Viol collectif à Rio: deux des six suspects arrêtés

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Les mandats d'arrêt et de perquisition concernent notamment Rai de Souza, qui a reconnu être l'auteur de la vidéo.

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Agence France-Presse
Rio de Janeiro

Deux suspects du viol collectif au Brésil d'une adolescente de 16 ans dans une favela ont été arrêtés lundi dans le cadre d'une opération policère tandis que quatre autres étaient toujours en fuite.

Ce viol survenu le 21 mai, filmé et posté sur internet, avait choqué le Brésil.

«Il y a eu viol et ce que je veux prouver c'est la gravité du crime et le nombre de participants», a déclaré à la presse Cristiana Bento, responsable du service des victimes mineures et adolescentes, précisant que tous étaient considérés comme «fugitifs».

Mme Bento a remplacé dimanche le commissaire de police Alessandro Thiers à la demande de l'avocate de la victime qui lui reprochait d'être «misogyne» et «machiste».

«Nous enquêtons pour savoir si elle était consentante, si elle était droguée et si les faits se sont réellement passés», avait déclaré notamment vendredi ce commissaire qui, selon l'avocate, avait demandé à l'adolescente pendant l'interrogatoire «si elle avait l'habitude de participer à des orgies».

«Il y a suffisamment d'indices pour demander la prison préventive» pour ces suspects, a souligné Mme Bento, pour qui les images de la vidéo ne laissent aucun doute.

Les mandats d'arrêt et de perquisition concernent notamment Lucas Perdomo Duarte Santos, 20 ans, joueur de soccer prometteur qui serait le petit ami de la victime, et Rai de Souza, 22 ans, qui a reconnu être l'auteur de la vidéo, ainsi qu'un chef du trafic de drogue de la favela située dans la zone ouest de Rio dénommé «O Russia».

En fin de journée, seuls Rai de Souza, s'étant présenté de lui même à la police, et le footballeur Duarte Santos, arrêté dans un restaurant, étaient sous les verrous.

La diffusion sur Twitter de la vidéo montrant la jeune fille allongée sur un lit, manifestement inconsciente, et où un homme expose ses parties intimes en sang, tandis que d'autres assurent que «plus de trente» d'entre eux l'avaient violée, a choqué le Brésil.

D'après la commissaire Bento, l'adolescente n'a dénoncé l'agression «qu'après la diffusion de la vidéo».

«Les trafiquants entrent dans les maisons et violent les adolescentes. Ils n'admettent pas que les autres le fassent mais eux le font. Les jeunes filles ne parlent pas par peur du trafiquant. Cette adolescente a peur et cela ne facilite pas l'enquête», a-t-elle souligné.

Après l'agression, l'adolescente avait disparu quelques jours avant de réapparaître au sein de sa famille. Elle a été hospitalisée alors pour recevoir des traitements préventifs contre les maladies sexuellement transmissibles.

«Cinq jours après les faits, il est difficile de trouver des preuves. Après 72 heures, les spermatozoïdes sont détruits» et comme la victime «n'est pas vierge et a déjà eu un enfant l'examen médical ne peut déterminer si une ou dix personnes ont participé», a expliqué Adriane Rego, experte de l'Institut Médico Légal (IML), lors de la conférence de presse.

Mais «le fait de ne pas trouver de preuves ne signifie pas qu'il n'y a pas eu crime», a-t-elle souligné.

De nombreuses manifestations ont eu lieu depuis vendredi dans plusieurs villes du Brésil pour dénoncer le crime et les violences faites aux femmes.

«Ceux qui ont commis ce crime atroce seront trouvés, emprisonnés et condamnés», a promis le ministre de la Justice, Alexandre de Moraes.

Samedi et dimanche, 70 gendarmes avaient déjà mené une opération dans la favela de Sao José Operario où le crime se serait produit.

Un suspect a été arrêté samedi et interrogé avant d'être relâché faute de preuves, comme deux autres jeunes la veille.

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