ONU: une enquête sur les crimes nord-coréens réclamée

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Même si la Corée du Nord menée par Kim Jong-un a affirmé qu'elle voulait coopérer avec l'Union européenne et l'ONU, la situation des droits de l'homme dans le pays fait naître «de très sérieuses inquiétudes», selon une diplomate italienne.

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Agence France-Presse
NATIONS UNIES

Le Japon et l'Union européenne, faisant fi des menaces de représailles adressées par Pyongyang, ont présenté jeudi à l'ONU un projet de résolution appelant à l'ouverture d'une enquête sur les crimes contre l'humanité commis par la Corée du Nord.

Le texte a été soumis à un comité de l'Assemblée générale malgré les pressions de la Corée du Nord. Celle-ci souhaitait voir retirés certains passages clés, dont un qui appelle le Conseil de sécurité à dénoncer Pyongyang auprès de la Cour pénale internationale.

«Nous ne pouvons pas ignorer les souffrances du peuple en Corée du Nord», a dit la diplomate italienne Emilia Gatto au comité alors qu'elle présentait le projet de résolution au nom de l'UE et du Japon.

Même si la Corée du Nord a affirmé qu'elle voulait coopérer avec l'Union européenne et l'ONU, la situation des droits de l'homme dans le pays fait naître «de très sérieuses inquiétudes», a-t-elle ajouté.

«Nous regrettons qu'il n'y ait eu aucune amélioration substantielle sur le terrain», a encore souligné Mme Gatto.

Le projet de résolution est appuyé par 48 pays. Le texte condamne les violations des droits de l'homme dans le pays et appelle à une enquête pénale sur la base des éléments mis au jour par un rapport des Nations unies publié en février.

Ce document incendiaire avait dénoncé des abus et des violations des droits de l'homme systématiques dans des camps de détention en Corée du Nord, évoquant tortures, viols, meurtres et esclavage.

En réponse à ce projet de résolution, le diplomate nord-coréen Kim Song a regretté devant le comité que l'UE et le Japon aient choisi «la voie de la confrontation». Il a aussi prévenu que toute coopération dans le domaine des droits de l'homme serait «perdue pour de bon» si la résolution venait à être adoptée.

Le comité doit voter d'ici la fin du mois sur ce projet, qui sera ensuite présenté à l'Assemblée générale en décembre. Si la résolution est adoptée, cela entraînerait le lancement d'une enquête pour crimes de guerre et l'opportunité de poursuivre les responsables des atrocités, souvent ordonnées au plus haut niveau de l'État, comme l'avait noté le rapport publié en février.

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