essais nucléaires militaires en 1998.

Mais les deux pays se sont spectaculairement rapprochés sous la présidence du républicain George W. Bush (2001-2009), à la faveur d'un accord sur le nucléaire civil, lequel reste cependant lettre morte.

Le premier ministre indien est attendu en fin de semaine à l'Assemblée générale de l'ONU à New York, où il devrait rencontrer de nouveau le président Obama qu'il avait accueilli à New Delhi en janvier. M. Modi se rendra ensuite en Californie pour voir des géants de la Silicon Valley, comme Google, Facebook ou Cisco.

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