Brésil: polémique après des manifestations violemment réprimées

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Un manifestant est interpellé par la police à Sao Paulo, dimanche dernier.

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Agence France-Presse
Sao Paulo

La violente répression policière aux manifestations de Brésiliens soutenant la présidente destituée de gauche Dilma Rousseff suscitait mardi l'inquiétude et une vive polémique sur les réseaux sociaux.

Juste après la destitution de Mme Rousseff par le Sénat le 31 août, la région centrale de Sao Paulo s'était transformée en champ de bataille. Les policiers avaient usé de gaz lacrymogènes, les manifestants répliquant à jets de pierres et cocktails Molotov. Parmi les sept blessés, une étudiante de 19 ans, Deborah Fabri, a eu l'oeil gauche crevé.

L'ONG brésilienne «Association des Juges pour la démocratie» a dénoncé «la grave situation de répression à la liberté de manifester», demandant au parquet fédéral «de contrôler l'action policière».

Mardi soir, le parquet fédéral a indiqué aux gouverneurs de Rio de Janeiro et Sao Paulo «qu'il enquêterait sur les dénonciations» d'abus présumés commis par les polices de ces deux Etats au cours des derniers jours.

Un responsable de la police militaire, Henrique Motta, a affirmé mardi sur Facebook que la jeune fille avait cherché ce qui lui est arrivé, incendiant les réseaux sociaux. «Celui qui plante des radis, cueille des radis», disait textuellement le message du colonel.

Le site G1 de Globo a réagi en titrant «Un colonel ironise sur la jeune qui a eu l'oeil crevé», suivi par d'autres quotidiens.

Dimanche, plusieurs manifestations dans le pays contre le nouveau président conservateur Michel Temer, la principale d'entre elles à Sao Paulo avec 100 000 personnes selon les organisateurs - la police ne fournissant pas de chiffres - se sont également terminées en échauffourées entre policiers et un groupe d'anarchistes («black blocs»).

Seize de ces manifestants, qui dénonçaient un «coup d'État» contre Rousseff et réclamaient de nouvelles élections, ont été arrêtés et inculpés pour «association de malfaiteurs», avant d'être relâchés par la justice qui ne voyait aucune raison à leur détention.

«Nous vivons des jours tristes pour notre démocratie», a déclaré le juge Rodrigo Tellini qui a décidé de relâcher les jeunes, cité par la presse.

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