Quand le chef de la junte thaïlandaise caresse la tête d'un journaliste

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Dans un contexte de restriction des libertés publiques, notamment des médias, le général Prayut a récemment mis en garde les médias qui ne traiteraient pas l'information «de façon constructive».

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Agence France-Presse
BANGKOK

Le chef de la junte thaïlandaise, connu pour ses déclarations à l'emporte-pièce, a longuement caressé la tête et l'oreille d'un reporter, suscitant hilarité ou consternation sur les réseaux sociaux.

«C'est normal. C'est un geste très amical, une façon de montrer son affection», a commenté le colonel Werachon Sukondhapatipak, porte-parole de la junte, interrogé par l'AFP.

Immortalisée par des télévisions ou des reporters sur leurs téléphones, la scène, survenue cette semaine lors d'un voyage en province, a largement circulé, dans ce pays à la liberté de la presse restreinte.

La vidéo de cette scène surprenante a été partagée par des dizaines de milliers d'internautes.



Tout en caressant la tête du reporter, agenouillé devant lui pour laisser ses confrères des télévisions filmer ce point de presse improvisé, le général explique ne pas avoir peur des manifestations d'opposition.

«Quand je suis avec des reporters, je suis en sécurité. Personne ne peut me faire de mal, pas vrai?», dit-il, face à des journalistes gênés ou hilares.

Certains internautes y ont vu un geste semblable à celui qu'on a pour «cajoler un chien», d'autres s'interrogeant quant à l'effet sur l'image du général à l'international avec ce geste déplacé.

Dans la culture thaïe, la tête est la partie la plus sacrée du corps et il est impensable de poser sa main sur la tête d'un inconnu en public.

«Mais si les gens se connaissent, c'est un signe d'affection. Parfois, les parents ou les adultes peuvent le faire pour bénir» les enfants, décrypte Jitra Dudsdeemaytha, professeur de psychologie à l'Université Srinakharinwirot de Bangkok.

Dans un contexte de restriction des libertés publiques, notamment des médias, le général Prayut a récemment mis en garde les médias qui ne traiteraient pas l'information «de façon constructive».

Il avait suscité en septembre la consternation après des propos sur la sécurité des touristes en bikinis, après le meurtre d'une jeune Britannique sur une plage du royaume.

«Peuvent-elles être en sécurité en bikini (...) à moins de ne pas être jolies?», avait-il plaisanté, avant de devoir présenter ses excuses face au tollé.

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