Le cortège funèbre de Fidel Castro entame son voyage à travers Cuba

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Après deux jours d'hommages sur la place de la Révolution, les cendres contenues dans un coffre de cèdre, enveloppé d'un drapeau cubain et protégées sous une boîte de verre, ont été placées sur une remorque militaire pour refaire en sens inverse le trajet effectué par le « Comandante » au moment de la victoire de sa guérilla en 1959.

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Alexandre GROSBOIS
Agence France-Presse
La Havane

Posée sur une remorque à l'arrière d'une jeep, l'urne funéraire de Fidel Castro a entamé mercredi un périple de quatre jours à travers Cuba, sous les vivats de centaines de milliers de personnes saluant une dernière fois leur «Comandante».

Massés au bord des routes le long de cordons de sécurité, des centaines de milliers de Cubains lancent des «Viva Fidel!» en agitant des drapeaux au passage du cortège de sept véhicules, qui doit traverser 13 des 15 provinces de l'île pour rejoindre le berceau de la révolution, Santiago de Cuba (est), où les restes de l'ex-président décédé à 90 ans seront enterrés dimanche.

Après deux jours d'hommages sur la place de la Révolution à La Havane, les cendres contenues dans un coffre de cèdre, enveloppé d'un drapeau cubain et protégé sous une boîte de verre, vont effectuer en sens inverse le trajet parcouru par Fidel Castro au moment de la victoire de sa guérilla en 1959.

À Cienfuegos, à 230 km au sud-est de La Havane, des milliers d'inconditionnels de Fidel ont salué le convoi en agitant des drapeaux à son passage en fin d'après-midi sur le Malecon, le boulevard qui longe la baie de cette ville de la côte sud de l'île.

«Nous avons beaucoup pleuré depuis que nous avons appris la nouvelle. Cela serre le coeur de voir les cendres. J'ai pleuré pour moi et pour mes parents qui aussi étaient révolutionnaires», a confié parmi eux Orieta Cantero.

Le convoi s'était ébranlé dans la matinée au ministère des Forces armées à La Havane en présence de membres du gouvernement, de dignitaires du Parti communiste et de la veuve de Fidel Castro, Dalia Soto del Valle. A bord du véhicule tirant la remorque figurent les quatre plus hauts gradés de Cuba, dont le ministre des Forces armées, le général Leopoldo Cintra Frias.

«Je viens d'une famille pauvre, je suis noire, à une autre époque je n'aurais pas eu l'opportunité d'être ce que je suis», assurait, très émue, Maria Gonzalez, ingénieure informatique de 31 ans, postée sur un point de passage à la Havane. En larmes, Esperanza Pares, 86 ans, se disait quant à elle «très émue de dire adieu à une personne d'une telle valeur».

«C'est émouvant de dire adieu à quelqu'un qui a tant compté, mais qui a vécu assez longtemps pour faire ce qu'il voulait», sanglotait aussi Esperanza Pares, 86 ans.

À la rencontre du «Che»

Après Cienfuegos, le convoi doit faire étape pour la nuit à Santa Clara, dans le centre du pays, où reposent dans un mausolée les restes d'un célèbre compagnon de lutte de Fidel Castro, l'Argentin Ernesto «Che» Guevara, décédé en 1967.

Le «Che» avait emporté dans cette ville située à 270 km à l'est de La Havane la plus célèbre bataille de la Révolution. Les restes du guérilléro y avaient été rapatriés en 1997 de Bolivie, où le Che avait été tué en tentant d'exporter une révolution marxiste.

Au terme de près de 1.000 km de périple, les restes de Fidel Castro seront enterrés dimanche au cimetière de Santa Ifigenia de Santiago, à côté du mausolée de José Marti, héros de l'indépendance de Cuba. Ces funérailles scelleront la fin du deuil national, décrété pour neuf jours après son décès annoncé vendredi soir par son frère et successeur à la présidence Raul Castro.

Ce trajet suit en sens inverse celui de la «Caravane de la liberté», qui du 2 au 8 janvier 1959 avait mené Fidel Castro à la rencontre des Cubains, dans la foulée de la fuite à l'étranger du dictateur Fulgencio Batista, acculé à La Havane par les troupes castristes, alors que le père de la révolution prenait le contrôle de Santiago de Cuba.

Le «barbudo» de 32 ans avait alors prêché son projet révolutionnaire dans les principales régions du pays. Jeudi et vendredi, le convoi doit poursuivre sa route vers l'Est et successivement passer par Sancti Spiritus, Camagüey, Las Tunas, Holguin, située près de son village natal de Biran, puis Bayamo et Santiago de Cuba samedi.

Critiqué par l'ONU et par les dissidents pour son piètre bilan en matière de droits civiques et de droits de l'Homme, Fidel Castro reste vénéré par beaucoup de Cubains, qui ont subi un véritable choc à l'annonce de son décès.

Pendant le deuil, les dissidents préfèrent se faire discrets, notamment par crainte de représailles. Mais ils prévoient de reprendre ensuite leur lutte contre le régime castriste, désormais incarné par le petit frère de Fidel, Raul, 85 ans.

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