La Colombie va signer un accord révisé avec les FARC

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Un homme participe à une manifestation demandant la mise en oeuvre immédiate de l'accord entre le gouvernement colombien et les FARC, vendredi dernier, sur la place Bolivar, à Bogota.

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Florence PANOUSSIAN
Agence France-Presse
BOGOTA

La Colombie entend avancer jeudi sur le chemin de la paix en signant un accord renégocié avec la guérilla des FARC, après le rejet du précédent par référendum, texte qui sera cette fois ratifié par le Parlement, n'en déplaise à l'opposition.

Estimant qu'«il n'y a pas de temps à perdre» parce que le cessez-le-feu est «fragile», le président Juan Manuel Santos signera cet accord à Bogota avec le chef des FARC, Rodrigo Londono, plus connu sous ses noms de guerre «Timoleon Jimenez» ou «Timochenko». Puis il le soumettra au Congrès, où il dispose de la majorité, afin de clore le chapitre sanglant de plus de 52 ans de conflit armé.

Le texte, revu avec la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et conclu le 12 novembre, moins de deux mois après le rejet du précédent, sera présenté aux parlementaires dans la foulée de la signature prévue à 11h00 au théâtre Colon. Sa ratification sera débattue la semaine prochaine, avant que le Congrès légifère sur sa mise en application.

Mais l'opposition, qui a farouchement fait campagne contre la première mouture de l'accord, en brandissant le spectre d'un futur régime castro-chaviste inspiré de Cuba et du Venezuela, proteste contre cette procédure. 

L'opposition dénonce «un coup»  

Le Centre démocratique, parti de droite d'Alvaro Uribe, ex-président (2006-2010) et actuel sénateur, a qualifié la ratification au Congrès de «coup contre la démocratie», estimant qu'elle «ne tient pas compte du triomphe du «non»» lors du référendum du 2 octobre.

Faute d'explications suffisantes du contenu des 297 pages du texte face à la mobilisation des uribistes, le scrutin avait été marqué par une abstention record de plus de 62% et le «non» l'avait en fait emporté d'à peine plus de 50 000 voix d'avance.

«La voie légitime et qui convient le mieux pour ratifier ce nouvel accord passe par le Congrès de la République» qui «bénéficie non seulement de la légitimité du vote populaire, mais représente aussi chacun des départements et des régions du pays», a argué M. Santos.

Pour l'analyste Ariel Avila, «il n'y a pas de problème». «La ratification populaire n'est pas obligatoire» et le «Congrès est l'organe habilité en Colombie pour approuver (...) les accords avec la rébellion», a précisé à l'AFP cet analyste de la Fondation paix et réconciliation.

L'accord révisé ne sera notamment plus inscrit dans la Constitution, mais seulement protégé par un article transitoire valide pendant 12 ans. Les FARC ont aussi accepté de communiquer l'inventaire de leurs biens pour dédommager les victimes du conflit.

Mais les opposants contestent toujours la future entrée en politique de guérilleros démobilisés, point resté inchangé, et réclament plus de modifications, M. Uribe estimant que le texte ne prend pas en compte la «douleur» des anciens otages des FARC et du recrutement d'enfants-soldats.

Un débat «ouvert» 

Le président du Sénat, Mauricio Lizcano, a précisé qu'après sa présentation jeudi aux parlementaires, l'accord sera débattu à partir de mardi en public et que les partisans du «non» étaient invités à assister aux discussions.

«Nous terminerons par une proposition qui approuve ou non les accords», a-t-il déclaré à Radio Caracol, espérant qu'«un ou deux jours puissent suffire (...) pour un débat ouvert, tranquille».

«Ils passent au dessus de nos têtes, comme si notre opinion ne valait rien», a cependant déclaré à l'AFP Angie Suarez, 21 ans, conseiller commercial, alors que pour Manuel Duran, 40 ans, vendeur ambulant, «il vaut mieux que ça passe au Congrès» parce qu'un nouveau référendum «diviserait le pays».

Alors que rien ne l'y obligeait, M. Santos avait convoqué le référendum afin que l'accord, issu de près de quatre ans de négociations, bénéficie ainsi d'un appui populaire plus large. Les sondages donnaient alors le «oui» largement gagnant.

Déterminé à parvenir à «une paix complète», le chef de l'État tente par ailleurs d'engager aussi des pourparlers avec l'Armée de libération nationale (ELN), dernière rébellion encore active, mais qui refuse de relâcher préalablement ses otages.

M. Santos, qui a reçu le prix Nobel de la paix, entend mettre fin à une guerre qui, depuis les années 60, a impliqué une trentaine de guérillas de gauche, des paramilitaires d'extrême droite et l'armée, faisant plus de 260 000 morts, plus de 60 000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

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