Élections en Birmanie: le parti d'Aung San Suu Kyi favori

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C'est la première élection nationale à laquelle le parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, participe depuis 25 ans.

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Kelly MACNAMARA, Hla-Hla HTAY
Agence France-Presse
RANGOUN

Les élections législatives en Birmanie, auxquelles le parti de l'opposante Aung San Suu Kyi est donné grand gagnant, ont été fixées mercredi au 8 novembre, posant les jalons d'un scrutin historique promis démocratique.

«Les élections auront lieu le 8 novembre», a annoncé Thant Zin Aung, responsable de la commission interrogé par l'AFP, une précision attendue de longue date.

L'Assemblée élue devrait élire quelques mois plus tard un président. Mais la lauréate du prix Nobel de la paix ne pourra pas concourir à la plus haute fonction du pays, la Constitution héritée de l'époque de la junte l'empêchant de se présenter, du fait de son mariage avec un étranger.

Ce scrutin est vu comme un test pour la transition démocratique amorcée depuis l'autodissolution du régime militaire en 2011.

Les États-Unis ont salué cette annonce. «Nous pensons qu'une élection législative crédible est une étape importante», a déclaré le porte-parole adjoint du département d'État, Mark Toner, précisant que les États-Unis apporteraient une aide technique et financière.

Il s'agit de la première élection nationale à laquelle le parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, participe depuis 25 ans.

Les précédentes législatives remontent à novembre 2010. Mais la LND avait boycotté le scrutin et été dissoute à l'époque.

Cette fois-ci, la LND ne devrait pas bouder le scrutin, même si Aung San Suu Kyi fait jusqu'ici planer la menace d'un boycott.

«Nous ne pouvons pas dire pour l'heure si nous prendrons part ou pas au scrutin. Nous devons nous réunir pour en décider», a commenté Nyan Win, le porte-parole de la LND.

Lors des élections de mai 1990, la Ligue nationale pour la démocratie avait remporté plus de 80% des sièges, mais les militaires au pouvoir avaient refusé ce résultat.

En 2012, elle avait remporté triomphalement des législatives partielles, qui avaient marqué l'entrée symbolique de la LND au Parlement, Suu Kyi prenant la tête de l'opposition parlementaire.

Depuis, elle prend garde de ménager les militaires, qui continuent de dominer la scène politique.

Depuis plusieurs mois, des discussions sont menées entre les différentes forces se disputant le pouvoir, en amont des législatives.

Inquiétudes 

Mais, à désormais quatre mois tout juste du scrutin, les inquiétudes se multiplient, notamment sur la capacité d'organisation logistique de la Commission électorale.

«Des individus et des partis politiques ont émis des doutes sur les motivations et la capacité de la commission électorale après la révélations d'erreurs» importantes dans les listes électorales, écrivait mercredi le journal officiel Global New Light of Myanmar.

La LND mène depuis plusieurs semaines une campagne de porte-à-porte pour tenter de convaincre les électeurs birmans de vérifier qu'ils sont bien enregistrés.

La députée Aung San Suu Kyi elle-même a mis la main à la pâte, se livrant à des opérations de porte-à-porte dans sa circonscription de Kawhmu ou dans la capitale administrative, Naypyidaw, où elle réside jusqu'à la fin de la session parlementaire, qui devrait s'achever dans quelques jours.

Dans des interviews à la presse internationale, elle a pointé du doigt des marges d'erreurs «terribles», allant de 30 à 80% dans certains quartiers pilotes de Rangoun, la grande ville de Birmanie.

«Comment allons-nous corriger toutes ces listes à temps avant les élections? Et si la situation est si mauvaise à Rangoun, qu'est-ce que ce sera dans les régions frontalières?», s'est-elle émue en juin dans le Washington Post.

L'armée, qui a un quota réservé de 25% des sièges au Parlement, résiste aux changements auxquels l'opposante appelle de ses voeux, notamment de l'amendement constitutionnel l'empêchant de devenir présidente.

Aung San Suu Kyi a pointé du doigt récemment les risques de retour en arrière et le trop grand enthousiasme des Occidentaux quant aux réformes.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) affrontera le Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP), créé de toutes pièces par l'ex-junte, qui avec ses alliés domine le Parlement sortant.

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