Enquête au Mexique après l'explosion meurtrière de feux d'artifice

Des enquêteurs et médecins légistes arpentaient dans la... (PHOTO AP)

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Des enquêteurs et médecins légistes arpentaient dans la matinée les décombres calcinés de ce vaste marché de quatre hectares, où seules émergeaient des structures métalliques ou de briques des étals.

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Jennifer GONZALEZ COVARRUBIAS, Sylvain ESTIBAL
Agence France-Presse
Tultepec et Mexico

Les autorités mexicaines devaient poursuivre jeudi leur enquête pour tenter d'expliquer la spectaculaire explosion survenue mardi sur le plus grand marché de feux d'artifice du pays, à Tultepec, près de Mexico, qui a fait 33 morts dont beaucoup restaient encore à identifier.

Plusieurs centaines de militaires et policiers interdisaient toujours l'accès au lieu de la tragédie mercredi en fin de journée, malgré les protestations de certaines familles cherchant des nouvelles de proches disparus.

«Ils étaient venus acheter des feux d'artifice pour leur commerce. C'est la première fois qu'ils venaient ici», racontait en larmes Concepcion Hernandez, sans nouvelles de sa mère de 65 ans et de son frère de 29 ans, qu'elle a appelés de nombreuses fois sur leur portable, sans succès. «Nous ne savons rien!» déplorait-elle.

Une autre famille était à la recherche de deux enfants disparus, dont la mère et la grand-mère ont été tuées dans l'explosion.

Le secrétaire du gouvernement de l'État de Mexico, José Manzur, a annoncé mercredi soir que le bilan était passé à 33 morts, après un nouveau décès dans la journée, et 59 blessés dont 40 restent hospitalisés. Le pronostic vital est toujours engagé pour cinq d'entre elles.

Seuls 14 corps ont pour l'heure pu être identifiés, a indiqué M. Manzur, précisant que ce travail d'identification grâce aux prélèvements ADN pourrait prendre des jours, voire des semaines.

Huit mineurs font partie des victimes et trois enfants ont été grièvement brûlés dont l'un a été transféré en fin de journée vers les États-Unis pour être soigné dans un hôpital spécialisé.

Des enquêteurs et médecins légistes ont arpenté durant toute la journée les décombres calcinés de ce vaste marché de quatre hectares, où seules émergeaient des structures métalliques ou de briques des étals.

Le pape François a exprimé ses condoléances aux victimes dans une lettre adressée à l'Église catholique mexicaine.

Le président mexicain Enrique Peña Nieto a quant à lui observé une minute de silence à l'occasion d'une visite prévue de longue date à l'hôpital San Pablo del Monte à Tlaxcala. 

Une «bombe» 

L'origine de l'explosion reste pour l'heure inconnue: des témoins assurent que c'est le départ d'une fusée sur l'un des étals qui a provoqué la réaction en chaîne mortelle.

«Nous n'avons pas pu vérifier cette piste, la personne travaillant sur l'étal en question étant malheureusement décédée», ont indiqué les autorités judiciaires.

D'autres riverains ont indiqué à l'AFP qu'une «bombe», produit pyrotechnique de la taille d'une balle de tennis qui illumine le ciel de cercles de couleurs, serait à l'origine de l'accident.

La déflagration s'est produite vers 14h50 sur ce marché spécialisé dans les produits pyrotechniques qui accueille de nombreux visiteurs à l'approche des fêtes de fin d'année.

«Rendez-nous visite! Nous sommes ouverts tous les jours. Toutes les mesures de sécurité sont garanties», pouvait-on lire au lendemain du drame sur un panneau en plastique visible à l'entrée du marché dévasté.

L'explosion a été «affreuse». «J'ai cru qu'on allait tous mourir», raconte dans son atelier de fabrication de feux d'artifice Luis Hernandez, 26 ans, dont 12 années passées à travailler aux abords de ce marché.

«Les gens couraient, les enfants criaient, il y avait beaucoup de gens brûlés qui déambulaient sans savoir quoi faire et on ne savait pas quoi faire non plus car nous avions peur que les explosions reprennent», ajoute-t-il.

«Inévitable» 

«Ce sont des choses qu'on ne peut éviter. Les feux d'artifice présentent un risque, c'est inévitable. Si une fusée commence à exploser, elle entraîne les autres. Les mesures de sécurité ne servent à rien», souligne aux abords du site, fataliste, Roberto Cortez, un maçon de 48 ans.

«J'ai pensé que ma maison s'était effondrée», raconte pour sa part Artemio Aguilar, qui vit pourtant à un kilomètre de distance du lieu de l'explosion. Il ramasse des restes de feux d'artifice qui ont atterri dans sa rue et provoqué l'incendie partiel d'une maison voisine.

Les images diffusées sur les réseaux sociaux après la déflagration montrent une impressionnante série d'explosions multicolores, accompagnée d'un important dégagement de fumée.

En septembre 2005, ce même marché avait déjà été totalement détruit par un incendie provoqué par l'explosion de feux d'artifice à l'occasion de la fête nationale d'indépendance. L'année suivante, un autre incendie avait détruit plus de 200 stands, sans faire de victimes.

En avril 2016, l'explosion en Inde d'un entrepôt de feux d'artifice avait déclenché un énorme incendie et fait 111 morts.




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