Pakistan: 36 morts dans une série d'attentats

Les attentats de Karachi et Rawalpindi visaient la... (PHOTO FAROOQ NAEEM, AFP)

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Les attentats de Karachi et Rawalpindi visaient la minorité musulmane chiite, qui s'apprête à célébrer le deuil de l'Achoura. Ci-dessus, les funérailles de l'une des victimes sont célébrées à Rawalpindi, le 22 novembre.

PHOTO FAROOQ NAEEM, AFP

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Agence France-Presse
Islamabad

Les talibans pakistanais ont revendiqué jeudi la majorité des attentats ayant fait au moins 36 morts et des dizaines de blessés depuis mercredi à travers le Pakistan qui accueille un sommet réunissant huit nations musulmanes émergentes.

 

 

Ces talibans, qui ont fait allégeance à Al-Qaïda, sont les principaux responsables d'une campagne extrêmement meurtrière d'attentats qui a fait plus de 5200 morts dans tout le pays depuis l'été 2007. Ils visent principalement les symboles de l'autorité de l'État, mais les chiites sont également fréquemment leurs cibles.

Mercredi, une série de bombes ont explosé, dont une visant une procession de la minorité musulmane chiite, qui a fait 23 morts et 62 blessés à Rawalpindi, ville jumelle d'Islamabad qui accueille jeudi un sommet du D-8 (Développement 8) réunissant notamment le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

«Le kamikaze a fait exploser sa bombe quand des responsables de la sécurité étaient en train de le contrôler» dans la procession de chiites qui se rendaient dans une mosquée d'un quartier populaire, a déclaré le chef de la police municipale Azhar Hameed Khokhar, ajoutant : «Nous craignions un attentat et nous étions en alerte maximale».

Il s'agissait de l'attentat le plus meurtrier depuis juin au Pakistan et du plus sanglant depuis février contre la minorité chiite qui représente moins de 20 % de la population de ce pays musulman de 180 millions d'habitants miné par la montée en puissance du fondamentalisme religieux.

Des attaques ont aussi eu lieu mercredi à Quetta, capitale de la province instable du Baloutchistan (sud-ouest), en proie à un conflit lié à une insurrection locale, ainsi qu'à Bannu et Shangla, dans le nord-ouest, près de la frontière afghane, et à Karachi, la mégapole du sud du pays.

«Nous revendiquons la responsabilité» de toutes ces attaques hormis celle de Quetta, a déclaré à l'AFP Ehsanullah Ehsan, porte-parole du Tehreek-e-Taliban Pakistan, Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), organisation fondée en 2007 en lutte contre le pouvoir pakistanais.

Les attentats de Karachi et Rawalpindi visaient la minorité musulmane chiite, qui s'apprête à célébrer le deuil de l'Achoura, le plus important jour de leur calendrier, alors que les autres ciblaient les forces de l'ordre.

«Nous avons perpétré les attaques à Karachi et Rawalpindi, car la communauté chiite insulte le prophète Mahomet», a ajouté ce responsable du TTP, groupe qui avait aussi revendiqué la tentative d'assassinat, en octobre, de la jeune militante pour le droit à l'éducation des filles Malala Yousafzai.

Une autre attaque jeudi matin en banlieue de Peshawar, grande ville du Nord-Ouest, près de la frontière afghane, a fait un mort, ce qui porte à 36 le nombre de décès dans ces violences au cours des 24 dernières heures.

Ces attentats sont intervenus au moment où le Pakistan accueille le sommet du D-8, pour «Développement 8», un forum visant à renforcer la coopération économique entre huit grands pays musulmans (Indonésie, Malaisie, Bangladesh, Pakistan, Iran, Turquie, Égypte et Nigeria) qui regroupent près d'un milliard d'habitants.

Le but officiel du sommet d'Islamabad est de renforcer les liens commerciaux entre ces pays musulmans à l'économie émergente, mais les échanges devraient être consacrés à la confrontation armée entre Israël et le Hamas palestinien qui a coûté la vie à 155 Palestiniens et cinq Israéliens en huit jours, selon des responsables et des analystes.

Israël et le Hamas ont annoncé mercredi soir l'entrée en vigueur d'un accord de cessez-le-feu arraché après des efforts diplomatiques tous azimuts notamment de l'Égypte et des États-Unis.

Le président égyptien Mohamed Morsi était attendu à Islamabad pour le D-8 et devait prendre la parole vendredi devant le Parlement pakistanais, mais sa visite a été annulée afin de suivre la situation à Gaza, ont indiqué les autorités égyptiennes.

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