Brésil: Lula se dit victime d'une «farce judiciaire», perd ses privilèges

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva salue... (PHOTO NELSON ANTOINE, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

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L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva salue des partisans rassemblés à Sao Bernardo do Campo, le 5 avril.

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Agence France-Presse
Paris

Lula a stigmatisé jeudi la «farce judiciaire» dont il s'estime victime après son incarcération pour corruption, une accusation qui a été rejetée par Brasilia tandis qu'un juge révoquait les privilèges dont il jouit en tant qu'ancien président.

Dans une tribune publiée par le quotidien français Le Monde, Luiz Inacio Lula da Silva a également exigé une élection présidentielle «démocratique» en octobre au Brésil, avec «toutes les forces politiques», dont lui-même, toujours favori dans les intentions de vote malgré son incarcération.

«En tant que président, j'ai défendu, par tous les moyens, la lutte contre la corruption et je n'accepte pas qu'on m'impute ce type de crime par le biais d'une farce judiciaire», écrit Lula.

La figure de proue de la gauche a été condamnée à 12 ans et un mois de prison pour corruption et incarcérée depuis début avril, ce qui l'empêchera probablement de se représenter à la présidentielle.

Ces élections «ne seront démocratiques que si toutes les forces politiques peuvent y participer de façon libre et juste», juge-t-il, présentant sa candidature comme «une proposition pour que le Brésil retrouve le chemin de l'inclusion sociale, du dialogue démocratique, de la souveraineté nationale et de la croissance économique pour la construction d'un pays plus juste et solidaire».

Brasilia a répondu à Lula jeudi, par la voix d'Eliseu Padilha, ministre de la Maison civile et équivalent d'un chef de gouvernement, lors d'une audioconférence avec des médias étrangers.

«Le dossier de l'ex-président Lula est traité par le pouvoir judiciaire. Au Brésil, nous respectons la séparation des pouvoirs, et nous n'allons pas remettre en question une décision du pouvoir judiciaire», a dit ce proche du président Michel Temer.

Lula «a eu une procédure formelle, où le droit à la contradiction et le droit de la défense ont été respectés», a insisté M. Padilha.

«Nous ne reconnaissons à aucun autre État le droit de remettre en cause une décision de la justice brésilienne», a-t-il déclaré, en référence à l'appel lancé par l'ex-président français François Hollande et cinq ex-chefs de gouvernements européens de gauche en faveur d'une participation de Lula à l'élection. Brasila avait déjà réagi très sèchement la veille.

«Le chemin de la démocratie»

Dans sa tribune qui sonne comme un discours de campagne, Lula poursuit : «Je suis candidat (...) parce que je sais que je peux faire en sorte que le pays reprenne le chemin de la démocratie et du développement pour notre peuple».

«Je suis candidat pour rendre aux pauvres et aux exclus leur dignité, pour garantir leurs droits et leur donner l'espoir d'une vie meilleure».

«Au cours des huit années durant lesquelles j'ai gouverné ce pays (2003-2010), nous avons sorti de l'extrême misère 36 millions de personnes. Notre pays a connu un prestige international exceptionnel», affirme-t-il.

Aujourd'hui, «après le coup d'État parlementaire, qui a ouvert la voie à un programme néolibéral», le taux de chômage atteint 13,1 %, contre 4,7 % en décembre 2014. «La pauvreté a augmenté, la faim vient rôder et les portes des universités se ferment à nouveau pour les enfants de la classe ouvrière. Les investissements pour la recherche s'effondrent» et le Brésil «est devenu un paria de la politique étrangère».

«J'ai tenu ma promesse afin que tous les Brésiliens aient droit à trois repas par jour et ne connaissent pas la faim que j'ai connue enfant. Je n'ai pas soumis mon pays et ses richesses naturelles aux intérêts étrangers», affirme Lula.

Jeudi également, un juge de Sao Paulo a temporairement révoqué une série de privilèges dont jouissait Lula en tant qu'ex-chef de l'État: véhicules, chauffeurs, gardes du corps et assistants notamment.

Le juge Haroldo Nader a expliqué que la sécurité de Lula était bien supérieure dans sa cellule de Curitiba (sud) que s'il était en liberté et que par conséquent il n'avait plus besoin d'être protégé.

«Il est totalement inutile de disposer de deux véhicules avec chauffeur quand votre liberté de mouvement est restreinte», a ajouté le juge, en toute logique.




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