L'ancien homme fort du Sri Lanka reconnaît sa défaite aux législatives

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Amal JAYASINGHE
Agence France-Presse
Colombo

Huit mois après son éviction de la présidence du Sri Lanka, l'ancien homme fort de l'île Mahinda Rajapakse rêvait de revenir au pouvoir en Premier ministre. Pari perdu: il a reconnu mardi sa défaite aux élections législatives de lundi.

«Mon rêve de devenir premier ministre s'est éteint», a confié M. Rajapakse à l'AFP. «Je le reconnais. Nous avons perdu une belle bataille», a-t-il ajouté, enregistrant ainsi un nouveau revers après son échec à la présidentielle face à un outsider de son propre parti, Maithripala Sirisena.

Après cette victoire, le nouveau président avait choisi Ranil Wickremesinghe, du Parti national uni (PNU, majoritaire), comme chef de gouvernement.

Selon des chiffres encore provisoires, la formation de M. Rajapakse, l'Alliance du peuple unifié pour la liberté (APUL), était en tête dans huit districts sur 22, contre 11 pour le PNU.

Trois autres districts étaient dominés par un parti de la minorité tamoule, ont indiqué des responsables, ajoutant qu'aucun parti n'était en mesure d'emporter la majorité absolue (113 sièges sur 225).

Les résultats finaux seront publiés mardi à la mi-journée et les votes recueillis par chaque candidat ultérieurement.

Populaire chez les Cinghalais, haï des Tamouls 

Au pouvoir pendant près de dix ans et artisan de la sanglante campagne militaire qui avait mis fin à la lutte séparatiste des Tigres tamouls en 2009, l'ex-président Rajapakse s'était pourtant dit lundi confiant de revenir au pouvoir en tant que premier ministre lorsqu'il avait glissé son bulletin dans l'urne à 10h53 - une heure jugée favorable par les astrologues.

Très populaire parmi une bonne partie de la majorité cinghalaise, qui représente environ 75% des 20 millions de Sri-Lankais, M. Rajapakse est haï par de nombreux membres de la minorité tamoule qui avaient voté en masse pour M. Sirisena en janvier après avoir boycotté les élections précédentes.

Ce nationaliste de la majorité cinghalaise, âgé de 69 ans, avait présidé à l'écrasement de la rébellion tamoule vieille de 37 ans, dont il s'était fixé comme objectif l'anéantissement dès son arrivée aux affaires en 2005.

Le bain de sang qui avait sonné le glas de la guerre civile lui avait valu de nombreuses accusations de crimes de guerre.

M. Rajapakse avait refusé de collaborer à une enquête mandatée par l'ONU sur les meurtres présumés de 4000 civils tamouls par l'armée sous son régime.

Les critiques, notamment de la communauté internationale, fustigeaient aussi la mainmise de son clan sur le pays. Sous son aile, de nombreux proches du président avaient été placés à des postes politiques et économiques clés de l'île.

Les accusations de corruption et de népotisme étaient telles que le futur président Maithripala Sirisena avait juré pendant sa campagne de «mettre fin au règne de Rajapakse Brothers and Company».

Législatives anticipées

Élu dans sa circonscription du district de Kurunegala (centre), M. Rajapakse siègera dans la nouvelle assemblée.

Le président Sirisena avait convoqué ces élections législatives un an avant la date prévue pour mettre un terme au blocage du Parlement par les partisans de son prédécesseur.

Issu de l'APUL comme M. Rajapakse, dont il a été le ministre de la Santé, M. Sirisena avait fait défection et tenté sa chance à la présidentielle de janvier.

Son Premier ministre, Ranil Wickremesinghe, s'était prononcé en faveur d'élections anticipées afin de renforcer sa majorité au Parlement et faciliter la mise en oeuvre de réformes.

Le président avait ordonné fin juin la dissolution du Parlement, ouvrant ainsi la voie à une élection anticipée dix mois avant la date prévue.

Le scrutin de lundi a été un des les plus pacifiques qu'a jamais connu le Sri Lanka, meurtri par plus de trois décennies de guerre civile, où un peu plus de 15 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes.

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