Haïti: l'hommage unanime d'une nation pour le chef du vaudou

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Alors que le vaudou a toujours imprégné la vie quotidienne et l'art haïtien, l'État n'a reconnu à ce culte le statut de religion officielle qu'en avril 2003.

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Agence France-Presse
Port-au-Prince

Dignitaires de toutes les religions du pays et officiels de l'État haïtien ont rendu hommage mercredi à Max Gesner Beauvoir, chef spirituel du vaudou, «un génie rare de rassembleur» décédé samedi à l'âge de 79 ans.

Après des études en biochimie aux États-Unis et en France, Max Beauvoir a dédié sa vie à défendre en Haïti la culture et la communauté vaudou, victimes d'attaques violentes par ceux considérant cette religion comme un culte diabolique.

«C'était un homme vaillant qui s'est battu pour le respect, la tolérance et pour que l'on honore les valeurs de nos ancêtres», a affirmé Mgr Pierre André Dumas. L'évêque catholique a reconnu et regretté que le vaudou ait été «pendant longtemps la cible d'incompréhensions, de stigmatisations, de diabolisation».

Le vaudou faisait partie de la culture des esclaves venus d'Afrique aux XVIIe et XVIIIe siècles. Interdite du temps de la colonisation française et de l'esclavage, la religion vaudou est depuis l'indépendance de 1804 en butte à l'hostilité feutrée ou ouverte des églises catholique et protestante.

Alors que le vaudou a toujours imprégné la vie quotidienne et l'art haïtien, l'État n'a reconnu à ce culte le statut de religion officielle qu'en avril 2003.

Au lendemain du séisme de 2010, qui a tué plus de 200 000 personnes en Haïti, Max Beauvoir, militant pour une union nationale, a été l'un des cofondateurs de «Religions pour la paix», une organisation oeucuménique qui a endossé à plusieurs reprises le rôle de médiateur dans les crises électorales paralysant le pays.

«Max Beauvoir a réussi à unir les monseigneurs catholiques, les pasteurs protestants, les imams musulmans pour former "Religions pour la paix", qui encourage le dialogue dans les divers moments difficiles», a salué le premier ministre haïtien Evans Paul.

«Il avait choisi de vivre sa foi avec ceux qui sont les plus discrédités dans la société, un message de courage. Personne ne peut enterrer un message» a rappelé le chef du gouvernement lors de l'hommage national rendu au chef spirituel du vaudou dans la capitale Port-au-Prince mercredi.

Pour ce combat pour la tolérance religieuse et également pour la défense de la langue nationale, via l'Académie du créole haïtien fondée en 2014, le gouvernement haïtien a, à titre posthume, décerné à Max Beauvoir la médaille de grand officier de l'ordre national «Honneur et mérite».

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