Présidentielle en Argentine: le candidat de Mme Kirchner en tête

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Alexandre PEYRILLE
Agence France-Presse
BUENOS AIRES

Le candidat de centre gauche Daniel Scioli est le mieux placé dans la course à la présidentielle en Argentine, mais les résultats officiels tardent à déterminer s'il y aura ballottage ou victoire dès le 1er tour.

Sans donner de scores, les enquêtes effectuées à la sortie des bureaux de vote et diffusées par cinq chaînes de télévision coïncident sur le tiercé de tête : Daniel Scioli devant le maire conservateur de Buenos Aires Mauricio Macri. Le député Sergio Massa, dissident kirchnériste, arrive en troisième position.

Plus de quatre heures après la fermeture des bureaux de vote, aucun chiffre officiel n'a été annoncé et la communication des premiers résultats officiels partiels était attendue avant minuit.

Daniel Scioli, soutenu par la présidente sortante Cristina Kirchner, est monté à la tribune de son QG de campagne pour remercier ses électeurs et prononcer ce qui semblait être un discours de campagne électorale dans la perspective d'un second tour, convoquant «les indécis et les indépendants».

Scioli a aussi appelé les Argentins à faire «un pas en avant, pas un saut dans le vide», évoquant un risque en cas de changement de gouvernance.

Si Mauricio Macri parvient à contraindre Daniel Scioli à un second tour, ce sera une première dans l'histoire de l'Argentine.

Dans ce pays, il suffit de rassembler 45% des suffrages pour être élu au premier tour, ou seulement 40% si l'écart avec le deuxième atteint 10 points.

«Il est trop tôt pour dire s'il y a ballottage ou non», a déclaré dès la fin du vote le directeur de campagne de Daniel Scioli, Jorge Telerman.

Pas de majorité 

De son côté Marcos Pena, pilier de l'équipe Macri, a assuré qu'«il y aura ballottage» le 22 novembre.

Après 12 ans de gouvernance de Nestor (2003-2007) et Cristina Kirchner (2007-2015), un nouveau chapitre de l'histoire politique s'annonce.

Dimanche, les Argentins ont également renouvelé la moitié du Congrès et il apparait qu'aucune force politique ne pourra s'appuyer sur une majorité parlementaire, alors que pendant 10 de leurs 12 ans au pouvoir les Kirchner avaient gouverné avec une majorité au Congrès.

M. Scioli était le grand favori. Il s'appuie sur le Front pour la victoire (FPV, gauche), la coalition péroniste au pouvoir, force politique la plus solidement implantée dans le pays sud-américain.

Cet ancien pilote de bateaux offshore, amputé du bras droit après un accident en course, avait totalisé 39% des voix, devançant de 9 points Mauricio Macri, lors des primaires d'août, tenant lieu de sondage grandeur nature.

Daniel Scioli, 58 ans, se présente comme un centriste conciliateur, alors que Cristina Kirchner a gouverné durant ses deux mandats en concentrant les pouvoirs dans un style conflictuel.

«Je ne propose aucune révolution. Je maintiendrai ce qu'il faut maintenir, je changerai ce qu'il faut changer et je corrigerai ce qu'il faut corriger», a promis cette semaine Daniel Scioli, gouverneur de la province de Buenos Aires, qui rassemble près de 40% de l'électorat, soulignant que «les plus nécessiteux» seraient sa priorité.

Mauricio Macri, 56 ans, est très critique de la politique économique menée par les Kirchner. Cet ancien président du club de football de Boca Juniors, qu'il a conduit à tous les succès, a le soutien des milieux d'affaires.

L'ancien président de 1999 à 2001, Fernando De La Rua, a confié à l'AFP qu'il «regrettait que Macri et Massa n'aient pas trouvé un terrain d'entente pour unir leurs forces», seule formule selon lui pour mettre en échec la coalition péroniste.

Cristina Kirchner a dit quitter la présidence avec le sentiment du devoir accompli. «Nous avons tenu notre promesse : nous laissons un pays normalisé», a-t-elle assuré, sous-entendant que les Kirchner ont redressé l'Argentine, à genoux à l'issue de la crise économique de 2001/2002.

Les opposants ne partagent pas ce diagnostic et estiment que les politiques protectionnistes ont conduit l'Argentine dans une impasse, avec une économie au ralenti depuis deux ans, une inflation qui oscille entre 20 et 25% depuis huit ans, et un déficit budgétaire de 6%.

Pour la première fois depuis 2003, il n'y avait pas de candidat Kirchner à la présidence, mais le fils du couple présidentiel, 38 ans, devrait être élu député pour le FPV.

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