Le Venezuela assure être «bon payeur»

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«Le Venezuela se trouve paradoxalement au bord d'un précipice financier, quand bien même il dispose des ressources (pétrolières) pour mener un changement d'orientation économique qui lui permettrait de mettre sur pied un plan de redressement», affirme l'économiste vénézuélien Orlando Ochoa.

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Maria Isabel SANCHEZ
Agence France-Presse
CARACAS

Le Venezuela s'est défendu mardi comme un «bon payeur», après avoir été déclaré en défaut partiel sur sa dette tout comme son joyau pétrolier PDVSA, celui-ci obtenant néanmoins un léger répit face à ses créanciers internationaux.

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Le président Nicolas Maduro avait convoqué les créanciers après avoir annoncé sa volonté de restructurer sa dette extérieure, estimée à 150 milliards de dollars, car il ne dispose plus que de 9,7 milliards de réserves et doit rembourser au moins 1,47 milliard d'ici la fin de l'année, puis 8 milliards en 2018.

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«Nous sommes de bons payeurs malgré ce que disent les agences de notation, le département du Trésor (américain), l'Union européenne et Donald Trump», a déclaré le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez.

«On s'en fout, nous allons payer d'un commun accord avec les détenteurs de bons», a-t-il ajouté, augurant d'un succès des négociations engagées avec les créanciers sur une restructuration de la dette.

Dimanche soir, le président socialiste Nicolas Maduro avait affirmé avec virulence que «jamais» le pays sud-américain ne se déclarerait en défaut de paiement.

Mais coup sur coup lundi et mardi, les agences de notation S&P Global Ratings puis Fitch ont décidé de placer le Venezuela en défaut partiel, constatant que son gouvernement n'avait pas réussi à payer, à l'issue du délai de grâce de 30 jours, des échéances sur sa dette extérieure.

Fitch a également pris une décision similaire envers le fleuron de l'industrie vénézuélienne, le groupe pétrolier public PDVSA, critiqué pour avoir tardé jusqu'à une semaine pour régler deux échéances d'un montant total de deux milliards.

Jorge Rodriguez a toutefois nié tout problème de règlement, assurant que les versements étaient en cours.

PDVSA a toutefois obtenu un court répit: l'association internationale des produits dérivés (ISDA), réunie à New York, a renoncé à trancher dans l'immédiat la question d'un défaut de paiement de 1,161 milliard le concernant, en attendant d'«obtenir des informations claires sur le calendrier des paiements effectués».

Ce comité spécialisé composé de 15 sociétés financières se réunira de nouveau jeudi à New York à 13 h «pour poursuivre les discussions».

Redoutée depuis des semaines, l'annonce de défaut partiel du pays ravive les inquiétudes sur les capacités de Caracas à continuer de rembourser sa dette extérieure d'environ 150 milliards de dollars.

Elle pourrait précéder un défaut général, en d'autres termes une incapacité totale de payer ses dettes, alors que la population souffre déjà de graves pénuries d'aliments et de médicaments, faute d'argent pour les importer.

Pression internationale

Pour empêcher cette issue, le président Maduro avait convoqué lundi à Caracas les créanciers internationaux afin de renégocier ses conditions d'emprunt. La réunion, d'à peine 25 minutes, s'est achevée sans accord même si les parties prévoient une prochaine rencontre. Cela n'a pas empêché les autorités vénézuéliennes de la qualifier de «succès retentissant».

Le Venezuela, ruiné notamment par la chute des cours de l'or noir, ne dispose plus que de 9,7 milliards de réserves et doit rembourser au moins 1,47 milliard d'ici fin 2017, puis 8 milliards en 2018.

«Il est très probable que nous considérions toute restructuration de la dette vénézuélienne comme un échange imposé aux créanciers assimilable à un défaut, compte tenu des fortes contraintes pesant sur la liquidité extérieure», a souligné S&P.

S&P comme Fitch s'inquiètent aussi des sanctions du gouvernement américain, qui interdit à ses citoyens et banques d'accepter tout accord des autorités vénézuéliennes, ce qui devrait compliquer et allonger les discussions avec les créanciers. Selon Caracas, 70% d'entre eux sont Nord-américains (États-Unis et Canada).

Le pays, autrefois le plus riche d'Amérique latine, risque de se retrouver coupé des marchés, tout comme PDVSA, et de devoir affronter des poursuites et la saisie d'actifs et de filiales à l'étranger.

Il est déjà sous pression de la communauté internationale, qui dénonce la radicalisation du président Maduro. Lundi, l'Union européenne lui a infligé des sanctions, dont un embargo sur les livraisons d'armes.

«L'annonce de la restructuration a généré plus d'incertitudes que de certitudes sur les marchés et la réunion plus de questions de que réponses, donc le Venezuela se rapproche d'un défaut de paiement formel», explique à l'AFP l'analyste Diego Moya-Ocampos, du cabinet britannique IHS.

Le taux de rendement sur la dette vénézuélienne à 10 ans a atteint mardi 50,39%, traduisant une hausse des craintes sur la solvabilité du pays. Il avait culminé à 54,08% le 7 novembre, avant de redescendre à 42,54% le 13 novembre.

Nicolas Maduro assure, lui, négocier avec la Russie et la Chine, deux alliés auxquels le Venezuela doit respectivement 8 et 28 milliards de dollars.

Caracas et Moscou sont sur le point de parapher un accord pour restructurer trois milliards de créances vénézuéliennes, selon des sources proches concordantes. Une signature est prévue mercredi, a indiqué à l'AFP une source proche du gouvernement russe.




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