Venezuela: une élection présidentielle anticipée avant la fin avril

Le président Nicolas Maduro.... (Photo archives REUTERS)

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Maria Isabel Sanchez
Agence France-Presse
Caracas

Le pouvoir vénézuélien, englué dans une grave crise économique, a convoqué mardi une élection présidentielle anticipée à laquelle le chef de l'État Nicolas Maduro va se représenter afin de profiter d'une dynamique électorale favorable et des divisions de l'opposition.

«Avant le 30 avril, doit se dérouler une élection présidentielle au Venezuela», annonce le décret proposé par le numéro deux du régime Diosdado Cabello et adopté à l'unanimité par l'Assemblée constituante acquise à Nicolas Maduro.

Jusqu'à présent, la présidentielle était officiellement prévue pour fin 2018, mais certains experts estimaient déjà que sa date pourrait être avancée par le camp présidentiel.

«Pour le gouvernement, c'est tout à fait logique d'avancer le scrutin, d'abord parce qu'il fait face à un début d'année très compliqué économiquement, ensuite car il profite de ce moment de grande désorganisation de l'opposition», juge l'analyste Benigno Alarcon.

Dans la foulée, le président vénézuélien s'est dit prêt à se lancer dans la course à la présidentielle.

«Je suis un humble travailleur, un humble homme du peuple. Si le Parti socialiste uni du Venezuela (...) croit que je doive être le candidat à la présidentielle du camp révolutionnaire (...) je suis à disposition», a déclaré M. Maduro à la presse avant de participer à un rassemblement public à Caracas.

L'annonce de la présidentielle anticipée intervient sur fond de délicates négociations en cours avec les adversaires du pouvoir pour tenter de résoudre la crise politico-économique au Venezuela, secoué d'avril à juillet par une vague de manifestations antigouvernementales au cours desquelles 125 personnes ont été tuées.

Cette décision survient aussi au lendemain des sanctions adoptées par l'Union européenne contre de hauts dirigeants vénézuéliens, dont Diosdado Cabello.

C'est justement cette raison qui est mise en avant par le numéro deux du chavisme (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013).

«Campagne de haine»

«Si le monde veut nous infliger des sanctions, nous allons organiser des élections (...) Des pouvoirs impériaux et sans légitimité ont déclenché une campagne systématique de haine contre le Venezuela», a ajouté M. Cabello à la tribune de l'hémicycle, tandis que des centaines de membres de la Constituante scandaient «Nicolas !», «Nicolas !».

Cette instance aux prérogatives élargies est chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Elle s'est attribué la plupart des compétences du Parlement.

«Nous allons vaincre unis», a ajouté M. Cabello, faisant allusion à la coalition de l'opposition de la Table de l'unité démocratique (MUD), plus divisée que jamais sur la stratégie a adopter face au gouvernement, entre négociations et manifestations.

La MUD s'est engagée fin décembre à également présenter un candidat unique.

Henry Ramos Allup, un des dirigeants de cette opposition qui a essuyé défaite sur défaite aux régionales et aux municipales, a assuré mardi que l'opposition était «en mesure de choisir un candidat via des primaires en quatre à cinq semaines».

Autre décision prise par la Constituante toute puissante: les trois principales formations de la coalition opposée à M. Maduro devront, pour participer à la présidentielle, se réinscrire auprès des autorités électorales pour avoir boycotté les municipales du 10 décembre.

C'est ce même Conseil national électoral (CNE) - accusé par l'opposition de servir le gouvernement - qui doit fixer la date de la présidentielle, a expliqué M. Cabello.

Avec une pénurie généralisée, allant des aliments aux médicaments, en passant par les matières premières, et une hausse des prix attendue à 2 350 % en 2018, selon le FMI, le Venezuela est secoué par une crise économique hors de contrôle.

Dans un pays dont les revenus sont assurés à hauteur de 96 % par le seul pétrole et très dépendant des importations, la baisse des cours et de la production a conduit le gouvernement, qui attribue l'hyperinflation à une «guerre économique» livrée par la droite et les États-Unis pour faire chuter le président, à fortement limiter les achats à l'extérieur.

Le Venezuela éprouve en outre de graves difficultés à rembourser dans les temps sa dette souveraine évaluée à 150 milliards de dollars.




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