Chine: les «traitements» contre l'homosexualité condamnés

La clinique psychiatrique Xinyu Piaoxiang, située dans la... (PHOTO NG HAN GUAN, AP)

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La clinique psychiatrique Xinyu Piaoxiang, située dans la mégalopole de Chongqing (sud-ouest), s'est vue condamnée à verser 3500 yuans (660 $) à Yang Teng (ci-dessus), le jeune homme homosexuel qui l'avait assignée en justice, a indiqué ce dernier à l'AFP.

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Agence France-Presse
PÉKIN

Pour la première fois en Chine, un tribunal pékinois a condamné vendredi une clinique pratiquant des traitements censés «soigner» l'homosexualité - un verdict inédit contre les «thérapies de conversion», très répandues dans un pays où les gais subissent de fortes discriminations.

La clinique psychiatrique Xinyu Piaoxiang, située dans la mégalopole de Chongqing (sud-ouest), s'est vue condamnée à verser 3500 yuans (660 $) à Yang Teng, le jeune homme homosexuel qui l'avait assignée en justice, a indiqué ce dernier à l'AFP.

L'établissement devra par ailleurs publier sur son site des excuses publiques à l'égard du plaignant.

Yang Teng avait expliqué avoir été traumatisé par des traitements de cette clinique, qui avait cherché à «corriger» son orientation sexuelle en lui administrant des électrochocs de façon répétée.

Le tribunal a finalement estimé qu'il n'était «pas nécessaire» d'avoir recours à des électrochocs, puisque «l'homosexualité ne nécessite aucun traitement médical», a rapporté M. Yang - confirmant le contenu du verdict, déjà partagé sur les réseaux sociaux.

Pour les militants chinois de la cause homosexuelle, la plainte de Yang et le procès pékinois, sans précédent, constituaient une étape hautement symbolique.

«Je vais montrer ce verdict à mes parents pour leur montrer ce que dit la justice chinoise, que l'homosexualité n'est pas une maladie mentale», s'est réjoui Yang Teng, aussi connu sous son surnom Xiao Zhen.

L'AFP a tenté sans succès de joindre vendredi la clinique condamnée.

Yang Teng, fort de sa victoire, a dit vouloir continuer de se battre pour les droits des homosexuels, afin que d'autres jeunes gais échappent au calvaire qu'il a connu.

Pékin a officiellement retiré l'homosexualité de sa liste des maladies mentales en 2001, mais les gais et lesbiennes chinois font encore l'objet d'une très forte pression familiale et sociale.

Ils sont souvent fortement incités par leurs proches à subir des traitements de «réorientation», et sont nombreux à se résigner au mariage pour répondre au désir de petits-enfants de leurs parents.

L'homosexualité n'est plus pénalisée en Chine depuis 1997, et au fil des ans, les «camarades» (surnom familier des homosexuels) sont devenus mieux acceptés, surtout au sein des populations jeunes et citadines.

Pour autant, les autorités continuent obstinément de refuser l'inscription des groupes de défense LGBT parmi les ONG reconnues.

En mai, un jeune homme de 19 ans, qui avait organisé une manifestation dans le Hunan (centre) pour la défense des droits des homosexuels, a été interpellé par la police.

Au printemps, un autre activiste dans la même province a attiré l'attention en attaquant en justice le gouvernement local pour avoir refusé sa demande d'établissement d'une association LGBT.

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