Les États-Unis, «un enfer sur terre» selon Pyongyang

Le dirigeant Kim Jong-un pose avec des officiers... (PHOTO ARCHIVES REUTERS/KCNA)

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Le dirigeant Kim Jong-un pose avec des officiers de haut rang de l'armée nord-coréenne, à Pyongyang, le 17 avril.

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Isabelle Hachey

C'est un État tyrannique, gangréné par le crime, la pauvreté et le racisme. Un «enfer sur terre», menacé par la famine, et dirigé par un président qui «s'abandonne au luxe presque tous les jours, gaspillant des centaines de millions de dollars dans ses voyages à l'étranger au mépris de la vie misérable de son peuple».

Non, il ne s'agit pas d'une lointaine république bananière, mais bien des... États-Unis d'Amérique, selon une récente «analyse» de Korean Central News Agency (KCNA), la très officielle agence de presse de la Corée du Nord.

Très sévèrement critiqué en février dans un rapport d'enquête des Nations unies, le régime de Pyongyang contre-attaque en comparant les États-Unis à «un enfer sur terre, où les droits élémentaires à l'existence sont impitoyablement violés».

L'agence souligne que les prisons débordent au pays de Barack Obama. D'ailleurs, de riches investisseurs construisent de plus en plus de centres de détention privés pour faire des profits aux dépens des détenus, toujours plus nombreux.

Le faible contrôle des armes contribue à accroître le nombre de «crimes meurtriers», souligne encore KCNA; le prix exorbitant des maisons pousse les gens à la rue; le nombre de pauvres a augmenté de 46,5 millions l'an dernier; à New York, environ 20% des enfants sont «au bord de la famine».

Les torts de Washington

Pures fabulations? Pas entièrement, se désole Matt Ford, du magazine américain The Atlantic. Évoquer une famine est sans doute une «hyperbole», mais il reste qu'un enfant new-yorkais sur cinq ne mange pas toujours à sa faim. «Les péchés de Pyongyang ne font pas de Washington un saint», écrit M. Ford.

Il est «troublant» que le régime nord-coréen n'ait pas eu à trafiquer les chiffres pour construire sa rhétorique antiaméricaine, écrit pour sa part Nina Strochlic, du Daily Beast.

Les Américains peuvent se consoler: eux, au moins, peuvent se plaindre de l'état de leur nation sans craindre de se retrouver dans un camp de travail, souligne M. Ford. Les Nord-Coréens n'ont pas ce luxe.

La Commission d'enquête des Nations unies a documenté des «crimes contre l'humanité multiples et continus» dans ce pays fermé, coupé du reste du monde. Elle a d'ailleurs réclamé l'intervention urgente de la communauté internationale pour mettre un terme à ces «atrocités innommables».

Ces crimes impliquent des exterminations, meurtres, esclavage, tortures, emprisonnements, viols, avortements forcés, persécutions, transfert forcé de populations, disparitions et actes inhumains causant une famine prolongée, selon la Commission, qui a interrogé 320 témoins et victimes de la dictature.

«La gravité, l'échelle et la nature de ces violations mettent en évidence un État qui n'a aucun parallèle dans le monde contemporain», selon la Commission.

Pas même les États-Unis.

ILS ONT DIT

« Le gouvernement américain surveille tous les mouvements de ses citoyens et des étrangers, avec des caméras, de l'écoute électronique et même des drones, sous prétexte de sécurité nationale. »

- Analyse de l'état des droits de la personne aux États-Unis par l'agence de presse officielle de la Corée du Nord

« La surveillance étatique s'immisce dans la sphère privée et quasiment aucune expression critique du système politique ne passe inaperçue ou ne reste impunie. »

- Rapport de la Commission d'enquête des Nations unies sur la Corée du Nord

« [Les détenus] sont censés n'être jamais remis en liberté [...] Ils sont censés mourir au camp sous l'effet des travaux forcés. Et nous étions entraînés à croire que ces détenus étaient des ennemis. Donc, nous ne les considérions pas comme des êtres humains. »

- Un ancien gardien dans un camp de travail forcé en Corée du Nord, cité dans le rapport d'enquête de l'ONU

« Nous faisions cuire des serpents et des souris pour nourrir ces bébés et si un jour nous pouvions obtenir une souris, c'était un menu spécial pour nous. Nous étions obligés de manger tout ce qui était vivant, n'importe quelle viande que nous pouvions trouver ; tout ce qui volait, tout ce qui rampait sur le sol. »

- Un ancien prisonnier nord-coréen, cité dans le rapport de l'ONU




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