En attendant que l'aide arrive en Haïti

Des travailleurs humanitaires préparent l'aide qui doit être... (photo Enzo De Luca, REUTERS)

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Des travailleurs humanitaires préparent l'aide qui doit être acheminée vers Haïti, à Santa Cruz, en Bolivie, le 11 octobre.

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Marc BURLEIGH
Agence France-Presse
ZORANGÉ

Des toits en tôle ondulée flambant neufs qui brillent sous le soleil des Caraïbes et l'apparition au loin des premières équipes humanitaires, qui dévalent des routes enfin dégagées, symbolisent l'aide que le sud d'Haïti attendait désespérément, une semaine après les dévastations de l'ouragan Matthew.

Dans la commune des Cayes, chef-lieu du département du Sud, ainsi que sur la route principale qui mène vers l'ouest, de nouveaux toits couleur argentés reluisent sur la plupart des maisons. Un contraste saisissant avec les précédents jours, lorsque les salons donnaient directement sur le ciel haïtien.

Les prix des plaques de tôles ont flambé de moitié, passant de 4 $ à 6 $, mais le soleil de plomb, les pluies tropicales et les moustiques ont rendu l'investissement quasi vital. Sans parler des risques d'épidémies générés par les ravages de l'ouragan, qui a déferlé sur Haïti mardi dernier et qui a fait au moins 473 morts (certains évoquent plus de 1000 morts) et plus de 175 000 sinistrés.

Le réseau téléphonique fonctionnait presque normalement mardi.

Mais pour le reste, l'on commençait tout juste à s'attaquer aux destructions dans les villages proches de l'eau, où les touristes profitaient autrefois des plages de galets blancs.

Les arbres brisés et les maisons déchirées par des vents à 230 km/h constituent le paysage apocalyptique du sud d'Haïti.

Bousculades

Une équipe de Casques bleus brésiliens était à pied d'oeuvre mardi avec des pelleteuses pour déblayer les routes.

« Notre mission est de dégager la voie pour permettre aux convois humanitaires de passer », a expliqué l'un d'eux à l'AFP.

Mais pour l'instant, les groupes chrétiens américains représentent la principale source d'aide.

L'un d'eux, le Samaritan Purse, distribuait des boîtes de produits hygiéniques - savon, shampoing, papier toilette - ainsi que des seaux contenant des pastilles de chlore pour rendre l'eau potable.

Des Haïtiens en manque de tout se sont bousculés et en sont parfois venus aux mains pendant les distributions, certains repartant bredouilles, malgré la présence policière pour maintenir l'ordre.

« Nous essayons juste d'aider les personnes qui sont le plus dans le besoin », a assuré un membre du groupe qui a refusé de décliner son identité.

Certes, a-t-il reconnu, des questions de sécurité se posent, mais « au moins l'aide attendue arrive jusque là ».

« C'est bon, parce qu'on n'avait rien du tout avant », s'est de son côté réjoui Jean Absolem, un jeune homme de 23 ans reparti avec un carton.

Plusieurs agences onusiennes, dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Programme alimentaire mondial (PAM) se préparent à distribuer leurs réserves bien plus importantes à compter de mercredi.

L'OMS va envoyer un million de doses de vaccin contre le choléra à Haïti pour tenter d'endiguer une recrudescence des cas dans la foulée de l'ouragan. Le PAM, quant à lui, devait commencer à distribuer mercredi plusieurs tonnes de produits alimentaires acheminés mardi aux Cayes, où se sont rassemblés de nombreux groupes d'aide humanitaire.

Noix de coco

Mais une semaine après que Matthew a balayé le pays des Caraïbes, de nombreuses zones reculées restent livrées à elles-mêmes.

« Nous n'avons vu personne », déplore Jean Nelson, 68 ans, habitant des Gotreaux, à une demi-heure des Cayes. « Les gens ont faim. Pourquoi personne n'est-il venu pour aider ? »

La semaine écoulée, les noix de coco récupérées sur les arbres tombés ont permis de nourrir les villageois, bien souvent trop pauvres pour s'acheter des sacs de riz, dont le prix a doublé. La nourriture et l'eau potable se font rares quand la pénurie n'est pas complète.

À Ti Riviere, petite localité coincée entre Groteaux et Les Cayes, un groupe de jeunes missionnaires américains et canadiens assurent que leurs vivres seront bientôt écoulés.

« J'espère que l'on pourra avoir de l'aide ici parce que les gens en ont besoin », affirme l'une d'elles, Lexi Oudman. « Et bientôt, nous allons rencontrer beaucoup de personnes désespérées ».

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