La Constitution birmane barrant la voie de la présidence à Suu Kyi inchangée

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Suu Kyi, 69 ans, mène une campagne depuis des années pour changer cette Constitution, allant jusqu'à organiser une grande pétition ayant réuni des millions de signatures à travers la Birmanie pour demander son amendement.

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Hla-Hla HTAY
Agence France-Presse
Rangoun

Le président du Parlement de Birmanie a exclu mardi tout changement avant les législatives de 2015 de la Constitution qui barre la voie de la présidence à la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.

Il est «impossible de changer» la Constitution dans les temps, a déclaré Shwe Mann devant la presse.

Un référendum sur la question sera bien organisé en mai 2015, mais les changements éventuels entreront en vigueur après les législatives, a-t-il insisté.

Cette annonce très attendue douche les espoirs de la prix Nobel de devenir présidente en cas de victoire de son parti aux législatives.

Elle intervient quelques jours après une visite de Barack Obama en Birmanie. Le président américain avait appelé vendredi à Rangoun, au côté de l'opposante, à des élections «libres et équitables».

Suu Kyi avait eu devant lui des mots très forts contre la Constitution «injuste et antidémocratique».

Aung San Suu Kyi fait campagne pour la levée de la clause 59f de la Constitution, qui dit que quiconque a épousé un étranger ou a des enfants de nationalité étrangère ne peut briguer la présidence.

Elle a en effet épousé un Britannique et ses enfants sont britanniques. L'article en question de la Constitution, héritée de la junte militaire, est considéré par certains comme ayant été taillé sur mesure pour faire barrage à la prix Nobel de la paix.

Suu Kyi, 69 ans, mène une campagne depuis des années pour changer cette Constitution, allant jusqu'à organiser une grande pétition ayant réuni des millions de signatures à travers la Birmanie pour demander son amendement.

Un espoir était né après l'organisation fin octobre d'un sommet politique inédit avec toutes les forces politiques, dont Aung San Suu Kyi, qui s'était conclu sur la promesse d'un examen prochain par le Parlement d'une révision de la Constitution.

Mais les signaux défavorables s'étaient multipliés, émanant notamment des militaires.

- Opposition des militaires -

Dernier exemple en date: la prise de position lundi par l'armée birmane, puissante composante parlementaire, contre ce changement.

«J'aimerais que vous vous souveniez tous que la Constitution n'est pas écrite pour une personne, mais pour l'avenir de chacun», a ainsi déclaré lundi le colonel Htay Naing, député militaire influent, lors d'une session parlementaire retransmise mardi à la télévision.

Ce serait «inquiétant si les enfants du président de notre pays étaient étrangers», a-t-il insisté.

Les militaires, qui se voient réserver 25% des sièges, ont de facto un droit de veto sur tout changement de la Constitution, qui requiert l'approbation d'au moins 75% des députés.

Le président Obama avait appelé lors de sa visite en Birmanie la semaine dernière son homologue birman, l'ex-général Thein Sein, à ne pas abandonner les réformes démocratiques engagées en 2011 après des décennies d'isolement sous la junte militaire.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Suu Kyi n'était pas joignable mardi soir pour un commentaire.

La LND a de bonnes chances de remporter les législatives de fin 2015, mais va devoir s'adapter à ce changement de donne politique, étant désormais privée de la perspective de l'accession de sa figure de proue à la présidence.

Quelques jours avant l'arrivée du président américain, la célèbre opposante confinée des années en résidence surveillée avait décoché une rare pique à l'encontre des États-Unis, jugeant qu'ils faisaient preuve d'un optimisme excessif sur le processus de réformes en cours.

«Le processus n'est pas achevé», avait déclaré Barack Obama à l'issue de sa rencontre avec Thein Sein, citant les règles encadrant les élections.

Avec cette défaite face à des institutions encore largement dominées par les militaires, Suu Kyi se retrouve face aux limites d'une démocratie naissante.

Les instances de pouvoir restent néanmoins dominées par des anciennes figures du régime militaire, dont le président réformateur Thein Sein.

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