Les Péruviens élisent leur président

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Un soldat vérifie une station de vote à Lima.

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Ana FERNANDEZ, Roland LLOYD PARRY
Agence France-Presse
Lima

Les Péruviens votaient dimanche pour le premier tour de l'élection présidentielle, Keiko Fujimori étant la grande favorite malgré le passé controversé de son père, dans un climat perturbé par des attaques meurtrières de l'ex-guérilla maoïste.

Dans ce pays andin où le vote est obligatoire, 23 millions d'électeurs devraient se rendre aux urnes d'ici 16h00 (17h00 HE), les premiers résultats étant attendus dans la nuit de dimanche à lundi.

Jetant une ombre menaçante sur le scrutin, deux attaques samedi attribuées par les autorités à des forces résiduelles du Sentier lumineux maoïste ont fait quatre morts, trois soldats et un civil, et sept blessés, dans le centre du pays.

«Le terrorisme et ceux qui s'allient à lui n'ont aucune place dans notre société et notre famille», a immédiatement réagi le président péruvien Ollanta Humala (qui ne se représente pas), condamnant des «actes de démence».

Favorite de l'élection avec son ambitieux plan sécuritaire, Keiko Fujimori (Fuerza Popular, droite) a commencé la journée en cuisinant, devant les caméras de télévision, des saucisses pour le petit-déjeuner familial, avant d'afficher un grand sourire au moment de déposer son bulletin dans l'urne, dans le quartier cossu de Surco (sud de Lima).

Son père Alberto Fujimori, président du Pérou de 1990 à 2000, est salué par une partie de la population comme l'homme ayant combattu avec succès le Sentier lumineux. Mais il purge désormais une peine de 25 ans de prison pour avoir commandité deux massacres perpétrés par un escadron de la mort en 1991-1992, dans le cadre de la lutte contre cette guérilla.

Le bilan de l'ex-mandataire de 77 ans, également reconnu coupable de corruption, continue de diviser les Péruviens et son ombre plane sur la trajectoire de sa fille de 40 ans, créditée de 31,5 à 35,4% des intentions de vote.

À la fois avantagée et desservie par son patronyme, «Keiko», comme on l'appelle dans le pays, ne devrait pas dépasser la barre des 50%, et aura donc à affronter un second tour le 5 juin.

«Vous ne pouvez pas juger quelqu'un sur ce que son père a fait», a défendu Angela Rios, étudiante de 18 ans venue voter dans une école de la capitale péruvienne, sous un ciel nuageux.

«Son parti est le mieux organisé», a-t-elle ajouté, se disant persuadée que Mme Fujimori «renforcera l'économie et améliorera l'éducation».

Campagne atypique

«Nous voulons plus de sécurité», a confié, dans le même bureau de vote, Wilfredo Peña, agent de maintenance de 55 ans qui soutient l'économiste de droite Pedro Pablo Kuczynski.

«Nous voulons un changement: la sécurité pour les citoyens et la sécurité de l'emploi», a-t-il glissé.

Avec 14,8 à 17,3% des intentions de vote, M. Kuczynski, ex-premier ministre et ancien banquier de Wall Street de 77 ans, est au coude-à-coude pour la deuxième place avec la jeune parlementaire de gauche Veronika Mendoza (13,8 à 16,8%), psychologue de 35 ans qui a fortement progressé dans les sondages ces dernières semaines.

La campagne, atypique, a été marquée par l'application d'une nouvelle loi interdisant, sous peine d'exclusion, la distribution d'argent ou de cadeaux.

Des 19 candidats inscrits au départ, neuf ont déjà été mis hors jeu ou ont renoncé. L'un d'eux, Gregorio Santos, se présente même depuis la prison, où il a été arrêté sur des soupçons de corruption.

La législation permet de disqualifier des candidats jusqu'au jour même du vote, suscitant les critiques de juristes et du secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), Luis Almagro, qui a dit redouter «une élection semi-démocratique».

Celui ou celle qui prendra les rênes du pays à partir du 28 juillet devra faire face à de nombreux défis.

Un des champions de la croissance en Amérique latine grâce à sa richesse en ressources naturelles (minerais), le pays connaît un net ralentissement économique, avec une prévision de croissance pour 2016 de 3%, et souffre d'une pauvreté endémique.

Mais «l'exaspération ne vient pas tant de l'économie, mais plutôt de la politique, à cause de la corruption», explique à l'AFP Luis Benavente, directeur de l'institut de sondages Vox Populi. Et «nous sommes arrivés à un tel niveau de débâcle, de chaos, que le pays doit réagir».

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