Trafic de drogue: le principal gang de Colombie prêt à se rendre

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Un membre de la police antinarcotique colombienne mène la garde après la saisie d'une grande quantité cocaïne en août dernier.

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Agence France-Presse
BOGOTA

Le principal gang de trafiquants de drogue de Colombie, le Clan del Golfo, dirigé par un ex-paramilitaire recherché par les États-Unis, est prêt à se rendre et à se soumettre à la justice, a annoncé mardi le président Juan Manuel Santos.

Dimanche, «nous avons reçu de la part du chef du Clan del Golfo l'expression de sa volonté (...) de se soumettre à la justice avec tous ses hommes», a déclaré le chef de l'État colombien dans un discours depuis le palais présidentiel Casa de Nariño, à Bogota.

M. Santos a ajouté que le ministre de la Justice, Enrique Gil, et le procureur général, Nestor Martinez, étudieraient la proposition de cette organisation criminelle afin de «prendre les mesures adéquates».

«Il s'agirait d'une reddition à la justice, pas d'une négociation politique», a souligné le président colombien.

Dans un communiqué, le procureur a précisé que «la reddition collective d'organisations criminelles» n'est pas prévue dans la législation colombienne, mais une fois qu'une procédure judiciaire sera définie, le Clan del Golfo devra livrer la totalité de son patrimoine illégal, les plantations de cultures illicites pour l'élaboration des drogues et indiquer les routes de ses trafics.

Le Clan del Golfo a été formé par d'ex-paramilitaires des milices d'extrême droite armées, notamment par de grands propriétaires terriens, pour combattre les guérillas de gauche durant le conflit armé qui déchire la Colombie depuis plus d'un demi-siècle.

La majorité de ces milices se sont démobilisées en 2006 sous le gouvernement de l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010). Mais plusieurs de leurs chefs et de leurs hommes se sont ensuite organisés en gangs dédiés au trafic de drogue et de minerais.

Le Clan del Golfe a compté jusqu'à 4000 hommes, mais suite à une vaste offensive lancée par le gouvernement de M. Santos, il compterait aujourd'hui environ 1800 hommes, selon le ministère de la Défense.

Jeudi dernier, le chef de l'État avait annoncé la mort de Roberto Vargas Gutierrez alias «Gavilan», adjoint du chef du gang Dairo Antonio Usuga alias «Otoniel», lors d'une opération dans le nord-ouest du pays.

Depuis juin, les forces de l'ordre ont amplifié leurs actions pour interpeller Otoniel, 45 ans, ex-guérillero et ex-paramilitaire qui contrôle la zone bananière d'Uruba, frontalière du Panama, et pour l'arrestation duquel les États-Unis offrent une récompense de cinq millions de dollars.

Le département d'État américain décrit ce narcotrafiquant comme le leader d'une organisation «fortement armée et extrêmement violente», qui «use de la violence et de l'intimidation» pour contrôler le trafic de drogue.

Connu auparavant sous les noms de Clan Usuga ou Los Urabeños, ce gang contrôle jusqu'à 45% du trafic de drogue vers les États-Unis, via les ports du Pacifique colombien d'où des hors-bords partent vers l'Amérique centrale et le Mexique, selon l'analyste Ariel Avila, de la Fondation Paix et Réconciliation.

Le Clan del Golfo est un «cartel qui détient une importante puissance militaire, qui réussit à contrôler une grande partie des routes du trafic de drogue et de la production de cocaïne», a déclaré cet expert à l'AFP.

La Colombie est le premier producteur de feuilles de coca, composant de base de la cocaïne, avec 146 000 hectares de plantations, et le premier producteur de cette drogue avec 886 tonnes en 2016, selon l'ONU.




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