Haïti craint pour la sécurité régionale devant l'afflux d'expulsés de République dominicaine

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Miné par une pauvreté extrême et un chômage endémique, Haïti est confronté à une insécurité grandissante, principalement dans les grands bidonvilles de la capitale Port-au-Prince.

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Agence France-Presse
PORT-AU-PRINCE

L'arrivée incontrôlée en Haïti de milliers de personnes en provenance de République dominicaine représente une menace pour la sécurité régionale, a mis en garde mardi le ministre haïtien des Affaires étrangères Lener Renauld.

Le plan dominicain d'enregistrement des étrangers a pris fin le 17 juin et, depuis, plus de 17 000 personnes sont entrées sur le sol haïtien.

«Cette situation représente un risque de catastrophe humanitaire, un facteur de déstabilisation pour le pays, une menace grave sur la sécurité interne et la sécurité régionale,» a déclaré Lener Renauld devant les représentants de l'ONU et les ambassadeurs étrangers basés à Port-au-Prince.

M. Renauld a expliqué à la presse que le gouvernement d'Haïti voulait obtenir un protocole d'accord avec son voisin dominicain pour organiser les rapatriements. «Nous voulons contrôler en amont les personnes qui nous rejoignent,» a-t-il affirmé, préoccupé par une situation qui dépasse les moyens des forces de l'ordre haïtiennes.

Miné par une pauvreté extrême et un chômage endémique, Haïti est confronté à une insécurité grandissante, principalement dans les grands bidonvilles de la capitale Port-au-Prince.

Après 11 ans d'existence, la mission des Nations unies pour la stabilisation d'Haïti (Minustah) procède au retrait progressif de ses Casques bleus tout en maintenant sur le sol haïtien plus de 2000 officiers de police pour assister au quotidien la police nationale d'Haïti.

Les relations entre les deux pays se partageant l'île d'Hispaniola se sont détériorées après un changement de la politique migratoire en République dominicaine.

En octobre 2013, un arrêté de la plus haute juridiction a décidé que «les enfants nés dans le pays de parents étrangers en transit n'ont pas la nationalité dominicaine», une décision rétroactive à 1929 qui a, de facto, rendu apatrides plus de 250 000 personnes, principalement nées de parents haïtiens.

Devant les contestations internationales, le gouvernement dominicain a lancé le plan national de régularisation des étrangers (PNRE), mais une majorité des personnes concernées par le plan n'ont pas pu achever la procédure avant le 17 juin. Ces milliers de personnes sont aujourd'hui menacés d'expulsion vers Haïti.

Le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), Luis Almagro, s'est dit préoccupé par cette situation et a appelé la République dominicaine à cesser ses expulsions vers Haïti: «La situation migratoire est préoccupante étant donné qu'on assiste à un afflux massif de personnes vers Haïti en provenance de la République dominicaine, et la situation se détériore rapidement», a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Washington.

L'OEA a annoncé qu'elle allait envoyer une mission en République dominicaine pour faire le point sur cette situation «préoccupante».

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