Une Montréalaise ministre du gouvernement tibétain en exil

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Dicki Chhoyang n'était qu'une enfant lorsqu'elle a trouvé... (Photo : Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Dicki Chhoyang n'était qu'une enfant lorsqu'elle a trouvé refuge à Montréal avec sa famille. Femme de carrière accomplie, elle a accepté l'an dernier de devenir ministre des Affaires étrangères du gouvernement tibétain en exil.

Photo : Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Laura-Julie Perreault
La Presse

Montréalaise d'origine tibétaine, Dicki Chhoyang a l'habitude des défis. Des grands défis. Elle parle français, anglais, mandarin, tibétain et est titulaire de deux maîtrises.

Arrivée au Québec enfant avec ses parents réfugiés, élevée dans la région de Montréal, elle est retournée à l'âge adulte vivre pendant près de 10 ans en Chine et au Tibet oriental. Elle a aussi été parmi les premiers à imaginer le nouveau CHUM, qui sort actuellement de terre.

La Montréalaise est néanmoins restée sans voix quand le téléphone a sonné l'an dernier. Au bout du fil, un professeur de Harvard, Lobsang Sangay. Expert en droit, l'universitaire venait tout juste d'être élu kalon tripa de l'administration centrale tibétaine. En d'autres mots, premier ministre du gouvernement tibétain en exil.

La raison de son appel? Il voulait confier à Dicki Chhoyang, 44 ans, qui venait elle aussi d'être élue à titre de députée du Parlement en exil, le poste de kalon (ministre) de l'Information et des Affaires étrangères.

«Ça m'a complètement prise au dépourvu, se rappelle celle qui a été plébiscitée par la diaspora tibétaine nord-américaine. D'autant plus que le dalaï-lama venait d'annoncer qu'il se retirait de la vie politique. Ça méritait une sérieuse réflexion», raconte aujourd'hui Dicki Chhoyang en mangeant un curry aux pommes de terre dans un restaurant tibétain du square Saint-Louis, Shambala.

Si elle était restée députée, Dicki Chhoyang aurait pu occuper ses fonctions de Montréal. Elle aurait dû se rendre à Dharamsala, en Inde, deux fois par année pour les sessions du Parlement tibétain en exil. Mais en acceptant le poste de kalon, elle consentait à déménager dans la ville himalayenne qu'habite aussi le dalaï-lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains, depuis son exil du Tibet en 1959.

«J'avais un bon travail et une vie confortable ici, mais je me suis dit que je n'avais pas passé 10 ans à accumuler des connaissances en Chine et au Tibet pour vivre dans un condo à Verdun et me promener sur la piste cyclable», dit la nouvelle ministre, à moitié sérieuse. Elle a fait le saut en novembre dernier.

Une équipe d'une quinzaine d'ambassadeurs, campés aux quatre coins du monde, travaille sous ses ordres. Elle a aussi une cinquantaine d'employés sous sa direction. Ils sont notamment responsables d'alimenter le site web de l'administration centrale tibétaine en chinois, en anglais et en tibétain. «Le travail de l'administration centrale est de protéger les intérêts des Tibétains à l'intérieur du Tibet, mais aussi dans la diaspora», expose-t-elle. Près de 6 millions de Tibétains vivent sous l'occupation chinoise. Près de 100 000 autres sont en exil, dont 80 000 en Inde. «C'est une tâche énorme. Notre adversaire [la Chine] a des moyens infinis», souligne Mme Chhoyang, en rappelant que les Tibétains se battent pour obtenir un statut d'autonomie au sein de la Chine et non pas pour la séparation.

Longtemps sous la direction du dalaï-lama qui assumait à la fois les rôles de chef religieux et politique, l'Administration centrale tibétaine apprend depuis quelques mois à voler de ses propres ailes. «Nous sommes vraiment laissés à nous-mêmes», affirme Mme Chhoyang.

Le leader spirituel joue néanmoins toujours un rôle de premier plan sur la scène internationale. C'est pour sa visite au Canada la semaine dernière que Mme Chhoyang a fait son premier retour au Canada depuis qu'elle est entrée en fonction. «Mais il ne se mêle plus de politique. Il dit que son nouveau patron, c'est le kalon tripa.» Et un peu Dicki Chhoyang.

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