Après de nouveaux heurts, Hong Kong propose de rouvrir le dialogue

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Hong Kong a connu une nouvelle nuit de violences entre la police et les manifestants prodémocratie.

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Katy Lee
Agence France-Presse
HONG KONG

Après trois nuits de heurts, les autorités de Hong Kong ont proposé samedi de rouvrir mardi les négociations avec les étudiants, qui organisent depuis près de trois semaines des manifestations de masse paralysant une partie de l'activité de l'ancienne colonie britannique.

Dans la nuit de vendredi à samedi, Hong Kong a connu une nouvelle nuit de violences entre la police et les manifestants prodémocratie qui sont parvenus au petit matin à réoccuper un site dégagé la veille par les autorités.

Les affrontements ont commencé vendredi à 20 heures locales, quand les manifestants ont tenté de reprendre une voie principale du quartier densément peuplé de Mongkok, qu'ils avaient occupée pendant près de trois semaines.

Les manifestants ont déployé des parapluies et forcé le cordon de police, les policiers répliquant à l'aide de matraques et de gaz au poivre.

«La police n'a plus le contrôle de la situation. Ils ont perdu la tête», a lancé un manifestant, Peter Yuen, les yeux protégés par des lunettes de natation. «Nous sommes venus ici pacifiquement, pour manifester pacifiquement pour notre avenir.»

Les forces de l'ordre, qui avaient rendu la voie à la circulation 24 heures plus tôt, ont reculé au lever du soleil, sous les vivats de la foule.

Des protestataires se sont alors précipités pour remonter des barricades, tandis que des milliers d'autres -- jusqu'à 9000 manifestants étaient à Mongkok au milieu de la nuit -- s'asseyaient pour bloquer la voie.

La police a annoncé l'arrestation de 26 personnes et signalé que 15 de ses agents avaient été blessés.

Mongkok avait déjà été le théâtre de violences, notamment lorsque les manifestants s'étaient heurtés début octobre à des centaines d'habitants exaspérés auxquels s'étaient mêlés des militants pro-Pékin et des hommes de main de la mafia chinoise.

Cette nouvelle nuit de heurts a apparemment poussé le gouvernement local à proposer une reprise du dialogue avec les étudiants, fers de lance de la contestation qui secoue la Région administrative spéciale sous tutelle de Pékin.

Pas de réponse des étudiants

Les blocages de grands carrefours dans plusieurs quartiers, en place depuis le 28 septembre, ont fortement perturbé l'activité à Hong Kong et la vie des plus de sept millions d'habitants de ce territoire semi-autonome à l'extrême sud de la Chine, qui connaît sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

«Maintenant nous avons prévu que cela aura lieu l'après-midi de mardi, le 21 octobre», a déclaré samedi à la presse Carrie Lam, adjoint du chef de l'exécutif hongkongais Leung Chun-Ying, au sujet d'un dialogue avec les étudiants.

Leung Chun-Ying avait créé la surprise jeudi en annonçant une prochaine reprise des discussions avec la Fédération des étudiants de Hong Kong (HKFS), une semaine après s'être retiré des négociations.

«Nous avons fait savoir aux étudiants que nous aimerions entamer un dialogue sur le suffrage universel le plus rapidement possible, et si possible durant la semaine à venir», avait-il dit jeudi.

Carrie Lam a précisé que les discussions se concentreraient sur la réforme constitutionnelle.

Les étudiants n'avaient pas encore réagi samedi soir à la proposition de réouverture d'un dialogue.

La police s'est employée cette semaine à démanteler les barricades sur les trois sites occupés par les manifestants: à Admiralty, près du siège du pouvoir, à Causeway Bay, quartier commerçant prisé des Chinois du continent, et à Mongkok.

Dans un communiqué publié vendredi peu avant le début des violences à Mongkok, la HKFS avait exigé que les discussions commencent d'ici à mercredi. Non sans prévenir que le démantèlement du campement de Mongkok avait «détérioré les bases du dialogue».

Les étudiants ne se font guère d'illusions sur leurs chances d'obtenir satisfaction sur leurs principales revendications: la démission de Leung Chun-ying et l'instauration d'un véritable suffrage universel.

Si la Chine a accepté le principe du suffrage universel pour l'élection du prochain chef de l'exécutif en 2017, elle entend garder la haute main sur le processus électoral et conserver le contrôle des candidatures, à travers un comité avec droit de veto.

Pékin ne va pas changer d'avis, a prévenu «C.Y» comme est surnommé à Hong Kong le chef du gouvernement local.

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