Japon: le ministre de l'Industrie reconnaît posséder des actions de Tepco

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Le nouveau ministre japonais de l'Industrie, Yoichi Miyazawa

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Agence France-Presse
TOKYO

Le nouveau ministre japonais de l'Industrie, Yoichi Miyazawa, a reconnu posséder 600 actions de la compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco), gérante de la centrale en péril de Fukushima, un dossier que contrôle justement le très puissant Meti (ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie).

«Honnêtement, je pensais qu'il était de mon devoir d'homme politique de posséder des actions de Tepco», pour être mieux informé des efforts entrepris pour gérer la situation dans le complexe atomique accidenté, a-t-il déclaré à la presse.

Et le même d'assurer que le fait qu'il soit actionnaire «ne va pas affecter sa façon de décider».

«J'ai reçu un rapport selon lequel M. Miyazawa possédait 600 actions de Tepco pour une valeur de 200 000 yens» (environ 2075 $CAN), a confirmé vendredi le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors de son point de presse matinal.

«Cela ne pose pas le moindre problème», s'est-il empressé de préciser aux journalistes qui soulevaient la question d'un possible conflit d'intérêt.

«M. Miyazawa a déjà lancé les procédures pour confier ces titres à un gérant comme le prévoient les règles pour les ministres», a ajouté M. Suga.

Même si le Meti n'est plus le ministère de tutelle de l'agence de régulation du secteur nucléaire (devenue Autorité de régulation indépendante après l'accident de Fukushima), c'est lui qui supervise les suites de cette catastrophe et qui pousse pour que redémarrent les réacteurs des autres centrales qui seront jugés sûrs par le régulateur.

Or, il est dans l'intérêt financier des actionnaires de Tepco que le groupe puisse relancer au plus vite une partie de ses tranches nucléaires de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (nord-ouest), afin de réduire sa facture d'hydrocarbures nécessaires pour faire tourner les centrales thermiques.

M. Miyazawa est par ailleurs mandaté par le premier ministre Shinzo Abe pour accélérer la remise en service de réacteurs. Il prévoit d'effectuer une visite auprès des riverains de la centrale Sendai (sud-ouest, île de Kyushu), site exploité par la compagnie régionale Kyushu Electric Power qui pourrait être réactivé, alors que les 48 réacteurs du Japon (hormis les 6 condamnés de Fukushima Daiichi) sont actuellement tous éteints.

«Le redémarrage programmé semble gagner le consentement des communautés locales», a estimé M. Miyazawa.

Ce dernier a néanmoins aussi dit à l'agence de presse Jiji que le Japon se dirigeait vers une réduction de sa dépendance à l'énergie nucléaire par rapport au niveau pré-Fukushima, soit moins de 30% de l'électricité produite.

M. Miyazawa s'est exprimé jeudi devant les caméras, au surlendemain de sa nomination, alors que les médias avaient révélé que le comité de gestion de ses fonds politiques a rapporté une dépense de 18 230 yens (189$) le 6 septembre 2010 dans un bar sado-maso de Hiroshima (sa circonscription), où des filles se font ligoter avec des cordes par des clients.

«Je l'ai appris dans la presse, et c'est exact», a confessé M. Miyazawa, mais il a immédiatement assuré qu'il n'avait pas mis les pieds dans cet établissement.

Si la somme mentionnée peut paraître dérisoire, le dégât politique, lui, est potentiellement gros alors que deux ministres (celle de l'Industrie, Yuko Obuchi, et celle de la Justice, Midori Matsushima) ont dû démissionner lundi pour des histoires d'argent mal dépensé, moins de deux mois après leur entrée dans le nouveau gouvernement du conservateur Shinzo Abe.

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