Rencontre Obama-Rousseff: priorité au climat

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La présidente brésilienne Dilma Rousseff aux côtés de son homologue américain Barack Obama.

Photo Jonathan Ernstm, Reuters

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

Barack Obama et Dilma Rousseff ont affiché mardi leur entente retrouvée après la brouille née de l'affaire des écoutes, mettant en avant leur volonté commune d'aboutir à un accord mondial ambitieux sur le climat en fin d'année à Paris.

Saluant son «amie» Dilma, le président américain a mis en exergue les liens étroits entre les États-Unis et le Brésil, «les deux plus grandes démocraties et économies des Amériques», mais aussi entre deux sociétés «multiethniques et multiraciales».

Lors d'une conférence de presse commune à la Maison-Blanche, la présidente brésilienne a de son côté salué une rencontre «riche et productive». Et a invité son homologue, à qui elle a offert le célébrissime maillot brésilien jaune et vert, à assister aux jeux Olympiques de Rio en 2016.

Fin 2013, Mme Rousseff avait annulé une visite d'État prévue dans la capitale fédérale à la suite de révélations par la presse d'une surveillance de ses communications personnelles par l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA).

«Les choses ont changé», a insisté la présidente brésilienne soulignant que le gouvernement américain avait assuré «qu'il n'engagerait plus d'opérations d'espionnage intrusives envers des pays amis». «Je crois le président Obama», a-t-elle ajouté, soulignant, en souriant, que ce dernier lui avait promis que s'il avait besoin d'informations, il «décrocherait simplement son téléphone».

Saluant le soutien affiché du Brésil envers la politique d'ouverture qu'il a engagée vis-à-vis de Cuba, M. Obama a jugé, plus largement, que la relation entre les États-Unis et l'Amérique latine n'avait «jamais été aussi bonne».

Au plus bas dans les sondages et dans un contexte économique difficile, Mme Rousseff a insisté sur la nécessité pour les investisseurs américains d'être plus présents dans le pays au moment où le Brésil veut engager d'importants travaux d'infrastructures (autoroutes, voies ferrées, aéroports et ports).

L'économie brésilienne, la première d'Amérique latine et la 7e de la planète, a connu quatre années consécutives de faible croissance et devrait clôturer 2015 sur une contraction de 1,2%.

Lutte contre la déforestation

Insistant sur l'importance de la conférence de Paris sur le climat, les deux dirigeants se sont en particulier engagés à faire passer à 20% d'ici 2030 la part des énergies renouvelables (hors hydroélectricité) dans leur production totale d'électricité. En 2014, ce chiffre était de 7% pour les États-Unis.

«Ce sont des objectifs très ambitieux», a insisté M. Obama.

De son côté, Mme Rousseff a mis en avant l'engagement du Brésil à atteindre «un taux de déforestation illégale de zéro d'ici 2030». Le Brésil s'est par ailleurs engagé vers un objectif de «restauration et reforestation» de 12 millions d'hectares de forêts d'ici 2030.

Si les États-Unis ont annoncé un objectif de réduction de 26% à 28% de leurs émissions d'ici 2025 par rapport à 2005, le Brésil n'a lui pas encore présenté ses objectifs post-2020.

M. Obama et Mme Rousseff ont par ailleurs insisté sur le fait que l'accord de Paris devait s'inscrire dans la durée.

Selon eux, les engagements des pays sur leurs émissions de gaz à effet de serre devront être «régulièrement actualisés» dans les années à venir en gardant à l'esprit l'objectif de la communauté internationale: limiter la hausse du réchauffement à +2°C par rapport à l'ère préindustrielle.

Premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, la Chine a de son côté confirmé mardi son engagement, annoncé fin 2014 lors d'une visite de M. Obama à Pékin, de plafonner ses émissions de CO2 à l'horizon 2030.

Dimanche à l'ONU, le Brésil, la Chine, l'Inde, et l'Afrique du Sud se sont déclarés déçus que les pays riches ne tiennent pas leurs engagements. Les pays développés s'étaient entendus en 2010 pour mobiliser 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 en faveur des pays les plus pauvres afin qu'ils puissent s'adapter aux conséquences du changement climatique et réduire leurs émissions polluantes.

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